Dernière année de la série, la saison 4 des Tudors s'ouvre au lendemain d'un avant-dernier mariage et maintient son niveau d'excellence.

Par Vivien LEJEUNE - publié le 16 avril 2010 à 14h09 ,
MAJ le 17 avril 2010 à 03h05 - 0 commentaire(s)

Annoncée comme la dernière année de la série, la saison 4 des Tudors s'ouvre au lendemain d'un avant-dernier mariage et maintient son niveau d'excellence.

 

The Tudors - saison 4

  

Cromwell a été décapité... L'union avec Anne de Clèves très vite annulée... Et celle entre un Henri VIII vieillissant et la très jeune Katherine Howard déjà célébrée en cachette... L'année dernière, les huit épisodes qui constituaient la saison 3 de la série se sont donc une nouvelle fois achevés sur un climax résolument dramatique (transcendé par la partition du compositeur Trevor Morris) qui, après la mise à mort du Cardinal Wolsey en fin de saison 1 et celle d'Anne Boleyn dans le final de la saison 2, perpétuait de façon toujours aussi intense cette tradition brutale et souvent arbitraire de la séquence d'exécution, ponctuant ainsi chaque grande période de la vie du Roi par un nouveau bain de sang.

 

The Tudors - saison 4

  

Jamais 5 sans 6...

Lorsqu'il épouse Katherine Howard (étonnante Tamzin Merchant) le 28 juillet 1540, Henri VIII a déjà 49 ans et ne se doute pas qu'il ne lui reste qu'un peu moins de sept années à vivre (et une sixième et dernière femme à couronner Reine). Si bien que le décalage physique entre la jeunesse et le charisme du toujours aussi parfait Jonathan Rhys Meyers et la robustesse historiquement prédominante de son illustre personnage commence néanmoins à sérieusement se faire sentir... En effet ; barbes, cheveux longs et vêtements plus imposants sont les seuls artifices à légèrement marquer les âges avancés du Roi et de son ami Charles Brandon (Henry Cavill) ; si bien que la production continue délibérément de donner une image sexy et glamour du dangereux souverain. Mais si cet aspect de la réalité fut tout autre, cette saison 4 continue tout de même d'accorder à la saga des Tudors la même exigence d'authenticité historique et dramatique qu'elle impose depuis son épisode pilote, malgré les quelques libertés de noms et de timing qu'elle n'hésite également pas à prendre de temps à autres.

 

"Bien plus que de se contenter d'exposer une simple succession de faits historiques, The Tudors selon Michael Hirst continue de proposer une immersion particulièrement viscérale des peurs, doutes et nombreux excès d'un destin mythique, dont l'imminente conclusion risque bien de marquer l'apogée d'une série hors normes"

 

A travers un sens de la narration toujours plus focalisé sur les émotions contradictoires (et de plus en plus proches de la folie paranoïaque) éprouvées au cours des dernières années de sa vie par Henri VIII, les nouveaux scripts du créateur Michael Hirst (qui, rappelons-le, aura écrit à lui seul l'absolue totalité de la série !) jouent encore un peu plus la carte de l'identification et plongent toujours plus loin le spectateur dans les méandres d'une âme douloureusement tourmentée. Pour preuve : des séquences de rêves vont notamment permettre aux comédiennes Maria Doyle Kennedy, Annabelle Wallis et Natalie Dormer de revenir hanter le souverain, encore plus affaibli psychologiquement depuis la disparition de Jane Seymour.

 

The Tudors - saison 4

  

Long live the King
En ce début de saison, le principal courroux d'Henri va vite être incarné par le jeune courtisan Thomas Culpepper (Torrance Coombs), futur amant de la cinquième Reine en course et écho permanant (et trop évident) de sa lointaine jeunesse pour que lui soit accordé le droit de vivre bien longtemps... En cela, la fraîcheur provocante de Tamzin Merchant participe pleinement à la réputation sulfureuse de la série, qui continue brillamment de jouer avec un érotisme particulièrement maîtrisé et jamais racoleur bien que très explicite. Réalisation, décors, costumes, musique et interprétations sont toujours aussi soignés et font sans conteste de The Tudors la saga historique la plus aboutie du genre ; car si bien des longs-métrages ont déjà été accordés aux destins d'Henri VIII, d'Anne Boleyn ou encore de Thomas More, cette exploration de l'Histoire en 38 heures peut également faire figure de préquelle exemplaire aux tout aussi excellents films Elizabeth et The Golden Age, également fruits de la prolifique plume de Michael Hirst.

 


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