Votre œil préféré ne pense pas se tromper en annonçant que la nouvelle la plus marquante de cette semaine réside dans une petite news que nous avons passé hier sur le site :
Caprica, la série préquelle de Battlestar Galactica prenant place 50 ans dans le passé et produite à nouveau par le duo de choc Ronald D. Moore et David Eick vient enfin d’obtenir le feu vert par Sci Fi, et les deux compères d’entamer une croisade salvatrice tandis que leur série reviendra dans à peine deux semaines sur la célèbre chaîne câblée. Une nouvelle qui nous a littéralement fait sauter au plafond (celui-ci est marqué à vie alors que votre serviteur a perdu la vue quelques secondes) tandis que le pilote de deux heures annoncé devrait, à l’image du téléfilm
Razor l’année dernière, être diffusé cet Automne. En voilà une nouvelle qu’elle est bonne. Et il fallait bien cela (et un récent épisode de
South Park disponible gratuitement sur
southparkstudios.com et mettant en scène une Britney Spears qui a perdu la moitié de sa tête dans un suicide raté au Shotgun) pour contrebalancer la masse d’annulation de séries qui s’annonce. Même si la qualité de la majorité de ces séries était somme toute discutable, on est tout de même peiné de voir se rapprocher l’éventuel départ de
Men in Trees, October Road, Bionic Woman, Side Order of Life, tandis que le futur de certaines nouvelles arrivantes est déjà annoncé comme incertain. Jugez plutôt !
Deux nouvelles séries très attendues ont donc cette semaine fait leur apparition sur les ondes américaines. La première d’entre elles,
Miss/Guided, l’était principalement pour les forces mises en présence. En effet, la série est entre autres produite par Ashton Kutcher alors qu’après la brève implication de Rob Veronica Mars Thomas, c’est Mark Hudis, ancien producteur exécutif de
That 70’s Show qui servira de showrunner afin d’orienter la série vers la comédie pure. Et quand on sait que les épisodes sont dirigés par Todd Holland, déjà responsable d’un bon paquet d’épisodes de
Malcolm (probablement une des séries les plus drôles de l’univers) et de l’excellente série
Wonderfalls, on se dit que
Miss/Guided sera probablement un futur hit. Ce n’est malheureusement que presque le cas pour l’instant.
Le pitch ? Becky Freely revient dans le lycée de son adolescence afin d’y officier en tant que conseillère d’éducation. Ancienne élève studieuse et boutonneuse, elle était évidemment pendant ses études amoureuse du sportif de service qui est sorti avec la
Prom Queen de l’époque et passait inaperçue quand elle ne se faisait pas malmener par ses petits camarades. Forte de cette expérience, la miss pense qu’elle sera apte à bien comprendre les problèmes des nouveaux élèves de l’établissement mais se révèle tout de même être un peu empêtrée dans ses rêves de l’époque. Un concept intéressant d’autant que l’actrice Judy Greer (
Le Village, 27 Robes) campe parfaitement ce rôle de vieille lycéenne décalée et empotée sur la voie de la rédemption scolaire.
Mais alors qu’on espère voir ce personnage dépasser ses quelques coquilles de cursus et finir, tout comme le reste de l’univers, à oublier le vilain petit canard qu’elle était afin de s’affirmer en superbe cygne toujours un peu empotée mais tellement pleine de bonne volonté (ce qu’elle fera un temps dans le second épisode où un professeur remplaçant joué par Ashton Kutcher la choisira en lieu et place de l’ancienne reine du lycée, elle aussi de retour), on est cependant un peu échaudé par une mise en scène qui se veut inventive mais qui au final, torpille un peu son concept. En effet, alors que la série est peuplée de personnages sympathiques (le prof d’espagnol qui n’en parle pas un mot, le principal à cheval mais à l’ouest…) et que Todd Holland nous avait habitués à des rythmes comiques frénétiques,
Miss/Guided est parsemé d’apartés mettant en scène les personnages qui reviennent sur certains points de l’intrigue afin de replacer les situations pour les spectateurs, et d’inserts visuels destinés à illustrer ces apartés. Et bien qu’encore une fois, l’idée ne soit pas mauvaise en soit, son exécution, gauche, lente et intrusive fait office d’un pied dans le tapis alors que le rythme de la série s’en retrouve franchement ampoulé. Et quand on sait que rien n’est plus important en comédie que le rythme, on se demande si monsieur Todd n’a pas réalisé ce pilote sous valium.
Ne comprenant pour l’instant que 7 épisodes qui seront diffusés au lance pierre sur la chaîne ABC à raison de deux par semaine (3 pour la première), il ne faudra pas attendre longtemps afin de voir si le réalisateur se sera lui-même boosté au speed afin de donner une dynamique un peu plus entêtante à son entreprise. Une dynamique sans laquelle
Miss/Guided ira droit dans le mur. Un sort qui guette aussi la seconde sitcom à avoir fait son apparition aux Etats-Unis cette semaine, j’ai nommé
The Return of Jezebel James.
Sarah Thomkins est une éditrice de livres pour enfants qui n’en peut plus de ne pas avoir d’enfant. Sa vie prend à ce titre une tournure tragique lorsque son docteur lui annonce qu’elle ne pourra jamais en avoir à cause d’un problème congénital. Désespérée, Sarah va alors se résoudre à contacter sa sœur Coco afin de lui demander d’être la mère porteuse de son futur enfant. Voilà encore une situation qui aurait tout pour faire une sitcom attrayante, d’autant que les deux actrices principales Parker Posey (
Superman Returns, Blade Trinity) et Lauren Ambrose (
Psycho Beach Party, Six Feet Under) pousseraient à elles seules tout une partie de la gente masculine à suivre la série rien que pour admirer leurs jolis minois. Malheureusement on doute que cela soit suffisant à faire de
Jezebel James une sitcom addictive.
En effet, autant la dynamique de la série est attrayante et les blagues régulièrement drôles, autant les situations dépeintes, l’attitude des personnages, la prévisibilité de leurs réactions (tant psychologiques que scéniques) est tellement écrite et tellement cousue de fil blanc que les rares bonnes idées se noient dans un océan de conventions télévisuelles. On passe ainsi du gag de répétition déjà vu à l’outrance psychologique la plus convenue. Et quand on réalise que la mise en place expéditive grille tant de cartouches qui auraient pu s’avérer savoureuses (Coco, rebelle clodo de la famille vivant dans un appart crade et partageant sa couche avec un chien malade, accepte par exemple trop rapidement le postulat de départ), le tout pour amener une situation qu’elle aurait simplement pu imposer de manière drôle et intelligente (d’autant que l’imposition est riche en potentiel comique), on se dit que
Jezebel ne fera pas long feu si elle continue dans cette voie. Un fait que le public américain semble déjà avoir compris tandis que les faibles premières audiences de la série (pourtant créée par Amy Sherman-Palladino, une ancienne de l’équipe de
Gilmore Girls) ont déjà poussé la chaîne à reléguer la série qui l’accompagnait (
Canterburry’s Law) en fin de semaine. Reste donc à savoir si les 7 épisodes prévus auront la chance d’être diffusés. Pour le moment, les rumeurs avancées par les sites américains sont peu optimistes. Et nous de nous demander si quelques scénaristes américains n’auraient pas perdu l’efficacité de leur plume pendant la grève.
Aller, pour finir et vous souhaiter un joyeux week-end, le site MovieWeb a mis en ligne un nouveau trailer de la saison 4 de
Galactica. On vous avait dit que l’évènement tenait de la croisade.
TRAILER GALACTICA