Plus de 11 millions d'Américains étaient scotchés ce lundi devant NBC pour découvrir une des nouveautés les plus attendues de la rentrée. Son titre ? The Event. Son pitch ? Un homme normal se trouve pris dans une complexe machination alors qu'il part à la recherche de sa copine qui disparait mystérieusement. A priori, il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Sauf que son créateur Nick Wauters a particulièrement bien vendu son concept en le présentant comme un croisement entre 24 Heures chrono pour la tension et Lost pour la mythologie. L'argument est courageux quand on voit le sort peu enviable réservé à FlashForward, qui jouait sur le même créneau l'an passé, mais semble payant, du moins sur le cours terme. L'idée a ainsi autant intriguée les geeks qui ont applaudi le pilote au Comic Con que le grand public, qui s'est pressé devant son lancement.
Lost in 24
Pas de doute, la double inspiration de Nick Wauters se fait sentir dès les premières images du pilote de sa série. Ça commence sur les terres de Cloverfield (produit par J.J. Abrams, Monsieur Lost pour ceux qui ont vécu sur une île déserte ces six dernières années), avec une catastrophe filmée en caméra subjective, et ça se poursuit par un décollage d'avion, présentée avec une tension telle que l'on imagine déjà les turbulences dont le vol va être victime. La narration, façon puzzle temporel multipliant les flashbacks et les allers-retours sur diverses situations, continue de creuser la filiation, alors qu'une bonne partie de l'épisode se déroule sur une île paradisiaque... Préparé par toutes ces pistes lostiennes, le spectateur n'est alors aucunement surpris quand le cliffhanger de l'épisode présente le premier élément fantastique de la série, qui jouait jusqu'ici sur le mode du thriller paranoïaque.
"The Event n'a ni le mystère immédiat de lost, ni la tension millimétrée de 24"
Côté 24, si on ne trouve dans The Event ni scènes de torture ni d'équivalent à Jack Bauer à part un agent du gouvernement apparemment bien stressé par une journée difficile, on remarquera ici un président noir (mais la réalité a depuis rattrapé la télévision) sans faille si ce n'est une administration de doute évidence corrompue (avec un personnage incarné par Zeljko Ivanek à sa tête, le Magister de True Blood, il y a de quoi se méfier...). Une prise d'otage dans un avion, durant laquelle le terme de terroriste revient de temps à autre, et une course poursuite entre un avion et une voiture (on se demande d'ailleurs bien comment l'agent au volant comptait faire pour arrêter le vol...) assure le côté action du show.
Autant le dire tout de suite, The Event n'a ni le mystère immédiat de lost, ni la tension millimétrée de 24. Les références sont avant tous des arguments commerciaux pour prendre la place du grand vide qu'à laissé la disparition de ces deux monuments dans le cœur des fans. Sans réelle originalité dans sa mise en place, cette filiation a même de quoi énerver un peu, tant les deux modèles présentaient des concepts inédits et révolutionnaires, auxquels un simple crossover arrivant presque 10 ans après ne peut évidement pas prétendre.
On nous cache tout, on nous dit rien
Cela ne veut pas dire que The Event est dépourvu de qualités, simplement qu'elle devrait chercher les siennes propres plutôt que de plagier celle des autres. Dans notre dossier sur les séries les plus attendue de la rentrée, on se demandait si le show était un pétard mouillé ou un véritable événement. « Ni l'un ni l'autre », peut-on affirmer au vu du pilote ! Le manque d'originalité, les failles scénaristiques déjà décelables, les situations un peu clichées et le montage fragmenté qui crée du rythme de manière très artificielle annoncent somme toute une série assez commune.

Le doute reste cependant permis tant le pilote n'est qu'une sorte de bande annonce pour la suite. On s'y contente d'y présenter succinctement la situation et d'esquisser, un à un, les personnages, en se gardant bien de trop nous en dire sur les véritables enjeux à venir. L'épisode ne s'appelle pas I haven't told you everything (en Français : « je ne vous ai pas tout dit ») pour rien, puisqu'effectivement, on ne nous dit presque rien durant ces quarante premières minutes. On attend donc de voir la suite, mais cette mise en bouche de The Event laisse déjà un arrière goût d'insatisfaction.
Retrouvez un diaporama de la série The Event

