Il y a toutes sortes de rires et de comédies. Mais depuis peu, l'absurde occupe une place de plus en plus importante dans le petit monde des séries. Retour sur quelques exemples emblématiques.

Par Geoffrey CRETE - publié le 25 janvier 2010 à 16h41
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Il y a toutes sortes de rires et de comédies. Mais depuis peu, l'absurde occupe une place de plus en plus importante dans le petit monde des séries. Retour sur quelques exemples emblématiques.
 
Absurde : ce qui est contraire et échappe à toute logique. Par extension, tout ce qui sort de l'ordinaire d'une manière surprenante.
 

Scrubs

Baromètre de l'absurde : 5/10.
Sous ses airs de bluette naïve, la série de Bill Lawrence est une vraie mine d'absurdités. Du concierge qui persécute J.D de toutes les manières possibles et imaginables aux visions hallucinées des héros - Courteney Cox au ralenti, les cheveux au vent, Julianna Margulies en bad girl qui vire tout le monde sur son passage, une course effrénée dans les couloirs pour arriver en premier au bureau du chef - Scrubs ne manque jamais une occasion de déraper dans le too much. Mais ce qui fait sa particularité, c'est le lien entre cet humour débile et un vrai panel d'émotions. A l'image de l'épisode musical, les deux coexistent sans cesse ; si les héros poussent la chansonnette pendant tout un épisode, ce n'est pas simplement pour marquer le coup et céder à la tentation musicale, mais c'est parce qu'une patiente souffre d'une maladie au cerveau qui altère sa perception de la réalité. C'est lorsque s'y côtoient le rire et les larmes que Scrubs dépasse la simple absurdité.
 

scrubs
 
How I met your mother
Baromètre de l'absurde : 6/10.
Sous ses airs de Friends-bis - bande mixte de jeunes new-yorkais paumés dans leur vie professionnelle et sentimentale, rendez-vous presque quotidiens dans le bar du coin, décors réduits -  How I met your mother fait preuve d'un humour nettement plus décalé que la série culte. Le principe narratif - Ted raconte à ses enfants ses jeunes années qui l'ont mené  à rencontrer leur mère - permet aux histoires d'être présentées d'une manière désordonnée, voire chaotique, les éléments étant clairement déformés par le temps - rappelons-nous de Robin qui fait un salto en vélo pour dépasser les embouteillages tandis que Ted précise « Votre tante jure que ça s'est passé comme ça », ou d'une rencontre d'un soir qui sera appelée « blabla » puisque personne ne se souvient de son prénom. Là où Friends faisait preuve d'une rigueur narrative hyper-efficace, How I met your mother se permet régulièrement - peut-être moins actuellement, certes - des apartés délirants. Un épisode s'ouvre ainsi sur le héros qui se réveille dans son lit, la gueule de bois et une chèvre devant lui. L'épisode remonte alors le temps pour expliquer le pourquoi du comment, avant de se terminer sans jamais avoir justifié la bête. « Ah oui la chèvre, c'était une autre histoire, je me suis trompé » s'exclame Ted en voix-off...
 

How I met your mother

 

Arrested development

Baromètre de l'absurde : 7/10.
En plus d'être une série d'une vivacité d'esprit et d'une cruauté hilarante, Arrested Development manipule régulièrement l'absurde. Portée par une galerie de personnages tous plus pathétiques et humainement misérables les uns que les autres, la famille Bluth ne manque jamais une occasion de tomber dans le ridicule. Tobias espionne sa femme en se peignant intégralement d'une certaine couleur pour se fondre dans le décor, Gob tient sa promesse de faire disparaître un yacht en le faisant couler et Lucille adopte un Chinois pour rendre jaloux son fils de trente ans qui prend enfin son envol. Ce qui fait que la recette prend d'une manière aussi étonnante, c'est qu'Arrested development est débarrassée de ces éléments qui donnent un aspect factice aux sitcoms - rires enregistrés et pauses qui vont avec, axes de caméra qui ne dévoilent jamais certaines faces des décors. Le parti pris de la caméra à l'épaule confère une dimension très réaliste, si bien que malgré leurs personnalités déjantées, les personnages semblent bel et bien vrais, et leurs péripéties, d'autant plus drôles.  

 

arrested development en mer

 

Better off Ted

Baromètre de l'absurde : 8/10.
Dans un monde où l'argent et l'individu sont intrinsèquement mêlés, Better off Ted offre une vision grinçante du capitalisme. On y suit quatre rouages indispensables à la multinationale Veridian Dynamics, et plus précisément de sa branche Recherche et Développement - la directrice du département en lien étroit avec les têtes pensantes, son homme de main, une employée banale et les scientifiques qui mettent au point les inventions. Pour donner un aperçu de l'humour de Better off Ted, il n'y a qu'à voir le pilote dans lequel la compagnie décide de « cryogéniser » un de ses employés, purement et simplement, sans lui demander son avis. Par la suite, nous entendrons parler de citrouilles explosives, de souris capables de résister à des températures anormalement élevées et des pandas tueurs. Bref, les scénaristes s'en donnent à cœur joie lorsqu'il s'agit de mettre en avant la stupidité des grandes entreprises dont l'unique but est de s'enrichir aux dépens des autres - puisqu'évidemment, la totalité des créations est utilisée à des fins militaires. Et après Arrested development, Portia de Rossi confirme son amour de l'absurde. La preuve en image.
 

 


The IT Crowd
Baromètre de l'absurde : 9/10.
The IT Crowd, c'est un peu The big bang theory avant l'heure. Les grosses ficelles et la bimbo en moins. L'idée d'une rencontre entre deux univers différents n'est pas franchement nouvelle, et ce n'est pas de ce côté là qu'il faudra chercher l'intérêt de la série britannique. D'un côté, Roy et Moss, deux geeks chargés du service informatique d'une grande société. De l'autre, Jen, une jeune femme qui se retrouve à la tête du service en question alors qu'elle est totalement hermétique aux ordinateurs. Evidemment, cette association fort peu probable apporte son lot de situations décalées, mais c'est avant tout lorsqu'elle manie un humour absurde que The IT Crowd sort du lot. Menés par des envies absolument vides qui n'ont rien de passionnant d'un point de vue scénaristique - s'acheter une paire de chaussures, se faire inviter par un collègue, apprendre à cuisiner -  les personnages enchaînent les péripéties débiles : Moss apprend par cœur le nouveau numéro des urgences, Jen « brise » internet, Roy se fait passer pour un handicapé à l'avant-première d'une comédie musicale gay. Et personne n'est épargné : les fumeurs, les gothiques, le piratage, et même Facebook.
 

 


Tout étant joué et écrit au premier degré, le fossé entre l'action et la réaction sur le spectateur est tout bonnement hilarant. 
 

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