Après une première apparition à la télévision dans New York Section criminelle, Jasika Nicole a intégré l'équipe de JJ Abrams pour Fringe. Alors que la série a été renouvelée de justesse pour une quatrième saison, l'actrice revient sur son personnage, Astrid Farnsworth, et son expérience sur la série de science-fiction, notamment avec John Noble à ses côtés.
Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI à la Convention Sci-Fi organisée par Arcadia Events.
Lorsque j'ai vu Fringe pour la première fois, je me suis demandé si vous alliez devenir un personnage secondaire sacrifié. Quand avez-vous senti votre protagoniste grandir ?
Jasika Nicole) C'est une très bonne question. J'ai deux réponses. Astrid est devenue plus qu'un simple personnage secondaire dans l'un des premiers épisodes, lorsque Walter lui plante une seringue dans le cou pour la sédater et pour la sauver. Elle est très énervée par ce geste étrange mais cela les rapproche car elle le comprend. C'est un agent du FBI et sa décision est très adulte. Elle accepte ses excuses. C'est la première fois où le public peut se dire qu'il y aurait de quoi être énervée... Ensuite, il y a un épisode très spécial de la saison 2 intitulé Snakehead où la relation entre Walter et Astrid s'établit au delà du professionnel. Ils deviennent amis et prennent soin l'un de l'autre. Il y a une très belle scène à la fin de l'épisode où ils sont dans une intimité très puissante émotionnellement.
En parlant de votre relation avec Walter, vous êtes en même temps son amie, sa mère, sa mémoire...
JN) Elle est tout cela à la fois. La plupart du temps, c'est une élève face à son professeur. D'autres fois, elle prend soin de lui comme une mère prendrait soin de son enfant. Quelquefois, ils sont frère et soeur ou mari et femme. A l'origine, Astrid était une remplaçante à Peter. Walter n'a pas de bonnes relations avec son fils et Astrid a au contraire beaucoup d'admiration pour lui. Elle est à l'origine de la reconstruction de la relation entre ce père et son fils.
Astrid apprend de Walter. Pensez-vous qu'elle apprend également d'Olivia ? Est-elle un modèle pour la jeune recrue ?
JN) Je n'ai jamais vu leur relation comme cela. Astrid est le plus souvent au laboratoire alors qu'Olivia est une femme de terrain. Olivia est très torturée, elle est brisée. Astrid aimerait être son amie, sa confidente, mais Olivia n'est pas prête pour ce genre de relation. C'est dans la deuxième moitié de la saison 3 que l'on voit pour la première fois Olivia montrer sa vulnérabilité à Astrid. Cette dernière essaye de recoller les morceaux entre eux et elle y parvient grâce à ses conseils. Il y a quelque chose de très personnel qui naît entre elles.
La version alternative d'Astrid est très intéressante. Elle ne regarde jamais les gens dans les yeux et paraît incapable de sociabiliser. Comment la décririez-vous ?
JN) Je savais qu'elle était autiste depuis le premier script de la fin de la saison 2. Elle ne peut pas avoir le genre de connexions que la vraie Astrid a avec l'équipe de Fringe. Dans le monde alternatif, elle contrôle tous ces écrans, toutes ces données. Elle a été choisie car son talent est incroyable. Elle est capable d'établir des statistiques très pointues pour prédire des évènements. Elle ne peut pas lire l'émotion sur votre visage mais elle peut lire un écran. Elle arrive à lever les yeux lors d'un épisode de la saison 3, Bloodline, lorsqu'elle découvre que le fils d'Olivia est aussi celui de Peter. Elle ne peut traiter ce genre d'information. C'est trop étrange pour elle. Aussi étrange que lorsqu'Olivia lui dit qu'elle ne peut se passer d'elle. C'est la première fois qu'on doit lui dire ça ! Elle la regarde et retourne à ses écrans.
Petit retour en arrière sur la saison 2 et l'épisode musical, Brown Betty...
JN) C'est un rêve devenu réalité. J'ai commencé par le chant et jamais je ne pensais faire du cinéma ou de la télévision. Au départ, les scénaristes n'avaient pas prévu qu'Astrid chante. J'ai été les voir pour leur demander s'ils pouvaient me donner une chanson, sans vouloir interférer dans leur merveilleux travail. Et ils l'ont fait, en permettant à mon personnage de s'étoffer.

