Ce qui débute comme la plus poussive des farces (un homme tente de se suicider en propulsant sa voiture depuis le haut d'une falaise avant que la piscine d'un bateau de croisière réservé à une clientèle gay n'amortisse finalement sa chute...) se transforme très vite en authentique drame humain en s'attardant, tour à tour, sur chacune des personnalités réunies au sein d'un groupe de thérapie post suicidaire. Constamment en apesanteur entre le rire amer et l'empathie qui accompagne le profond désespoir qui habite Robert, Lily et les autres, le premier épisode de Gravity se découvre telle une énigme improbable, ne reculant devant rien pour mieux entrer dans l'intimité de ses antihéros...
Le suicide pour les nuls
Robert Collingsworth (Ivan Sergei) essaie de mettre fin à ses jours suite au décès de sa femme, survenu deux ans plus tôt... Peu de temps après, Lily Champagne (Krysten Ritter), les quelques lettres épelant le mot empty tatouées sur la nuque, mélange une boite de médicaments à un gâteau au chocolat dans l'espoir de quitter en douceur ce monde bien trop souvent fait de solitude... Lui pense pouvoir retrouver sa femme au Paradis ; elle s'imagine l'amour parfait avec un inconnu qu'elle pense avoir réellement rencontré lorsqu'elle était quelque part entre la vie et la mort. A leurs côtés, Shawna (Rachel Hunter) a quant à elle bien du mal à se faire à l'idée de vieillir, Carla (Robyn Cohen) cache de profondes cicatrices, Adam (Seth Numrich) se heurte à l'incompréhension de ses parents... et Dogg McFee (Ving Rahmes) fait tout ce qu'il peut pour leur venir en aide. Parallèlement, le détective Miller (Eric Schaeffer, également co-créateur de la série) se découvre une dérangeante fascination pour Lily avant de lui révéler que son amant imaginaire existe bel et bien et qu'il était, en fait, lui aussi dans le coma au même moment qu'elle, à seulement quelques chambres d'intervalle...
"Porté par un casting impeccable, le pilot de Gravity surprend autant par sa capacité à faire dignement ressentir les déchirures de ses différents personnages que par son sens de l'humour souvent déroutant et résolument impudique"
Qu'ils soient seuls dans leur cuisine, devant leur miroir, assis face à leur bureau ou même aux toilettes, chacun des membres de cette thérapie de groupe aux tendances pour le moins morbides est ainsi exposé sans détour ni tromperie à l'œil tantôt amusé, tantôt compatissant, du spectateur ne sachant plus très bien s'il doit rire ou pleurer. Entre la discrétion et la foi des uns et les délires tourmentés ou hallucinatoires des autres, une étonnante alchimie se met néanmoins en place et atteint son paroxysme lorsque l'un d'entre eux se laisse finalement rattraper par cette irrépressible envie d'en finir...
De l'autre côté du miroir
Lancée le 23 avril 2010 et imaginée par Jill Franklyn (Seinfeld) au beau milieu de la grève des scénaristes ayant tant fait parler d'elle durant la saison 2007 / 2008, la finalement bien nommée Gravity (initialement intitulée Suicide for Dummies) porte donc amplement en elle de quoi contribuer à l'épanouissement toujours plus prononcé de la chaîne américaine payante Starz... A travers une réalisation digne et soignée et une intrigue aux rebondissements aussi inattendus que précipités, la série démarre en sachant transformer sa première (et trop courte) demie heure en un prélude à un nouveau rendez-vous intense, porté par un duo d'acteurs particulièrement convaincant. Certes, l'ambiance un chouia glauque, et inhérente à la difficulté du sujet, n'en fait pas la série divertissante par excellence qu'on pourrait attendre d'un format court, mais les premières pistes d'un suspens annexe autour des motivations de l'inspecteur Miller et de la singularité de l'expérience de mort imminente éprouvée par Lily suffisent à dépasser le simple stade de l'épanchement autour de la dépression collective... Vivement la suite.

L'histoire : Ancien soldat Thrace ayant fait l'erreur de s'allier avec les forces romaines, Spartacus est vendu par celles-ci en tant qu'esclace. Il sera alors e[…]
