Pendant six ans, Jorge Garcia a été l'un des piliers de la série Lost. Il a été l'un des survivants du crash de l'Oceanic 815 dans une série qui continue de faire couler beaucoup d'encre après son chapitre final. L'acteur qui a interprété Hugo 'Hurley' Reyes durant six saisons revient pour Excessif sur cette expérience qui l'a profondément transformé...
Avez-vous une dernière pensée sur la fin de Lost, maintenant que vous avez suffisamment de recul?
Mon esprit est en paix sur la façon dont Lost s'est terminé. Quand j'ai lu le script de fin, j'ai laissé sortir un soupir pour dire "Ok, bien." La fin est bonne. Je ne m'en inquiète pas.
Pouvez-vousnous dire quelques mots sur l'épilogue que l'on trouvera sur les éditions DVD et Blu-Ray autour de Hugo et Benjamin en tant que n°1 et n°2 de l'Île ?
Et c'est à peu près tout ce que je peux vous dire. On a un petit goût de comment les choses se passaient quand Hurley était en charge.
Damon Lindelof a parlé de 12 minutes supplémentaires...
C'est possible. C'était dur de savoir exactement la durée quand on le filmait, mais il y aura aussi un de ces films de la Dharma Initiative. C'est bien, et vu les réponses qu'il fournit, les
gens l'apprécieront.
Comment percevez-vous l'évolution d'Hugo au fil des années ?
D'une certaine façon, il s'est réalisé. Il a gagné en confiance et en leadership. Il a évolué en une personne qui serait capable de gérer l'Île, je pense.
Quel a été le plus grand défi pour vous sur cette dernière saison ?
Il y avait une scène : la dernière entre Jack et Hurley sur l'Île. D'abord, il y avait beaucoup d'émotions. En plus, Damon Lindelof et Carlton Cuse sont venus sur le tournage ce jour-là. Il y avait déjà de la pression pour cette scène en particulier, mais c'est d'autant plus dur quand tes chefs sont là. J'ai du poser ma chaise loin de tout le monde, sous un arbre, pour rester dans l'état d'esprit nécessaire pour ma prestation.
Parlez-nous de l'épisode Tout le monde aime Hugo...
Il y a beaucoup de retours sur ce que nous savions dans les épisodes précédents. Evidemment, Tout le monde aime Hugo renvoie à Tout le monde déteste Hugo (Saison 2, episode 4) et mon premier réalisateur pour l'épisode La loi des nombres (Saison 1, épisode 18) est revenu. On a aussi rappelé Cynthia Wattros (Libby) et Bruce Davison (Dr Douglas Brooks) de l'épisode Dans son monde (Saison 2, épisode 18) et c'était bien de retrouver cet aspect de la série. L'épisode précédent et cet épisode, sont le point pivotant de la saison, où vous commencez à apercevoir ce qui va se passer dans la réalité alternative. Les personnages se "réveillent". C'est vraiment là où je pense que la saison devient intéressante.
En parlant de la réalité alternative, qu'en avez-vous pensé quand vous avez découvert que c'était une partie majeure de l'histoire de cette saison ?
On s'est posé des questions au début... "Ok, laisse-moi lire ça encore une fois..." C'était intéressant. Nous ne pouvions que faire confiance aux scénaristes. Ils avaient un plan et nous devions simplement le suivre. C'est comme ça qu'on tourne une série, on se dit "voyons comment tout se met en place, comment le jeu en vaut la chandelle?". Et ça a marché pour moi.
Est-ce que l'un des acteurs de Lost vous a influencé plus qu'un autre, vous a appris quelque chose ?
J'ai appris beaucoup en travaillant avec Terry O'Quinn et Michael Emerson. Nous avons beaucoup de scènes ensemble, quand nous cherchons la cabine, et nous avons eu des bons moments à s'amuser au sujet de ce que nous faisions. Parce que nous faisions partie d'une histoire secondaire, à l'époque de notre petite ballade à travers la jungle. C'était le moment le moins important dans cet épisode, donc nous doutions même que ces scènes soient incluses au montage final. On en a profité pour s'amuser et c'était cool. Il y avait un super moment avec Michael Emerson, nous tournions la scène avec la barre chocolatée. On l'a fait et à un moment Michael dit : "On a oublié une ligne ! Nous avons oublié un moment." Nous espérions que les caméras reviendraient vers nous pour que nous pourrions finir la scène, mais ça n'est jamais arrivé. Aussi géniale qu'elle soit, cette scène aurait pu être encore meilleure.
Comment vous êtes-vous intéressé au métier d'acteur ?
Quand j'étais un gosse, certains films m'ont beaucoup impressionné. J'ai adoré Un violon sur le toit et les films d'Indiana Jones. Je chantais les chansons d'Un violon sur le toit à la maison, et en Cinquième, j'ai joué dans une pièce au collège. J'étais le méchant de la comédie musicale et c'était mon premier contact avec un public qui m'appréciait , riait avec moi. C'est là où j'ai pris le virus, et j'ai décidé que c'était ce que je ferai après l'université.
Quel genre appréciez-vous en tant que téléspectateur ?
Je suis assez ouvert. J'aime les bonnes histoires. J'aime voir des acteurs incarner des gens. Je suis un grand fan de Friday Night Lights. D'abord, les histoires se situant dans le milieu lycéen m'attirent pour une raison : tout est sur-évalué. Quelqu'un a dit : "Tu vis et meurs tous les jours au lycée". Ca, c'est géant. Au-delà de ça, ce sont juste des histoires. L'aspect science-fiction de Lost marche parce que le public aime les personnages. C'est la même chose avec Battlestar Galactica, on se souciait des Adama, on était avec eux.
Voici deux questions des internautes et des téléspectateurs :
Qu'est-ce qui vous manque le plus depuis la fin de "Lost" ?
Ne plus voir les autres acteurs au quotidien...
Selon vous, pourquoi Hugo est-il si populaire ?
J'ai beaucoup de chance qu'il l'ait été. Je suis heureux que ce soit le cas. Ce que j'aimais chez Hugo est qu'il n'essayait pas d'être le héros ou de manipuler quelqu'un, il était là pour le groupe. Hurley s'est immiscé discrètement dans le cercle des chefs, comme quand il demande à Sawyer de voir le manifeste, qu'il pense qu'il devrait le voir, qu'il ne se battra pas pour, qu'il n'essayera rien de louche pour l'avoir... Il fait ce genre de choses, de la même façon qu'il dupe Sawyer pour qu'il devienne une meilleure personne, juste comme ça, sans raison Il se glisse dans ce rôle. Hurley, à travers toute la série, était le porte-parole des téléspectateurs.
Si Hurley comprenait le voyage dans le temps, alors tout le monde aurait saisi. C'était amusant de remplir ce rôle.
Propos recueillis et traduits par Nicolas Schiavi au 50ème festival de télévision de Monte-Carlo.