Showtime continue avec The Big C son exploration de la psyché féminine, pour un résultat manquant d'originalité et de profondeur, mais porté par Laura Linney.

Par Victor LOPEZ - publié le 19 août 2010 à 00h01
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Diffusée le lundi soir à la suite de Weeds, d'abord intitulée The C Word, la nouvelle série de Showtime s'inscrit de manière affirmée dans la lignée de portraits de femmes confrontées à une situation difficile dont la chaîne semble se faire la spécialiste depuis United States of Tara ou Nurse Jackie. Après la drogue ou le dédoublement de personnalité, c'est le cancer que doit affronter l'héroïne de The Big C. Soit Cathy Jamison, institutrice de 42 ans et mère de famille effacée derrière un son fils blagueur et son mari immature, qui voit sa vie de banlieusarde moyenne basculer lorsque son oncologiste lui annonce sa maladie. Le temps des questionnements et des remises en question d'un mode de vie a donc sonné pour Cathy. 

    
The Big C - Saison 1

  
Feel Good.Inc
Le pilote présente la situation sans dramatisation excessive, et nous laisse deviner un portrait de femme au ton doux-amer explorant la crise de la quarantaine dans un environnement réaliste. Avec un pitch similaire mais masculin, les scénaristes auraient transformé la découverte en dépression spectaculaire, et métamorphosé notre malade en dealer aux prises avec les démons du rêve américain (Que les malheureux qui ne savent pas de quoi on parle se jettent sur Breaking Bad !). Ici, les actes les plus extravagants auxquelles se livre Cathy vont être de parler à sa voisine, de construire une piscine dans son jardin ou de renverser du vin sur son canapé... Certains penseront que le propos reste dans une quotidienneté attachante et prône une bienvenue ouverture à la vie, mais d'autres le trouverons à raison limité et la prise de risque assez nulle.

 

« Si l'on peut reprocher à la créatrice Darlene Hunt son manque d'audace et son application à décalquer les pires  conventions du cinéma indépendant US, on est cependant stupéfait devant la merveilleuse justesse  de Laura Linney »


Une chose est alors claire : The Big C n'a pas pour ambition d'explorer le mal être des banlieues pavillonnaires américaines, mais de proposer à son spectateur un moment agréable en donnant à réfléchir sur un sujet grave. Avec sa musique légère, sa photographie lumineuse, son format de comédie (30 minutes), la série se place clairement dans la veine des fell good movies, sans malheureusement éviter les travers du cinéma indépendant américain, en restant à la surface des choses de peur de trop froisser son audience par trop de sérieux.  


Une femme qui a du chien
Les clefs sont même données au spectateur dans un final appuyant sur le pathos de façon bien maladroite. Cathy y monologue sur la tristesse de sa situation, prévenant que dans cette « comédie sur la mort (death comedy) », « ses rires vont se transformer en larme ». Mais on est vite rassuré, le désespoir ne dure qu'un temps : elle s'adresse à un chien, camouflé hors-champs le temps de ce moment d'émotion, et que l'on découvre in fine pour dédramatiser le tout et que le spectateur ne parte pas avec cette impression de tristesse fort désagréable. On regrette alors que les scénaristes n'aient pas inversé le propos, dévoilé l'adresse au chien plus tôt, en insistant ainsi sur l'absurde solitude du personnage, et évité ainsi un effet aussi facile que convenu, à l'image de l'ensemble du pilote.

 

The Big C - Saison 1 - Pilote - série crée par Darlene Hunt en 2010 avec laura Linney, Oliver Platt, John Benjamin Hickey - Showtime


Si l'on peut reprocher à la créatrice Darlene Hunt son manque d'audace dans son écriture et au réalisateur de Dreamgirls, Bill Condon, dépêché pour l'occasion, son application à décalquer les pires  conventions du cinéma indépendant US, on reste cependant stupéfait devant l'implication de Laura Linney, dont la merveilleuse justesse suffit à rendre la série regardable. Il faut la voir donner vie à son personnage et une charmante crédibilité aux situations qu'elle traverse. Ses expressions, son sourire et ses larmes suffisent alors à apporter un certain charme à The Big C, et même à faire oublier ses défauts par intermittence. On espère simplement que la suite arrivera à lui donner une matière plus conséquente pour exprimer son talent, car elle le mérite bien. 


Retrouvez un diaporama de la série The Big C


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