Attention : cet article contient des révélations sur la fin de la série !

Six ans déjà que Jack, Kate, Sawyer et les autres sont les jouets de cette île aux ressources aussi abstraites que redoutables, à la fois terrain et témoin dangereux de l'irascible haine née de la rivalité de deux frères aux destins brisés par ce pouvoir qui, malgré eux, leur a - tour à tour - tout donné puis tout repris. Passé, présent et avenir plus ou moins réels se sont magistralement entrechoqués le temps de ces six saisons comme jamais encore la télévision n'en avait connues... puisant machiavéliquement au plus profond des brisures de chacun des personnages pour mieux construire une mythologie autant parsemée de véritables drames humains que de fantastique en grande partie à consonance ésotérique. Le 23 mai 2010 restera donc à jamais dans les mémoires comme LA soirée d'adieu à une série d'exception, qui aura su rester fidèle à elle-même... jusqu'à se toute dernière image.

Beautiful friend... The End.
Rares sont les séries qui ont une vraie fin. Encore plus rares sont les séries qui savent finir. Lost est définitivement de celles-là. En ajustant à la perfection la durée nécessaire au développement de son ultime puzzle le temps de deux dernières saisons, l'équipe menée par Damon Lindelof aura non seulement prouvé qu'elle savait - en effet - exactement où elle allait mais également comment parvenir à cet inévitable point de non retour en jonglant habilement entre aventures spectaculaires et intenses émotions intimistes. Du cœur encore inexploré de l'île à la réalité alternative qui allait inexorablement rassembler ces nombreux héros involontaires, cette saison 6 a su contourner tous les pièges d'une narration qui aurait très vite pu paraître éculée pour mieux se recentrer progressivement sur les réels besoins et motivations des "candidats" à la relève de Jacob...
Mais la véritable force de ce dernier chapitre réside peut-être dans son heureuse absence de précipitation. Eparpillées au fil des ans, les réponses tant attendues se sont ainsi "tranquillement" distillées pour mieux anticiper ce dénouement en deux parties ; si bien que l'ultime tentative de Jack (Matthew Fox) pour venir à bout du Monstre revêtant les traits de John Locke (Terry O'Quinn), et enfin trouver la sortie vers un ailleurs plus clément, se laisse naturellement découvrir selon le rythme régulier de la série... disant adieu à l'ensemble des personnages sans une minute en trop, sans une minute en moins.

Amen
Sublimés par les mélodies d'un Michael Giacchino au sommet de son art et plus émouvant que jamais, les "souvenirs" des uns et des autres sont prétextes à de brefs clips reprenant de furtives images des saisons passées et participent pleinement à cette sensation douce-amère que l'on éprouve à l'idée que la fin est effectivement arrivée... Et bien que les origines du pouvoir de l'île restent - malgré tout - encore et toujours un mystère, il n'en est pas moins vrai qu'aucun sentiment de frustration ne vient entacher cette ultime grand messe, où chaque protagoniste bénéficie de sa propre conclusion, ne laissant pour le coup aucune question sans réponse.

La moindre seconde (même la plus étrange) passée sur l'île par les survivants et les Autres ayant ainsi été dévoilée et expliquée au cours des six dernières années... Reste à savoir ce qui s'est réellement passé avant la naissance des deux frères ennemis et après les départs de Ben et Hugo. Car bien que la boucle soit à présent bouclée, telle est l'histoire qui ne sera donc jamais racontée... Qu'à cela ne tienne, il ne nous reste plus qu'à fermer les yeux et... qu'il en soit ainsi.


