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L'histoire : " Ancien soldat Thrace ayant fait l'erreur de s'allier avec les forces romaines, Spartacus est vendu par celles-ci en tant ..."
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Focus série - Spartacus : Blood and Sand - premières impressions

Le guerrier Spartacus débarque sur Starz et il n'est pas content. Attention aux éclaboussures de toutes sortes.

Par David BRAMI - 27 janvier 2010 - 0 commentaire(s)

Nouvelle arrivante dans la course des petites chaînes câblées américaines qui montent, Starz a tout fait ces dernières années pour pousser la production de ses séries maison. L'initiative a connu un premier bond en 2008 lors de l'arrivée de plusieurs programmes à la popularité grandissante. Tout d'abord, la série dramatique Crash adapte pour le petit écran le long-métrage de Paul Haggis Collision avec un casting trois étoiles composé de Dennis Hopper, Tom Sizemore, Eric Robert ou encore Keith Carradine. Pour sa part, Head Case voit défiler un véritable festival de vedettes sur le divan de sa thérapeute star : on y croise Greg Grunberg, Christopher Loyd, Jason Priestley, Tori Spelling, Monica Potter, Rosanna Arquette... Pour finir, le créateur Rob Thomas vient en 2009 soutenir la petite chaîne avec Party Down, la comédie culinaire proposant de retrouver Kristen Bell, Enrico Colantoni, Jason Dorhing et Ed Begley, sans parler des acteurs principaux Adam Scott, Ken Marinon Megan Mullaly, Lizzy Caplan ou encore Jane Lynch. Pas de doute, Starz porte manifestement bien son nom. Aujourd'hui, c'est au tour de Sam Raimi de mettre la main à la pâte en plongeant dans le mythe sanglant de Spartacus.

 

Spartacus - blood and sand


Un drame en 3D est-il un drame ?
A la vue des premières images de la série, le moins que l'on puisse dire est que les équipes de production n'ont reculé devant aucun artifice pour donner toute leur splendeur aux nouvelles aventures du héros thrace. Utilisant des moyens similaires à ceux employés par Zack Snyder dans 300 et Robert Rodriguez dans Sin City, Spartacus : Blood and Sand recrée devant nos yeux une Rome antique toute en 3D pour y placer ses personnages. En leur sein, le futur leader de la révolte d'esclaves se débat tel un diable dans un mélange de ralentis, d'accélérations et de gerbes de sang virtuel, le tout magnifié par un montage cut qui arrive miraculeusement à rester lisible de bout en bout. Comme à son habitude, la méthode a les limites de ses qualités et certains passages guerriers, qu'il s'agisse de combats en pleine forêt ou en arène comble, manquent de réalisme et perdent en densité ce qu'elles gagnent en esbroufe. Pourtant, la série initiée par Steven S. DeKnight (Angel, Smallville, Dollhouse) réussit parfois l'exploit de nous offrir des plans à la beauté picturale époustouflante, et alterne dans un premier temps entre l'outrancier et le divin.

Cette alternance sied étrangement bien à la série. D'une part, la crasse et la décadence envahissent les décors. Les croupes et les poitrines sont aussi généreuses que nombreuses, et on ne compte plus les plans de nudité frontale et les scènes d'accouplement explicites, symboles d'un monde aussi animal dans son âme que sa civilisation est décadente. De l'autre, on sent que la mise en scène voudrait transcender la dimension tragique de ses héros à travers des tableaux criants d'émotion, parfois semblables à de véritables peintures à l'huile vivantes. On se souviendra longtemps de cette séquence durant laquelle la femme du héros est emmenée de force par les soldats romains, le sein saillant et le bras tendu vers un amant dont la pourpre substance se mêle à la boue.

