Par Geoffrey Crété - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 12h01 - 0 commentaire(s)
La rumeur a couru. Lors de la diffusion de son huitième épisode, Defying Gravity n'a pas été suivie d'une preview de l'épisode suivant. En parallèle, les audiences ne cessent de chuter un peu plus chaque semaine. Il n'en a pas fallu plus pour que la nouvelle d'une annulation bientôt officielle ne se répande comme une traînée de poudre, affirmant que les cinq derniers épisodes ne seraient pas diffusés comme prévu. Pourtant, ABC a déclaré rapidement que c'était faux. Aucun commentaire quant à la possibilité d'une saison 2 (que l'on sent très faible étant donné que la série est le programme le moins regardé du dimanche soir sur la totalité des chaînes leader). La suite de la série de science-fiction sera bien diffusée, nous dit-on, même si aucune date n'est déterminée.



Defying Gravity suit une équipe de huit astronautes qui partent pour une mission unique : traverser le système solaire, en passant par chaque planète, pendant six années. La série ressemble au premier abord à une banale histoire de relations humaines (amitiés, amourettes, sexe), au détail près que le décor principal est un vaisseau spatial. Pourtant, au fur et à mesure, l'histoire prend une direction intéressante et ne demande qu'une chose, avoir droit à un peu de temps pour réellement installer son univers. Mais il est vrai que les ficelles utilisées pour meubler un voyage long et lent étaient assez irritantes : flashbacks à outrance, triangles amoureux, traumatismes passés, voix-off, et évidemment, conspiration gouvernementale.

Depuis la fin de Battlestar Galactica, les fans de SF se sentent seuls dans le paysage télévisuel actuel. Beaucoup de médecins, de comédies, d'avocats, de familles, mais peu de voyages intergalactiques. Stargate Universe pourrait être une bonne surprise vu que les créateurs ont décidé de prendre une nouvelle direction (contrairement à Atlantis), et l'idée d'un équipage qui tente de revenir des confins de l'univers vers la Terre n'est pas totalement étrangère. Et, bien sûr, il y a aussi le très attendu V. Les producteurs ont encore récemment parlé de leur série, expliquant notamment comment ils ont tenté de gérer à la fois les attentes des fans de la série originale, et les nouveaux téléspectateurs. L'histoire sera par conséquent bien ancrée dans la réalité actuelle par le biais des médias : « Nous vivons dans l'ère Facebook et MySpace, et nos personnages pourront exploiter ce genre de choses ». Le thème majeur sera la dévotion, « qu'elle soit religieuse, ou envers un partenaire ou un travail. Le Père Jack se posera cette question dès le début : ‘Comment je peux concilier le vaisseau spatial que je vois dans le ciel et ce que je sais de la Bible ?’. Il regardait autrefois vers les nuages pour voir où pourrait être Dieu, et maintenant, il y voit un vaisseau. Ce sont ces thématiques qui parcourent la série ». Lorsqu'on leur demande s'ils ont peur des réactions des fans, ils répondent qu'ils « espèrent qu'ils seront présents. Nous n'avons pas vraiment peur, nous voulons juste les inviter à se plonger dans une histoire aux thèmes similaires, mais la série est différente (par exemple, pas de combat important à chaque épisode, ça ne tient pas la route). Nous n'avons pas essayé de répéter ce qui a été fait. Le monde et le public sont différents. Nous voulons toucher des concepts proches mais raconter de nouvelles histoires. Et puis si j'étais un fan, je regarderais au moins par curiosité ! On ne peut pas satisfaire tout le monde. La bonne nouvelle, c'est que s'ils n'aiment pas, les vieux coffrets DVD sont encore disponibles ! Mais avec un peu de chance, nous espérons rassembler les fans de Lost, Firefly, etc. On aimerait tous les réunir pour la même chose ! ».

 


Enfin, pour ce qui est du retour attendu des acteurs de la mini-série originale (Marc Singer, Jane Badler, Faye Grant, Robert Englund, Michael Ironside), « nous aimons beaucoup l'idée. Mais nous avons encore des décisions à prendre, dont certaines nous dépassent. Mais nous adorerions faire un clin d'œil pour les anciens fans ! ». Alors, V version 2009 sera t-il une bonne surprise ? Réponse le 3 novembre.


