Par David Brami - publié le 09 janvier 2008 à 18h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h35 - 4 commentaire(s)
Tim Minear est un génie maudit.
Un génie parce que tout ce qu’il crée, il le fait à la manière d’un artisan : avec amour et dans les moindres détails. Chacun de ses dialogues est percutant, efficace et fonctionnel à la fois. Chacune de ses histoires part d’un concept alléchant et original, chaque série possède un casting aux petits oignons relevant de la haute cuisine télévisuelle.



Maudit parce que quelque soit la qualité exceptionnelle des oeuvres auxquelles il participe, les audiences ne sont jamais au rendez-vous et les séries se retrouvent souvent annulées. Pour exemple, sur ses trois derniers joyaux, aucun ne compte plus de 14 épisodes.

Firefly, la série qu’il crée avec Joss Whedon, même si elle bénéficiera d’un film pour clore une de ses storylines, aurait mérité meilleur traitement. De même, Wonderfalls, narrant les tribulations d’une jeune blasée vivant près des chutes du Niagara et harcelée par des animaux en plastique (avec la craquante Caroline Dhavernas récemment vue dans Hollywoodland) ainsi que The inside, une espèce de croisement heureux entre CSI et Profiler (avec entre autres Rachel Nichols vue dans Alias, Adam Baldwin et Peter Coyote) furent toutes deux annulées alors que grandissait le nombre de fans et leur détermination à défendre ces programmes. Tout ceci n’a d’ailleurs pas arrangé la réputation de la Fox, souvent taxée d’ignorance et soupçonnée de mépriser une partie de son public.



Mais la loi du marché est ce qu’elle est. Le point commun entre toutes ces séries ? Probablement un univers trop spécifique et une intrigue dense dont on perd le sens pour peu qu’on ne soit pas attentif au programme ou que l’on soit dérangé pendant le visionnage. Ce que nombre de fans considèrent à juste titre comme des qualités se retourne malheureusement contre ces oeuvres. Et l’on sait bien que avant d’être un nid à chef d’oeuvres, l’industrie télévisuelle est avant tout une entreprise coûteuse, et de tels investissements demandent toujours un retour de la part du public.


Dernière production en date de la Minear Team, la série Drive dont la diffusion vient de démarrer aux states. Dans une course féroce rappelant à la fois Burnout, Gumball 3000 et couvrant d’est en ouest les Etats-Unis d’Amérique, les concurrents concourent pour gagner un pactole de 32 millions de dollars. Là ou tout se complique c’est que nombre de ces participants sont en quelques sortes pris en otages pour gagner la course.



Alex Tully (interprété par Nathan Fillion), paysagiste au passé obscur, voit sa femme disparaître le jour de son anniversaire, ne laissant derrière elle qu’un portable lui intimant de rejoindre le premier checkpoint de la course. Malgré ses protestations, et ses vaines tentatives de comprendre ce qui lui arrive, Alex n’a désormais plus qu’une certitude : pour retrouver sa femme, il lui faudra gagner la course. Il en sera de même pour Wendy Patrakas (Melanie Lyndskey), lancée dans la course pour échapper a son mari abusif et sauver son nouveau né, Winston Salazar (Kevin Alejandro), libéré de prison par de mystérieux mécènes pour y participer, ou Corina Wiles (Kristin Lehman) dont les motivation sont tout aussi personnelles qu’indiscernables.

Niveau spectacle, c’est du haut de gamme : Asphalte grisant, caméra passant de personnages en voitures, et ce en pleine course et sans changer de plan, intrigue à la fois claire et rythmée… On est embarqué a toute allure dans une aventure savamment orchestrée et ne laissant respirer le spectateur lors du générique de fin. Bref : tout y est… Si ce n’est que le public n’a pas massivement eu la curiosité de s’intéresser aux 3 épisodes déjà diffusés.



Maigre lueur d’espoir, ceux qui s’y sont tentés n’ont pas décroché et l’audience augmente doucement d’épisodes en épisodes. Espérons simplement que la Fox laissera cette fois à l’oeuvre de Tim Minear le temps de se forger un public.
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