La vie de banlieue américaine a toujours été un sujet propice à l'humour et à la fiction. Contrairement à la France où le terme "banlieue" a bien souvent une connotation négative, aux Etats-Unis, la banlieue est vue comme un lieu résidentiel paisible, où tous les citadins vivent avec leur famille, dans un environnement idéalisé. Bien sûr, ce n'est souvent qu'une apparence trompeuse, comme nous le rappelent des séries comme Desperate Housewives ou encore Weeds : sous cet aspect policé et superficiel se cachent secrets et mystères, moteurs de nombreux drames réels ou fictifs.

Reste que la banlieue américaine (et son formatage, qu'il soit esthétique ou comportemental) est un terrain fertile pour la comédie, comme le prouve la nouvelle sitcom d'ABC, Suburgatory. Le titre lui-même est assez parlant (Surburgatory, mélange de Suburban et de Purgatory) : la banlieue, c'est un purgatoire, où l'on croupit pendant des années dans l'ennui et la médiocrité.
Surtout lorsque l'on est une adolescente new-yorkaise, comme Tessa, l'héroine de la série. Interprétée par Jane Levy (remarquée dans la version US de Shameless), Tessa, 16 ans, s'installe en banlieue avec son père George (Jeremy Sisto), architecte. Une décision prise par ce dernier après la découverte de la vie sexuelle de sa fille.

Tessa découvre alors le monde étrange de la banlieue, où toutes les femmes sont blondes, vêtues de rose bonbon, refaites des pieds à la tête, autobronzées, vissées à leur portable, et où les mères au foyer n'ont qu'un but dans la vie : trouver un amant séduisant pendant que leur mari est au travail. L'arrivée de George et de sa fille ne passe pas inaperçue, et très vite, l'adolescente devient l'objet de l'attention (et du mépris) de ses semblables... tandis que son père attire les convoitises des femmes au foyer du voisinage.
"Daria rencontre les Desperate Housewives, dans une sitcom corrosive qui part d'un bon pied : on attend la suite avec curiosité et intérêt."
Créée par l'actrice-productrice Emily Kapnek (de Parks & Recreation), Suburgatory semblait évoquer, dès ses premières images, une sitcom dans la continuité du regretté et méconnu Aliens in America (2007-2008, CW). Pas forcément très étonnant, puisqu'on retrouve un même Michael Fresco (frère de Victor Fresco, le créateur des excellents Better Off Ted, Andy Richter Controls The Universe, et scénariste de My Name Is Earl) derrière la caméra, et à la production.

Il apparaît cependant assez rapidement que l'on est plus proche d'un Lolita Malgré Moi, voire d'un Daria en prises de vue réelles, avec son héroïne assez sarcastique, confrontée à un milieu qui la consterne. Heureusement, alors que la série pourrait facilement sombrer dans la caricature basique et sans intérêt, l'écriture sait se faire nuancée.
Mieux : les personnages sont campés par des visages familiers du petit écran, et assez attachants. En vrac, outre les deux protagonistes principaux (à la relation père-fille assez légère et sympathique) on peut citer le conseiller d'orientation du lycée (Rex Lee, le Lloyd d'Entourage), le meilleur ami de George (Alan Tudyk, de Firefly), la fille de la voisine (Allie Grant de Weeds), ou encore la nouvelle cliente de George (Cheryl Hines, de Larry et son nombril).

Un bel assortiment d'acteurs, qui permet à la série de bénéficier d'un capital sympathie immédiat. Pour le moment, Suburgatory est assez drôle, et profite d'une case horaire de choix, entre The Middle et Modern Family : reste à voir si, sur la durée, le show saura évoluer et s'étoffer, pour ne pas rester une caricature superficielle et corrosive d'un mode de vie.

L'histoire : Tessa déménage en banlieue avec son père. Elle ne va pas tarder à se faire des amis et des ennemis.
L'histoire : Bien que la série débute sur le suicide de Mary Alice, une des femmes au foyer en apparence sans histoires de Wisteria Lane, plusieurs indices prouver[…]
