Attention : cet article contient des révélations sur la fin de la série !
Après bien des rebondissements de production, le vingt-deuxième épisode de FlashForward a donc sonné le glas d'un show aux promesses pourtant des plus engageantes, mais qui n'aura fatalement cessé de perdre son public au fil des semaines de diffusion. Officiellement annulée le 13 mai 2010, soit seulement 14 jours avant son ultime soirée, la série se conclue donc de façon on ne peut plus ouverte avec Future Shock : un très honnête épisode de fin de saison avant d'être un véritable épisode de fin de série. Non seulement le sort des personnages principaux n'y est pas totalement scellé mais - de plus - bien des nouveaux mystères sont mis en place à l'occasion des toutes dernières minutes... véritables prémices d'une saison 2 qui restera à jamais dans les tiroirs d'ABC, comme tant et tant d'autres programmes succombant chaque année au dur poids des résultats d'audience.
29 avril 2010
Envisagé à l'origine par la ABC comme l'idéal successeur de Lost après le désistement d'HBO, FlashForward semblait pourtant bien partie pour durer. Une situation de départ atypique, un suspens naturel directement lié aux destins des uns et des autres, un casting réunissant des visages familiers aussi bien du grand que du petit écran... et une construction justement basée sur l'attente d'un final - en toute logique - aussi anticipé qu'élaboré laissait donc à penser que ce "coup d'envoi" avait toutes les chances de son côté pour se transformer en "coup de maître". Mais en passant de près de 13 millions de téléspectateurs à une moyenne de seulement 7 millions et des brouettes en l'espace de quelques semaines, le fait que les créateurs aient néanmoins bénéficié d'une saison complète relève, en fin de comptes, quasiment du miracle.
D'abord négociée pour 13 épisodes, puis 25, puis 24, pour finalement s'arrêter à 22, la série de Brannon Braga et David S. Goyer permettait de jongler entre les approches narratives de Lost et de Damages tout en imposant son propre univers, suffisamment vaste pour s'attarder aussi bien sur des complots scientifiques et gouvernementaux que sur de "simples" romances et autres drames intimistes, qui auraient ainsi pu rallier un large panel d'adeptes si quelques clichés du genre (un agent du FBI alcoolique, une génie scientifique aux allures de hippies dépassé par sa propre invention...) n'était pas - il est vrai - venu entacher la crédibilité déjà fragile de part le caractère planétaire du phénomène à l'origine de ses brèves mais intenses visions du futur commun.
Mort à l'arrivée ?
Le sort réservé aux personnages est aussi incertain qu'ils sont nombreux. Le héros Mark Benford (Joseph Fiennes) meurt-il réellement dans l'explosion de l'immeuble qui succède au second blackout mondial de 22h14 ? Demetri Noh (John Cho) a-t-il, cette fois, pu lui aussi avoir une vision du futur ? Pourquoi ces nouvelles visions n'ont-elles pas une date fatidique commune comme ce fut le cas la première fois ? 2011, 2015... ou bien plus tard encore : la série prend ainsi fin sur autant de suspens possibles qu'il y a d'habitants sur Terre et ne peut donc s'accompagner que d'un immense sentiment de frustration générale et de déception.
Bien trop nombreuses sont les séries abandonnant comme celle-ci les téléspectateurs sur une note inachevée qui ne manquera pas de dérouter les futurs téléphages du reste du Monde. Combien de séries se verront ainsi programmées en "simple bouche trou" sur les chaînes internationales après leur annulation prématurée aux USA ? Chaque année, de nouveaux titres s'en vont et viennent ainsi sans crier gare, et toujours au détriment du plus démuni des acteurs impuissants de ce marché toujours plus redoutable : le public. Et pas besoin de connaître le futur pour savoir que ce procédé n'est pas prêt de s'arrêter...

L'histoire : Basée sur le livre éponyme de l'écrivain de science fiction Robert J. Sawyer (Expérience Terminale, Mutations), la série verra le monde faire l'expe[…]
