Sky1 adapte l'œuvre de Chris Ryan et relance la série militaire sur fond de rédemption en ne lésinant pas sur les moyens...
Membre actif de l'opération Bravo Two Zero lors de la première guerre du Golfe en 1991, le moins que l'on puisse dire est que l'auteur du roman homonyme à la série connaît son sujet. Ancien soldat ayant appartenu aux British Special Forces, le seul nom de Chris Ryan suffit donc à conférer une crédibilité et une authenticité redoutables à ce projet résolument hors normes. Tournée en 35mm dans les décors naturels d'Afrique du Sud, Strike Back revendique ouvertement les ambitions cinématographiques de la chaîne en comptant essentiellement sur un rendu des plus explosifs et la qualité d'un casting international... Reste qu'à défaut d'être un véritable passionné des codes et récits militaires, l'ensemble respire bien trop la rigidité héroïco / masculine pour pouvoir véritablement retenir l'attention du plus grand nombre.
Opération Basra
C'est une simple hésitation qui va tout déclencher... Lorsqu'il participe à une opération de sauvetage dans l'Iraq de 2003, le soldat John Porter (Richard Armitage) prend sur lui de ne pas exécuter un jeune garçon équipé d'une veste-bombe et décide de "simplement" l'assommer. A la fin de l'opération : le garçon a disparu et deux soldats anglais gisent sur le sol. Sept ans plus tard, alors qu'il n'a toujours pas réussi à se relever de cette erreur de jugement et que toute son existence part à vau-l'eau, Porter est rappelé aux armes par son ami et ex collègue des Forces Spéciales de l'Armée Britannique, Hugh Collinson (Andrew Lincoln), à présent à la tête d'une section du MI6. Sa mission : délivrer une célèbre journaliste anglaise, retenue prisonnière par un groupe de terroristes menaçant de l'exécuter si le gouvernement ne libère pas un de leurs camarades...
"Loin du second degré et du simple divertissement, Strike Back se situe quelque part entre la série d'espionnage et le film d'action militaire... Aussi chargé en explosifs qu'en testostérones"
L'opération officielle tourne au fiasco... et Porter se lance de son propre chef dans une dangereuse mission d'infiltration, persuadé d'avoir reconnu le jeune garçon qu'il avait épargné sept ans plus tôt, reconnaissable à sa large cicatrice sur le visage. Rythmée et efficace sans jamais être excessivement violente, Strike Back prend - de plus - une tournure beaucoup plus personnelle encore lorsque l'enquête tend finalement à impliquer la responsabilité de Collinson dans les évènements de 2003.
Face à face
A raison de deux épisodes chaque semaine, cette première (et unique ?) saison de Strike Back propose l'équivalent de trois téléfilms répartis en six épisodes de 45 minutes ; chaque soirée dévoilant la continuité d'une seule et même intrigue principale. Et si l'ampleur des moyens mis en œuvre peut parfois paraître excessive (la réalisation maitrisée mais classique et le tournage en 35mm n'offrant finalement pas beaucoup plus d'impact visuel que les séries récentes filmées en HD), les tensions et rapports tumultueux entre Porter et Collinson s'inscrivent, quant à eux, parfaitement dans la grande tradition des "face à face" aussi musclés que psychologiques ayant fait les beaux jours du petit comme du grand écran.
Pour mieux assurer cette mise en parallèle entre le héros qui risque tout parce qu'il a (injustement) tout perdu et son Némésis qui supervise les opérations depuis son bureau suréquipé en costume cravate, Chris Ryan en personne endosse la double casquette de consultant artistique et superviseur des scénarii... De fait, les libertés prises par rapport au roman original s'apparentent à une ré-exploration personnelle de l'auteur, qui voit en ce nouveau média l'opportunité d'approfondir aussi bien son ressenti que son vécu d'un contexte conflictuel que la majorité des spectateurs a encore bien du mal à totalement comprendre. En conséquence, Strike Back se découvre autant comme un programme 100% action qu'en authentique témoignage de terrain. Et cela, qu'on adhère ou pas, suffit à faire la différence avec bon nombre d'essais du genre.

L'histoire : C'est une simple hésitation qui va tout déclencher... Lorsqu'il participe à une opération de sauvetage dans l'Iraq de 2003, le soldat John Porter (R[…]