 

Spartacus blood & sand 01


C'est dans de tels moments que Spartacus : Blood and Sand trouve son excroissance d'âme et sa force, tout en travaillant un semblant de métaphore avec le monde d'aujourd'hui via l'une des plus anciennes histoires du monde : celle d'un homme face au plus grand nombre. Difficile en effet de ne pas penser ici à cette structure qui a déjà fait le sel de nombreuses œuvres, de Rollerball à Matrix en passant par Brazil. Des œuvres dans lesquelles l'individu se fait broyer par la machine sociétale à moins qu'il n'arrive à en prendre le contrôle. Le show s'offre d'ailleurs le luxe de nous offrir un héros anonyme, dont le patronyme lui est offert en cadeau suite à un premier combat miraculeux dans l'arène. Spartacus, c'est personne et tout le monde à la fois.


"Tout n'est pas à jeter dans cette nouvelle série plus grande que nature. Si les amateurs de séries denses et destinées à titiller l'intellect en seront pour leurs frais, les fans de spectacles décomplexés y trouveront assurément leur compte après avoir frissonné devant 300."



De la bonne série B qui tache
Malheureusement, il faut bien se rendre à l'évidence : si sur le papier Spartacus : Blood and Sand a tout du chef d'œuvre bourré d'idées, dans les faits c'est une autre histoire. On appréciera bien sûr l'introduction nous dévoilant les motivations du héros, les métaphores visuelles, les plans de lever de soleil aux milles couleurs avant l'odieuse et immonde bataille, ainsi que quelques transitions visuelles bien pensées. Mais impossible de ne pas comparer l'objet et ses ambitions annoncées avec des œuvres telles que le Rome de HBO ou le Spartacus de Stanley Kubrick. Face à de tels monuments, le show fait bien évidemment pâle figure avec ses rebondissements narratifs naïfs et éculés, sans parler de ses scènes d'action directement inspirées du jeu vidéo God of War, ni de la valeur de la reconstitution historique, manifestement adaptée aux circonvolutions de l'histoire.

 

Spartacus blood & sand 02


Au final, tout n'est pas à jeter dans cette nouvelle série plus grande que nature. Il faudra juste qu'elle ne se trompe pas de public. D'une part, les amateurs de séries denses et destinées à titiller l'intellect en seront pour leurs frais. De l'autre, les fans de spectacles décomplexés y trouveront assurément leur compte après avoir frissonné devant 300. Le casting est d'ailleurs à l'image de l'entreprise, entre son héros (l'Australien Andy Whitfiled, déjà ange au destin christique dans le film d'action indépendant Gabriel), et ses protagonistes secondaires : John - La Momie - Hannah, Lucy - Xéna, la Guerrière - Lawless, Manu - The Marine - Bennett, le grand méchant de 300 Peter Mensah, et tout un tas de figures bodybuildées prêtes à se fracasser le crâne à grand coup de gerbes digitales. Avec un tel déballage, difficile de dire en toute honnêteté qu'il y a tromperie sur la marchandise tandis qu'après avoir engendré Legend of the Seeker : l'épée de vérité, Sam Raimi (Xéna, la guerrière et Hercules) franchit manifestement un nouveau cap dans la production de série. Le show ayant déjà été renouvelé par la chaîne pour une seconde saison, autant prévoir directement les packs de bière et se détendre : l'aventure ne fait que commencer. Les belles images et leurs rares fulgurances thématiques n'en seront que les bienvenues.

 

Spartacus blood & sand 03


Sans être un succès éclatant, le premier épisode de Spartacus : Blood and Sand diffusé la semaine dernière sur Starz a déjà établi un premier record puisqu'il est désormais le programme ayant enregistré la plus forte audience de la chaîne pour son pilote avec ses 553 000 téléspectateurs, auxquels se rajoutent les 460 000 spectateurs l'ayant suivi sur la chaîne soeur Encore. Si l'on cumule les visionnage en décalé, le programme pourrait facilement atteindre les deux millions. On se rappellera que le premier épisode de Crash n'avait attiré que 185 000 téléspectateurs. Confiante en son bébé, Starz, en plus d'en avoir commandé une seconde saison avant la diffusion du pilote, propose de plus aux internautes de découvrir ce dernier gratuitement en ligne.
L'épisode est disponible en streaming à cette adresse.


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