A l’instar du Dr. Samuel Beckett piégé dans le méli-mélo de failles spatio-temporelles de Code Quatum, Scott Bakula se sera vu cloisonné dans un rôle emblématique auquel il n’aura presque jamais pu se soustraire. Deux décennies après l’arrêt du show de Donald P. Bellisario et malgré un CV fourni et éclectique depuis, l’acteur ne peut toujours pas échapper à l’identification – souvent réductrice – du grand public.
Ayant acquis une reconnaissance complète depuis cinq ans, Scott Bakula doit à sa grande déception, se préparer à l’annulation de la série en 1993. Se pose alors la périlleuse question de la reconversion. Des offres du cinéma ne tarderont pas à venir pendant les années phares Code Quantum et celles suivants sa disparition. Mais entre la comédie sentimentale L’amour dans de beaux draps, jusqu’à la satire oscarisée American Beauty, en passant par le thriller érotique Color of Night, rien de vraiment probant. Surtout ce dernier où il disparaît dès le premier quart d’heure, sauvagement assassiné lors d’une séquence sanglante qui à l’époque aura sûrement choqué plus d’un fan de Code Quantum.

Si sur le grand écran aucun projet ne lui permet de décoller, le comédien continu de connaître des opportunités plus favorables sur la petite lucarne : après avoir rejoint pendant trois ans le casting de la sitcom Murphy Brown, celui-ci connaît un revers de fortune avec Mr. & Mrs Smith, mélange d’espionnage et de comédie romantique dont la diffusion américaine se stoppe sèchement au bout de neuf épisodes sur les treize que compte la première et unique saison. Un coup dur (parmi d’autres) pour Scott Bakula qui semble ne pouvoir retrouver un minimum les faveurs des téléspectateurs qu’en renouant avec son genre de prédilection : la science-fiction et le fantastique.

D’abord en 1995, avec le téléfilm Le Retour des Envahisseurs, suite de la fameuse série paranoïaque des sixties qui doit moins son existence au culte de David Vincent qu’à la récente vague de fictions surfant sur le concept du complot extra-terrestre, relancé par le triomphe planétaire d’X-Files. Puis vient le cyber thriller NetForce et son intégration réussie au monde du space-opéra télévisuel, grâce à Enterprise. Le spin-off de l’inépuisable franchise Star Trek dans lequel il incarne pendant quatre saisons l’un des personnages phares de la saga, le Capitaine Jonathan Archer. Un nouveau rôle populaire faisant de lui le seul acteur à figurer deux fois dans le top des « 25 légendes de la science-fiction » érigé par TV Guide.
Même si pendant la majorité de sa carrière, Scott Bakula doit se contenter souvent de cachetonner dans nombres de téléfilms (une vingtaine au total), série télés (Boston Justice, State of Union, Old Christine…) et longs-métrages (The Informant ! étant son dernier en date), il reste une inusable référence de la culture populaire qui sait parfois lui rendre l’ascenseur. Comme dans le très geek Chuck auquel il sert de paternel durant la saison 2. Deux décennies plus tard, il demeure difficile de ne pas évoquer Code Quantum lorsque l’on parle de Scott Bakula : si son actuelle participation à Men of A Certain Age aux côtés de Ray Romano a provoqué une certaine curiosité au point d’assurer à cette série un renouvellement, son déclin sur le câble US se voit éclipsé par la relance l’été dernier de l’idée d’une adaptation ciné de… Code Quantum !

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