L'équipe gagnante de The Wire dépeint, pour HBO, le quotidien des habitants du quartier de Treme, trois mois après la catastrophe provoquée par Katrina.
L'authenticité d'un son unique résonne encore plus fort dans les corps et les cœurs meurtris par le passage dévastateur de l'ouragan... Musiciens, animateurs radio, cuisiniers ou serveurs, avocats ou professeurs... tous sont hantés à leur façon par ces vibrations auxquelles l'intensité d'un blues cuivré fait inévitablement écho à plus d'une perte et plus d'un traumatisme. Les réparations tardent à se mettre en route, toutes les victimes n'ont pas encore été retrouvées... mais la passion et l'envie de vivre l'emportent sur l'abandon. Pour les habitants de Treme, la musique devient avant tout un symbole d'espoir et de renouveau : l'expression la plus pure et la plus réelle des émotions de chacun. Portée par un sujet déjà fort en implication, la diffusion du téléfilm pilote de la nouvelle série créée par David Simon et Eric Overmyer est, de plus, endeuillée par la récente disparition de leur ami et scénariste David Mills... la séquence finale n'en étant que plus émouvante.
Dans les rues de Treme
C'est donc ce quartier de la Nouvelle-Orléans (prononcez "Tri-may"...) qu'ont choisi les créateurs de la série pour narrer le quotidien de personnages issus de toutes les couches et classes sociales, de tout type de métier, et de toutes les influences musicales. Parmi eux, l'accent est essentiellement mis sur l'excellent et très attachant joueur de trombone Antoine Batiste (Wendell Pierce), le DJ local Davis McAlary (Steve Zahn) et sa (pas si) petite amie Janette (Kim Dickens), le toujours très révolté Creighton Bernette (John Goodman) et sa particulièrement déterminée femme Toni (Melissa Leo)... De son côté, Albert Lambreaux (Clarke Peters) est bien décidé à faire revenir un maximum d'habitants sur place pour mieux rebâtir l'avenir et reprendre progressivement goût à la vie. Entre ceux qui refusent de parler de l'ouragan, ceux qui sont partis volontairement ou ceux qui restent encore portés disparus... le leader des Mardi Gras Indians compte ainsi sur l'aide de tous, tout en faisant preuve d'une force et d'une foi inébranlables en un renouveau salvateur.
"A travers son rythme lent et ponctué de magnifiques interludes musicaux, Treme dresse, avec tact et respect, une galerie de portraits authentiques et immédiatement attachants, sans jamais tomber dans l'excès d'un pathos qui aurait pourtant amplement pu vite prendre le dessus sur l'essence même de la Nouvelle-Orléans et le mode de vie qui la caractérise"
Afin d'assurer la crédibilité et la "véracité" d'une telle entreprise, David Simon et Eric Overmyer se sont naturellement entourés d'auteurs et de journalistes locaux comme Tom Piazza et Lolis Eric Elie ; le regretté David Mills étant quant à lui reconnu comme un grand mélomane, en collaboration avec le superviseur musical de la série, Blake Leyh. D'un autre côté, Treme a également tout d'une réelle production familiale : un grand nombre du staff ayant déjà fait ses preuves sur The Wire. Pourtant, lorsque l'idée du pilote est approuvé par HBO en 2008, rien n'est encore certain pour ce qui est de développer une série complète et ce n'est finalement qu'en mars 2009 que le projet se met véritablement en marche.
Une nouvelle pépite pour HBO
Fidèle à l'approche qui en a fait la chaîne culte qu'elle est aujourd'hui, HBO s'engage pour une première saison de seulement 10 épisodes. La production opte pour une réalisation sobre et soignée, qui laisse la part belle aux talents de ses comédiens et affiche un sens parfait du montage, toujours très compliqué lors des séquences musicales. A cette occasion, plusieurs musiciens de renom ont accepté de participer à l'aventure, comme Elvis Costello et Kermit Ruffins qui y vont de leurs petites apparitions dans ce premier épisode. Comme toutes les séries contemporaines réalistes, Treme se suit et se savoure donc avant tout par sa simplicité, au gré de la vie et des occupations de chacun de ses habitants. Ici, pas d'action particulière ou de réel suspense pour vous tenir en haleine ; mais simplement la vie à l'état brut... et un son à la saveur décidément unique.

L'histoire : Baltimore. Un réseau complexe de trafic de drogue et de crimes est sur le point d'être démantelé. A travers les yeux de la police et des dealers, la[…]
