C’est peu dire qu’on attend toujours avec une fébrile impatience les nouveaux projets de Bryan Fuller. Après avoir œuvré en tant que scénariste puis co-producteur sur deux séries de
Star Trek (
Deep Space Nine et
Voyager), le talentueux scénariste décida de voler de ses propres ailes en nous offrant un véritable bijou en la création de la série
Wonderfalls. Possédant une héroïne désenchantée plongée en plein fantastique alors qu’elle est moralement agressée par divers objets inanimés qui l’intimaient à suivre leurs quatre volontés (la fabuleuse et hypnotique Caroline Dharvernas), le show plaçait le spectateur face à une œuvre moderne à la limite de la féerie et du merveilleux. Et bien que le show fut de courte durée, cela n’empêcha pas le créateur de réitérer avec
Dead like me, un second show distillant une ambiance similaire alors que la jeune héroïne (encore une fois ouvertement blasée, interprétée cette fois par la charmante Ellen Muth) mourrait ici dans des circonstances plutôt cocasses, tuée par une cuvette WC tombée de l’espace. La jeune George était ensuite chargée d’aider les défunts à trouver le repos éternel en servant de passeur. Après deux saisons d’une vision de la mort si particulièrement jouissive de par son ton et son traitement (et un film en cours de tournage), le sieur Fuller revient après un détour par la case Heroes (où il oeuvra en tant que producteur exécutif) avec un nouveau show 100% pur bonheur.
A la manière d’un conte coloré,
Pushing Daisies nous narre cette fois les aventures de Ned, un pâtissier spécialisé dans la réalisation de tartes et propriétaire de sa propre échoppe, qui possède un don pour le moins particulier : il a en effet la possibilité par simple contact de ressusciter quiconque pour une durée d’une minute. Après ce délai, il se doit de retoucher la personne afin de la plonger à nouveau dans le sommeil éternel sous peine de voir une autre personne se trouvant à proximité décéder à sa place. Une leçon qu’il apprendra bien vite alors que son amie et amour d’enfance, la ravissante Chuck, perd son père dans des circonstances pour le moins navrantes, Ned encore novice ressuscitant sa mère après une embolie cérébrale, mais sans la replonger immédiatement dans un sommeil infini qu’elle retrouvera le soir même, embrassant son fiston pour lui souhaiter bonne nuit. Traumatisé par cette aventure, Ned évite depuis et tant que possible le contact physique avec quiconque, incapable même de toucher son chien déjà une fois victime d’un chauffeur peu attentif.

Son don est cependant un soir remarqué par un détective privé qui le convainc de l’utiliser afin de faire d’une pierre deux coups : résoudre des assassinats en demandant à la victime l’identité du tueur et ainsi rendre justice, récoltant par la même l’éventuelle récompense. L’affaire se complique le jour où Chuck se révèle être une des victimes dont le duo prend l’affaire en charge.
Porté par le ton naïf et sucré si particulier du scénariste et créateur (situations cocasses, décors et personnages de contes de fée), le tout couplé à une réalisation inventive et colorée (le pilote est réalisé par Barry Sonnenfeld qui œuvre aussi en tant que producteur exécutif sur la série), la série est de plus servie par une distribution collant magnifiquement à l’histoire. Lee Pace (déjà présent dans
Wonderfalls) est parfait en Ned, Anna Friel campe une Chuck craquante au possible, quant à Chi McBride, il personnifie magnifiquement le détective Emerson Code, à la fois arriviste et calculateur, mais parfait partenaire ayant la tête sur les épaules et le charisme d’un bouledogue réfléchi. On attend donc le début de la diffusion avec impatience, d’autant que Bryan Fuller a toujours fourni des séries à la qualité merveilleusement égale. Souhaitons simplement qu’elle ne soit pas annulée au bout de quelques semaines !!
David Brami