De son côté, la chaîne CW semble spécialisée dans le recyclage de masse. Après l'excellent démarrage de Vampire Diaries, qui nous ressort la vieille recette des chroniques adolescentes adaptées à la mode (merci Twilight et True Blood donc), le reboot de Melrose Place a été lancé, suivi de la saison 2 de la nouvelle génération de 90210. La chose intéressante à constater (il en faut bien une), c'est que les scénaristes ne tentent définitivement pas de faire oublier le passé. Les vieux personnages viennent faire un tour (Josie Bissett, Thomas Calabro, Laura Leighton d'un côté, Jennie Garth, Shannen Doherty, Tori Spelling de l'autre), gravitant quelque part autour des intrigues des nouveaux personnages. Une jolie manière de faire oublier l'immense fossé entre les années 90 et aujourd'hui : outre le brushing et les fringues démodées, la manière de concevoir une série télévisée a radicalement évolué. De la même manière que Melrose Place fait partie de la poussière télévisuelle, le personnage de Sydney Andrews n'est qu'une ombre faussement glamour, maquillée à outrance, et qui tente de faire oublier ses rides par une attitude sexuellement too much. Passons rapidement sur 90210, pâle copie de l'original, qui se contente toujours de suivre une bande de jeunes lycéens qui ont des problèmes aussi graves que la virginité, l'adultère ou un sms envoyé à un ex-petit ami. Même lorsqu'ils tentent de donner un semblant de maturité à un personnage (Annie qui renverse accidentellement un homme et s'enfuit), tout retombe très rapidement dans les raccourcis attendus (le nouveau venu l'a vue et lui fera certainement du chantage). Mais là où Beverly Hills se contente de suivre un chemin aussi ennuyeux que sage, Melrose Place semble s'engager sur une voie beaucoup plus drôle.



Le pilote s'ouvre sur une boîte de nuit chic et classe : les gens picolent, dansent, le montage cut agresse presque autant que la musique. Un beau gosse et une jolie fille flirtent à outrance dans un recoin (il faut bien justifier la campagne de pub), une jolie blonde boit un verre avec quelques garçons. Ce qui va empêcher tout ce jeune et beau monde de s'amuser, c'est une connaissance désespérée qui a besoin d'aide. Ce sera bien sûr la pauvre Sydney, assise en robe de cocktail sur son canapé, un whisky à la main. Qu'est-ce que ce serait bien que cette vieille trentenaire les laisse faire les fous tranquillement … que demander de plus, la voilà qui flotte dans la piscine centrale dans une mare de sang. L'enquête est ouverte, et Melrose Place rouvre ses portes. Tout le casting est plutôt beau, musclé, sexy, et par conséquent, pour différencier tout cette petite bande les uns des autres, les scénaristes feront appel à tous les clichés du genre. En pagaille, nous croiserons donc la blonde un peu peste, la nouvelle voisine légèrement siphonnée, un apprenti réalisateur idéaliste, une jeune médecin sexy et bien sûr, quelques flics profondément vides. La saison semble se bâtir autour d'un banal mais toujours amusant « whodunit » (chacun a ses raisons pour avoir voulu tuer Sydney), tandis qu'une vague de flashbacks stylisés distillera précieusement les secrets inavoués de chacun.



Alors pourquoi s'infliger une telle série ? Tout simplement parce qu'elle ne se prend pas au sérieux. Les scénaristes ont vraiment cherché à être dans l'air du temps, du coup, leur Melrose Place ressemble plus à Nip/Tuck (Kelly Carlson fera d'ailleurs une apparition) qu'à Grey's Anatomy. La bombasse blonde (brune dans Harper's Island) rêve autant de coucher avec son meilleur ami qu'avec la jolie fille assise au bar et la jeune médecin (vue dans Battlestar Galactica Razor et Les Chroniques de Sarah Connor) choisit de se prostituer pour payer ses études : voilà un aperçu de ce qui nous attend. « This is the world that we live in » nous dit la musique de The Killers : parce qu'aujourd'hui, la télévision élève au rang de héros les tueurs, les dealers, les cyniques et autres déglingués, et plus personne n'a vraiment envie de suivre les aventures amoureuses plates de jeunes gosses de riches. Ce qu'on veut, ce sont des gens qui franchissent les limites, quitte à perdre toute crédibilité dramatique. Et c'est ce qu'offre Melrose Place. Pour le meilleur, et pour le pire.
Vos réactions


logAudience