
Opération celluloïd
Le plus souvent, c'est le serpent qui se mange la queue... un livre devient un film qui engendre des suites, puis une série TV, puis des remakes (La planète des singes, par exemple, pour citer un titre d'actualité)... tout comme une série live peut se décliner en une ou plusieurs séries animées (La famille Addams a notamment connue deux versions "cartoon". La première en 1973, soit sept ans après la fin de la série classique, puis la seconde de 1992 à 1993 suite à la sortie du long-métrage de Barry Sonnenfeld en 1991). Mais le dess(t)in peut également permettre à des personnages cultes d'aller encore un peu plus loin dans le temps... surtout s'ils possèdent une DeLorean volante ! De septembre 1991 à décembre 1992, Christopher Lloyd en personne apparaît en chair et en encre à l'occasion des introductions et conclusions savantes de chaque épisode de la première saison animée de Retour vers le futur ! Cependant, c'est Dan Castellaneta qui prête sa voix au Doc Brown de papier ; tandis que David Kaufman devient Marty McFly à la place de Michael J. Fox... De le leurs côtés, Mary Steenburgen et Thomas F. Wilson retrouvent quant à eux leurs homologues Clara Clayton Brown et l'irremplaçable Biff Tannen à travers ces sympathiques suites ouvertement ciblées - comme c'est généralement le cas - vers le jeune public.

Mais parfois, programme jeunesse et inventivité un chouïa déglinguée ne sont pas nécessairement incompatibles ! De septembre 1989 à décembre 1991, les 109 épisodes animés inspirés de Beetlejuice s'imposent même comme l'une des plus belles réussites du genre... L'univers visuel, très respectueux de la vision inaugurée par Tim Burton (logique, le réalisateur est également l'initiateur la série), s'apprécie à travers des scénarii de qualité et tous plus déjantés les uns que les autres ; de surcroit au son des thèmes de Danny Elfman... Une réussite totale qui en fait, encore à ce jour, une véritable référence en la matière. Rien à voir, du coup, avec des titres aussi édulcorés qu' (heureusement) éphémères tels que Rambo (d'avril à décembre 1986), L'histoire sans fin (aux graphismes dénués de toute magie...), ou encore les insoutenables Robocop : The Animated Series (12 épisodes seulement en 1988) puis Robocop : Alpha Commando (40 aventures tout de même entre 1998 et 1999). Après de tels "ratés", il ne manquerait plus qu'ils fassent un héros de Godzilla !... Ô mais, attendez... C'est chose faite avec Godzilla : The Series en 1998, aux couleurs du film de Roland Emmerich et avec de Docteur Nick Tatopoulos (initialement interprété par Matthew Broderick) pour personnage principal.

Et... qui c'est qu'on appelle ?
Autre icone des années 80 et véritable phénomène de société, le SOS Fantômes d'Ivan Reitman ne fait pas exception à la règle et devient, lui aussi, une fort sympathique série dérivée sous le nom de The Real Ghostbusters (7 saisons entre septembre 1986 et janvier 1991 !). Pourquoi "The Real" ?... Afin de bien marquer la différence avec une autre série animée de 1986, justement intitulée Ghosbusters, et elle-même tirée d'une série live de 1975 : The Ghost Busters, créée par Marc Richards et n'ayant strictement rien à voir avec le long-métrage cinéma ! A grands coups de polémiques et de batailles juridiques, les deux programmes sèment la confusion jusque dans leurs gammes de jouets et de figurines respectives... Puis, histoire d'en remettre une couche, Dan Aykroyd et Harold Ramis en personnes offrent même une suite à The Real Ghostbusters ! Extrême Ghostbusters prend donc la relève en 1997 le temps de 40 nouveaux épisodes. En attendant que la "légende" continue sous une forme ou une autre...

En septembre 1994, c'est au tour de la franchise Highlander de s'essayer au genre... Et de surprendre à plus d'un titre ! Bien loin de l'excellent film d'animation Highlander : soif de vengence (2008), Highlander : The Animated Series tranche radicalement aussi bien d'avec les films qu'avec la série, alors à l'aurore de sa troisième saison, et tente de s'accaparer les faveurs d'un jeune public plus habitué à la SF ultra colorée qu'aux décapitations en kilt. Dans un futur non daté et rattrapé par les vieux démons de la planète Zeist, un MacLeod issu ni du grand ni du petit écran, Quentin, suit l'éducation gentillette d'un Ramirez (plus ou moins ressemblant à Sean Connery...) encore une fois ressuscité. Ici, le jeu ne consiste plus à couper la tête de ses adversaires mais simplement à les convaincre de vous céder pacifiquement leur Pouvoir. Et dire que tout cela est français et initié notamment par Gaumont Multimedia et M6 Métropole Télévision ! Gageons que s'il ne peut en rester qu'un, ce ne sera définitivement pas celui-là...

Malgré tout, entre échecs cuisants et tentatives parfois osées, le dessin animé reste un excellent moyen de creuser un peu (voir beaucoup) le passé de personnages le plus souvent issus d'univers fantastiques... Men in Black (1997 - 2001), Jumanji, (1996 - 1998) ou dans un tout autre registre Ace Ventura : Pet Detective (1995 - 2000) s'ajoutant aisément à la liste... Outre les direct-to-video ou des miniséries comme The Animatrix, ou encore des extensions d'origines multiples telles que X-Men : Evolution (de 2000 à 2003), les révolutions visuelles offertes depuis trois ans par The Clone Wars, et prochainement par Tron : Uprising, permettent dorénavant de faire de ces dérivés des œuvres visuellement toujours plus cohérentes et proches des films originaux que ne l'étaient - en leur temps - des "parjures" du calibre de Star Wars : Droids et Ewoks... Mais bon, après tout, et comme le disait très justement la femme d'un lapin en salopette rouge : "ce n'est pas de leur faute... ils ont été dessinés comme ça"...


L'histoire : La galaxie est en proie à la Guerre des Clones, un conflit à grande échelle qui oppose les maléfiques Séparatistes et leurs immenses armées d'androïde[…]
L'histoire : 1985. Le jeune Marty McFly mène une existence anonyme auprès de sa petite amie Jennifer, seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur qu[…]
