ABC vient de lancer sa nouvelle production à suspens sur fond d'Amérique profonde... Mais tout laisse à penser que la série est d'ores et déjà vouée à l'échec.

Par Vivien LEJEUNE - publié le 02 mai 2010 à 00h00 ,
MAJ le 05 mai 2010 à 13h18 - 0 commentaire(s)

 

ABC vient de lancer sa nouvelle production à suspens sur fond d'Amérique profonde... Mais tout laisse à penser que la série est d'ores et déjà vouée à l'échec.

 

Un meurtre sanglant qui vient troubler la monotonie d'une petite ville tranquille... Une série de kidnappings toujours inexpliquée... L'arrivée d'une inconnue aux motivations secrètes... Un shérif qui perd la boule... un passionné de cinéma apparemment aussi précieux que dangereux... des histoires de cœur impossibles... et une seule grande entreprise qui assure à elle seule environ un tiers des embauches locales... A cheval entre les ambitions thrillerico-fantastiquo-glauquesques d'un Twin Peaks et le rendu (si peu) palpitant d'un Harper's Island, Happy Town démarre sa diffusion tel un pétard mouillé et plonge derechef ses personnages dans une série de mystères bien trop convenus pour devenir véritablement intrigants.

 

Happy Town - Pilot

  

Bienvenue à Haplin
Cinq années se sont écoulées dans cette petite ville tranquille du Minnesota depuis qu'une demi-douzaine d'enlèvements ait eu lieu sans que personne n'ait jamais retrouvé le coupable présumé, connu pour la plupart sous l'intrigant sobriquet de Magic Man... Aussi, lorsque le vieux weirdo (et un chouïa pervers) du coin est retrouvé brutalement assassiné dans sa cabane au fond des bois, les forces de l'ordre ont bien du mal à gérer à la fois l'enquête qui débute et les diverses réactions de tout à chacun.

 

Happy Town - Pilot

  

Tommy (Geoff Stults), fils du shérif Conroy et flic lui-même, n'a jamais été confronté à la moindre scène de violence de toute sa courte carrière... Jeune papa, il est marié à Rachel (Amy Acker) et ne sait pas encore très bien par quel bout commencer son enquête tandis que son père (M.C. Gainey) est, par ailleurs, victime d'étranges absences et de crises d'hystérie. Le reste de la vie à Haplin s'articule essentiellement autour des déboires de la famille du même nom, du traumatisme causé par les kidnappings, de l'attirance qu'ont toutes les femmes réunies dans la Meadows Boarding House pour le très galant Merritt Grieves (Sam Neill), et enfin des motivations secrètes de la jolie Henley Boone (Lauren German) fraîchement débarquée...

 

"Une fois le plaisir des retrouvailles avec Amy Acker et Sam Neill passé, Happy Town ne dégage plus grand-chose d'autre qu'une sensation de narration convenue, aux ressources bien trop faciles et aux ambitions mystérieuses fatalement démesurées"

 

... Autant de personnages que ce seul épisode pilot ne permet pas de saisir totalement ; la volonté des créateurs et scénaristes de brouiller les pistes à tout prix prenant résolument le pli sur le reste. Si bien que, même si le casting est plutôt réussi, le téléspectateur se rend très vite compte qu'il ne lui sert strictement à rien de se prendre au jeu du suspens en essayant de deviner par lui-même (au moins en partie) quelle est la teneur réelle de ce nouveau mystère, puisque chaque nouvel indice s'avère simplement trop gros ou trop évident pour être vrai lorsqu'il ne lorgne pas vers un semblant de Fantastique... Le personnage interprété par Sam Neill en faisant d'ailleurs particulièrement les frais.

 

Happy Town - Pilot

 

Déjà enterrée ?
Dès ses premières images, Happy Town affiche sa parenté stylistique (pourtant surement involontaire) avec bien d'autres séries aux destins funestes telles que Invasion, Surface ou encore Eastwick... Ajoutons à cela le fait que les créateurs Josh Appelbaum et Scott Rosenberg sont par ailleurs à l'origine de l'aussi inutile qu'outrageant remake US de Life on Mars et il s'avère alors fort peu étonnant de constater que ce premier épisode n'a su réunir que quelques 5,2 millions de curieux lors de sa diffusion sur ABC. Avec un tel score, il y a effectivement fort à parier que la série ne survive pas longtemps à la cruelle (mais parfois juste) loi des impitoyables taux d'audience... Comme quoi il ne suffit pas de s'associer avec un vétéran d'Alias et de Profiler (André Nemec) pour s'assurer une certaine longévité en fredonnant... Don't worry, be happy... Ou pas.

 

Happy Town - Pilot

 


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