
Après les vampires scintillants de Forks, les frères ennemis de Mystic Falls, et ceux plus ou moins ténébreux (mais souvent excités) de Bon Temps, voici venir la version "desperate" de nos méchants aux dents longues préférés ; coulant des jours "paisibles", confortablement installés à l'abri des grilles d'une banlieue chic et communautaire des Etats-Unis, aux côtés de leurs semblables : loups garous et autres sorcières en tout genre. Mais si le "pitch" de ce premier épisode sonne plus comme le ferait celui d'une bonne vieille comédie, The Gates se dévoile pourtant comme un mix équitable entre série fantastique et série d'investigation plus classique. Un ancien flic de Chicago devient le nouveau chef de la police de The Gates et y emménage avec sa famille (une femme et un fils) le jour même où une nouvelle disparition inexpliquée le pousse immédiatement à suspecter son aussi attirante qu'intrigante nouvelle voisine : Claire Radcliff (Rhona Mitra, déjà vampirisée dans Underworld 3)...

Being (not so) Human
Ce n'est plus un simple appartement que se partagent dorénavant vampires, loups garous, fantômes et monstres de tous poils... Mais bel et bien tout un charmant quartier résidentiel cloisonné à tendance chic, parsemé de-ci de-là de quelques simples mortels. Et si on ne sait pas encore vraiment qui est quoi à la fin de l'épisode Pilot, l'arrivée en ville de Nick Monohan (Frank Grillo), de sa femme Sarah (Marisol Nichols) et de leur fils Charlie (Travis Caldwell) ; ainsi que l'entêtement du nouveau policier à vouloir fouiner partout où le conduit son instinct, devraient toutefois accélérer le processus sans plus attendre et entraîner le téléspectateur un peu plus loin dans le mystère dès le prochain épisode.
"A travers la mise en place d'intrigues un peu trop prévisibles, l'épisode Pilot de The Gates peine à dépasser son postulat de départ et ne provoque pas l'addiction immédiate que l'aurait pu attendre. Toutefois, l'ensemble reste d'assez bonne facture pour avoir envie d'aller un peu plus loin... même si l'on devine déjà que la série ne nous entraînera pas vers un grand bouleversement des mythes fantastiques"
Derrière les grilles de The Gates, tout n'est que pulsion. Une femme vampire a bien du mal à contrôler sa soif et son instinct d'auto-préservation face la domination qu'exerce sur elle un mari peut-être un peu trop protecteur... un loup-garou n'aime pas que l'on fasse du gringue à sa petite amie... une sorcière (?) en fait chanter une autre... Bref, sous des dehors de paranormal, les préoccupations de chacun et chacune restent on ne peut plus humaines et la série nous replonge, une fois de plus, dans une ambiance proche de celles de Eastwick, Invasion ou Happy Town... C'est-à-dire construite autour d'un prétexte fantastique ou horrifique pas totalement assumé, et donc souvent réducteur.

De 7 à 77 ans ?
De l'idylle naissante entre Charlie et Andie (Skyler Samuels) à la vie de famille des Monohan et leur souci d'intégration, les premières intrigues de The Gates n'ont finalement pas grand-chose à envier à celles de tout nouveau drama qui se respecte. Amourettes lycéennes et efforts de bon voisinage ne constituant pas spécialement de grandes ressources scénaristiques, reste alors la possibilité de se focaliser sur la double disparition qui frappe la communauté : un simple passant vidé de son sang par Claire (Rhona Mitra) - ça, on le sait - et l'ancien chef de police étant les deux premiers cadavres recensés à l'occasion de ce Pilot.

Si Frank Grillo est plutôt convainquant dans le rôle du flic obsessionnel, qui doit prendre sur lui s'il ne veut pas trop négliger femme et enfant, il reste évident que tous les regards se tournent plutôt vers Rhona Mitra, dont le personnage apparaît derechef comme le plus intéressant de tous. Au-delà de sa condition de "vampire au foyer", son doux mélange de peur et d'agressivité latente s'impose comme LE principal intérêt de ces premières 45 minutes... pas si fantastiques que ça.
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