Comment dynamiter la banale histoire d'une famille ordinaire déchirée par le quotidien ? Sur le papier, l'idée d'y injecter une touche de science-fiction est plutôt amusante - Les Indestructibles de Pixar en avaient tiré un divertissement de qualité. L'idée d'amplifier les caractères et les conflits au sein d'un groupe par leur matérialisation fantastique n'a absolument rien d'original, et pourtant, tout semble indiquer que les scénaristes en étaient convaincus.
On prend les même, on (re)commence
Le père de famille impuissant et castré par une femme indépendante devient presque invincible, capable de résister à une balle tout en sautant à plusieurs kilomètres pour faire régner la justice dans la ville ; la mère noyée dans le travail trouve enfin le temps de gérer sa famille lorsqu'elle se voit capable de parcourir des distances hallucinées en quelques secondes ; l'adolescente pubère constate par son don de télépathie que son petit copain couche avec sa meilleure amie ; et le cadet, soupçonné d'avoir de sérieuses difficultés scolaires, résout d'un coup n'importe quelle équation. Difficile de faire moins surprenant en assignant des pouvoirs aussi banals, tels un coup de pouce du destin pour redonner forme à l'existence des héros. Et s'il a déjà ouvert une bande-dessinée ou vu un film de super-héros, le spectateur imaginera rapidement les limites et les futurs problèmes relatifs à chaque membre de la famille. Mais au-delà de cette maîtrise superficielle de l'environnement fantastique, le scénario souffre d'abord de sa simplicité. En moins de dix minutes, la série nous présente une famille dîtes « à problèmes » - comprenons que les parents s'aiment mais s'éloignent, et que les enfants semblent davantage connectés à leur téléphones qu'à leur entourage - qui décide de partir en vacances pour se rapprocher, se retrouve embarquée dans une tempête, se crashe dans l'océan, et rentre à la maison comme si de rien n'était. L'efficacité est évidemment de mise dans un pilote, mais les limites des scénaristes devraient être intimement liées au réalisme psychologique de leurs pantins. A partir de là, difficile de s'accrocher humainement à ces personnages esquissés à la va-vite dans une série de situations ordinaires.
La famille avant tout (et c'est tout)
Alors que The Cape est attendu pour la mi-saison et promet de belles surprises, la rentrée des séries s'illuminait par No Ordinary Family, l'une des rares touches de fantastique au programme. Malheureusement, force est de constater qu'elle mobilise tièdement tout un monde - et les attentes qui avec. A une époque où les super-héros sont de plus en plus populaires au cinéma, les adeptes du genre se trouveront démunis devant une histoire où les pouvoirs ne sont qu'un reflet superficiel des caractères de la famille. Dans les derniers instants du pilote, les scénaristes tentent maladroitement d'insuffler une impulsion à leur fiction - l'apparition furtive d'un homme doté lui aussi de pouvoirs semble annoncer la naissance d'un antagoniste nécessaire - mais il est déjà trop tard. Sachant à quel point la compétition propre à la rentrée des séries est impitoyable, il est étonnant de noter à quel point ce premier épisode fait preuve de simplicité. Là où les Heroes démarraient sur les chapeaux de roue en présentant les protagonistes avec un savant mélange de mystère, d'effets spéciaux et d'humanité, la série de ABC semble se reposer sur son succès attendu. De plus, malgré des effets spéciaux relativement convaincants - mais qui peinent à alimenter l'imaginaire du spectateur - la mise en scène est complètement impersonnelle, des décors aseptisés à la musique transparente. D'une série qui s'annonçait pleine de fraîcheur et d'enthousiasme ressort une impression désagréable de facilité.
"Il est évident que la chaîne vise un public familial, et gageons que la mission est accomplie. Pour les autres, difficile de tomber sous le charme de cette famille bien ordinaire..."
Ordinary Family
Si No ordinary family est un des pilotes les plus attendus, c'est en grande partie grâce à son casting de visages bien connus. Sauf que voir Michael Chiklis - flic nerveux dans The Shield et La Chose dans Les 4 Fantastiques - résister aux balles avec un insigne de police relève plus de l'évidence que de la surprise. Et à ses côtés, Julie Benz en scientifique de génie (...) n'offre rien de plus que ce qu'elle montrait dans Dexter. Et inutile de s'attarder sur les autres rôles, totalement effacés et réduits à une galerie de figures accessoires - les meilleurs amis deviennent utiles par ricochet en permettant aux héros de parler de leurs pouvoirs à haute voix, la femme flic est d'une maladresse risible, les enfants, antipathiques. Le couple de la rentrée se révèle bien terne, tout comme une série qui manque férocement d'énergie, de nuances et de folie. Malgré quelques vagues éclairs de second degrés, il est évident que la chaîne vise un public familial qui cherche à occuper sa soirée du mardi - « Tu étais déjà extraordinaire avant de pouvoir attraper une balle mon chéri » disait-elle en souriant avant de courir au ralenti pour jouer au base-ball dans le jardin - et gageons que la mission est accomplie. Pour les autres, difficile de tomber sous le charme de cette famille bien ordinaire...
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L'histoire : L'histoire d'une famille américaine typique dont les membres se découvrent des capacités étonnantes après le crash de leur avion en Amazonie.
L'histoire : Los Angeles, district de Farmington. Drogues, meurtres et vengeances sont le quotidien des policiers. Dirigée par Vic Mackey, la 'Strike Team' fait[…]
