En cette période de fêtes, les étoiles scintillent chaque soir de tous leurs feux. Ainsi, quoi de plus normal que les programmes de science fiction pullulent en cette saison et ne cessent de marquer les esprits ? Mais si Avatar nous éblouit par ses prouesses techniques et l'apparente mais puissante naïveté de son propos, les chaînes de télévision doivent se contenter de projets beaucoup plus modestes et bien moins enchanteurs.
La preuve cette semaine avec une nouvelle série débarquant pour la fin d'année sur la chaîne américaine Syfy, intitulée Outer space astronauts. Prévue en cinq épisodes de 20 minutes, la sitcom est le nouveau projet du spécialiste des effets spéciaux Russell Barrett (J'adore Huckabees) et du réalisateur David O. Russell (le même J'adore Huckabees, mais aussi le sous-estimé Les rois du désert), ce dernier servant ici de producteur exécutif. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'objet à tout d'un ovni télévisuel.
Série en kit ?
Mélangeant prises de vue réelles (pour les visages des protagonistes) et 3D (tout le reste, des décors aux corps déformés des personnages), Outer space astronauts fait un peu office de pis aller pour ceux qui attendaient avec impatience le projet désormais défunt Boldly going nowhere, un temps préparé par le trio comique de la série Philadephia. Dans cette dernière, les caméras devaient suivre le quotidien d'un équipage à la Star Trek durant ses passages à vide entre deux grosses aventures.
C'est un peu ce que l'on retrouve ici puisque l'équipe militaire de 7 passagers -bientôt rejoints par une extraterrestre rouge et sexy- passent leur temps à être malades, à foirer les missions qu'ils entreprennent en douce, et à chercher comment s'occuper sur le vaisseau. Si l'on excepte un capitaine en second sensé et donc rabat-joie, toute la fine équipe fait preuve d'une immaturité flagrante ouvrant la porte à des intrigues et autres catastrophes toutes plus débiles les unes que les autres. Animal de compagnie retord à l'odeur de barbe à papa, vertus curatives d'un slip sale radio-actif et mission de sauvetage qui tourne au carnage, on nage souvent dans un n'importe quoi relativement amusant.
Malheureusement, la série a été faite dans le garage de son auteur et cela se voit. Si visuellement, l'animation étonne par son mélange improbable de techniques (on pense parfois à South Park) et que, contre toute attente, les blagues au raz des pâquerettes passent plutôt bien, narrativement c'est un autre histoire.
Bien que l'agencement des intrigues soit plutôt clair, chaque épisode pèche par une dynamique molle et peuplée de temps morts qui empêchera souvent le spectateur de se passionner pour le programme. Et avec 5 épisodes prévus, dont trois déjà diffusés, difficile d'espérer que le show s'améliore. Certes, Outer space astronauts ne mérite probablement pas la volée de bois vert qu'elle s'est ramassée à la diffusion de ses premières images (particulièrement moches, il faut l'avouer), mais on reste loin du chef d'œuvre.
Welcome to the darkside
Beaucoup plus réjouissant, c'est cette semaine que l'épisode spécial Star Wars de la série Family guy, intitulé Something something something darkside est commercialisé dans les pays anglophones. C'est donc une nouvelle fois le temps de la coupure de courant chez le Griffin, coupure qui poussera le papa Peter Griffin à narrer à toute la famille l'extraordinaire aventure de L'empire contre-attaque.
Tout comme le précédent Blue harvest, l'épisode d'une durée record de plus de cinquante minutes reprend la musique et les gimmicks de montage de l'œuvre originale avec une maestria nous replongeant immédiatement dans un vent de nostalgie électrisant.
Visuellement, les animateurs ont fait un impressionnant travail de reconstitution et l'on reste baba devant la minutie avec laquelle les vaisseaux de l'empire sont reproduits. Mais le grand point fort de l'exercice reste bien sûr la manière qu'à Seth McFarlane de mélanger l'univers de la saga culte et celui de sa propre série. Encore une fois, préparez vous à une intense séance d'abdominaux face à cette franche et totale réussite.
Reprenant tous les moments clés de l'œuvre originale, de l'introduction sur la planète Hoth à l'exploitation minière de Bespin (la célèbre cité dans les nuages), l'épisode se plait à ramener le mythe au niveau d'un quotidien pas toujours rutilant.
La femme de ménage de Dark Vador passe dans le champ de sa caméra holographique, les soldats parlent de leurs vacances et tous se tournent les pouces quand les patrons ne sont pas là. De même, la poursuite dans le champ d'astéroïdes prend les allures d'un épisode de Cops et Peter/Han Solo se plaint façon Loft de la désagréable attitude de Loïs/Leya à son égard.
Le show n'en oublie pas de citer de belles références à la culture populaire, qu'il s'agisse des apparitions simulées ou réelles de George Takei, James Caan et Tom Selleck, quand elle ne met pas en parallèle l'entrainement de Chris/Luke chez Yoda avec celui D'Ivan Drago (Dolph Lundgren) dans Rocky 4. Et bien sûr, on peut compter sur les auteurs pour souligner toutes les imperfections de l'œuvre originale, de la décision de faire passer les convois de réfugiers au beau milieu de la flotte ennemie à la forme de seins des canons laser des rebelles.
Tout cela sans oublier la sensation de frustration qui achève l'aventure, pour le coup doublée d'un cliffhanger/cross-over absolument divin. Et si Chris/Luke aimerait bien que l'aventure se termine ("Je donnerais ma main droite pour que cette journée s'arrête" !), on a vraiment hâte de voir la suite et de savoir qui jouera les ewoks !
En attendant, il ne nous reste plus qu'à vous souhaiter un joyeux Noël, empli de cadeaux, et pourquoi pas de Doctor Who (la première partie du diptyque d'adieu de David Tenant dans le rôle est diffusée demain soir).
Sorties Dvd de la semaine
Les éditeurs étant majoritairement en vacances (on les comprend), c'est donc tout logiquement que notre choix se porte cette semaine sur l'édition du fameux épisode de Family Guy chroniqué ci-dessus (à noter pour les puristes que le Blu-ray américain est region free). Mais ce serait un erreur d'oublier l'excellente et ultime de saison de Kyle XY, même si la frustration d'avoir vu la série fantastique de ABC Family être annulée et s'achever sur cliffhanger est encore bien présente. Les amateurs de sitcom se rejouiront de voir enfin éditée l'ultime saison de la série Taxi, programme culte de la fin des années soixante-dix mettant en scène Tony Danza, Danny DeVito et Andy Kaufman.
Enfin, comme nous l'avions annoncé lors de notre précédent numéro, c'est bien cette semaine que sort en Blu-ray français la troisième saison de la série originale de Star Trek. Y-a-t-il encore une place sous le sapin ?
États-Unis (Zone 1/Region A ):
_Family Guy : Something something something darkside - Dvd & Blu-ray
_Kyle XY - Saison 3
_La vie secrète d'une ado ordinaire - Volume 3 (Saison 2, épisodes 1 à 12)
_Taxi - Saison 5
_Taxi - Coffret Intégrale, saisons 1 à 5
Angleterre (Zone 2/Region B):
_Family Guy : Something something something darkside - Dvd, Dvd collector & Blu-ray
_Inspecteur Barnaby - The Glith
_Inspecteur Barnaby - Small Mercies
France (Zone 2/Region B):
_Star Trek - La série originale - Saison 3 -Blu-ray

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