Pour peupler ce monde de chevaux et d'hommes, des acteurs de prestige : Nick Nolte, Dennis Farina, Michael Gambon, Ian Hart, et, plus remarquable encore, Dustin Hoffman, qui endosse ici son premier rôle principal dans une série, celui d'un détenu qui sort de prison et joueur invétéré, qui fait ses premiers pas dans le monde interlope des hippodromes.
Première surprise à la vue de ce pilote à la mise en images (forcément) maîtrisée et stylisée, Hoffman y tient presque, pour le moment, un rôle secondaire, éclipsé par un quatuor de parieurs qui touchent le gros lot. Un choix finalement assez logique compte tenu du récit, et qui est à l'image du reste de l'épisode, enchaînement de décisions créatives audacieuses et radicales.
Dès les premières minutes, en effet, l'une des plus grandes forces (et faiblesses) de la série saute immédiatement aux yeux : ce pilote mise tout sur l'immersion. Ici, pas de présentation formelle des personnages, pas d'explication des innombrables termes du jargon hippique (que Milch connaît sur le bout des doigts), et pas le temps de souffler... Malgré un rythme paradoxalement assez lent et contemplatif, le spectateur est lâché à l'aveuglette dans ce monde très masculin ; à lui de se débrouiller pour espérer comprendre qui est qui, et qui fait quoi...
Reste qu'en faisant le pari de plonger directement le public dans un univers aux codes et au langage particuliers, Milch et Mann parviennent à donner un autre degré de lecture, plus primaire et sensoriel, à leur série. Un choix radical qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui, avec un peu de chance, suffira pour que Luck s'installe et trouve son public.

L'histoire : Le monde des courses hippiques vu à travers le regard de plusieurs personnages : jockeys, parieurs, entraîneurs...
