Comme habituée au va-et-vient incessant de ses stars (d'un jour ou de toujours), Hollywood a malheureusement très vite fait d'oublier un visage. Et pourtant, comme évoluant à contre courant, certains acteurs s'accrochent coûte que coûte, pour le meilleur et pour le pire, et leur persévérance est souvent récompensée par une longévité et une visibilité somme toute difficiles à égaler.
Ray Wise est l'un d'entre eux, un vétéran du petit et du grand écran qui à défaut d'une carrière exceptionnelle peut aujourd'hui se vanter de faire partie des incontournables.
Nul doute, les classiques de la télévision n'ont plus aucun secret pour lui, qui a roulé sa bosse un peu partout à Hollywood depuis ses débuts à la fin des années 60. Charlie et ses drôles de dames, Dallas, l'Agence Tous Risques, Rick Hunter, mais aussi Beverly Hills, Dawson, Charmed, Les Experts, New York Unité Spéciale, et plus récemment Mad Men... si vous en avez entendu parler, il y a de grandes chances qu'il y ait fait une petite apparition.
Ray-onnant!
Là où le commun des mortels s'en décrocherait probablement la mâchoire, Wise fait preuve d'une d'une élasticité des zygomatiques sans commune mesure. Bien loin des mensurations d'une armoire à glace de type Stallone ou Schwarzenegger, chez Wise tout réside dans le sourire, électrifiant et dont lui seul a le secret... à l'exception peut être du Joker de Batman.
Atout certain pour un acteur passe-partout de sa trempe, c'est aussi son ticket d'entrée dans l'univers impitoyable de la politique à l'écran. Son mètre quatre-vingt, sa prestance et son charme font de lui le candidat idéal pour ce type de rôle: il sera sénateur (Soleil Levant), député au congrès (JAG), gouverneur (A la Maison Blanche) ou encore vice président (24 heures chrono).
Et si Wise se fait remarquer en 1987 en incarnant le bras droit de Clarence Boddicker (Kurtwood Smith), le "bad guy" de Robocop dans le film du même nom, il n'y a à ce jour qu'un rôle qui lui colle encore vraiment à la peau et c'est celui que lui offre en 1990 David Lynch dans Twin Peaks.
Le Diable habite Twin Peaks et s'habille en Prada
Wise y incarne le père de Laura Palmer, Leland. Troublé et profondément instable suite au meurtre de sa fille, il est, entre autres, victime de plusieurs pétages de plombs en chanson à la Gene Kelly. A ne surtout pas manquer, l'épisode 16 au cours du quel Leland se fait interroger par l'agent Cooper (Kyle MacLachlan): diablement bon!
Et justement en parlant du diable, Wise a comme qui dirait "la tête de l'emploi". En 2007 il se retrouve ainsi à partager le haut de l'affiche aux côtés de Bret Harrison dans la série Le Diable Et Moi, où il incarne nul autre que... le Diable lui-même.
Pas de fourche, de queue ou de cornes, mais un humour décalé, un sourire narquois, un regard azur à glacer le sang et des smokings assortis de cravates pour le moins colorées. On lui donnerait presque le Bon Dieu sans confession et pourtant ce Satan moderne tout de chic et de choc règne d'une main de maître sur les Enfers et se fixe comme mission de récupérer les âmes en perdition Ici-bas.
Autre performance notable à ajouter à son palmarès déjà bien fourni, son rôle dans Good Night, And Good Luck en 2005: bon nombre de ses fans seront malheureux de ne pas le voir nommé aux Oscars dans la catégorie de meilleur second rôle masculin. Difficile en effet de passer outre son émouvante prestation dans ce film où il incarne Don Hollenbeck, un présentateur télé accusé de communisme et poussé au suicide sous McCarthy.
Après avoir été aperçu cette année dans How I met Your Mother, Hawaii Five-0 et Chuck, Wise sera de retour sur nos écrans de ciné dès le mois de juin dans X-Men: le commencement. Il se glissera alors dans la peau du Secrétaire d'Etat à la Maison Blanche. Du sur mesure pour ce sexagénaire au visage enjôleur..

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