"Quickening : Effet d'accélération ressenti par un immortel lors de l'absorption des pouvoirs et des connaissances d'un autre immortel, après s'être soigneusement escrimé à décoller la tête des épaules de ce dernier".
La rubrique qui fait tomber des têtes tout en faisant du bien... se demande cette semaine pourquoi Robin des Bois est devenu l'un des héros les plus adaptés de l'Histoire de la télévision.

Avec pas moins de quatre séries TV lui ayant été consacrées entre 1955 et 2009 (et sans parler des nombreuses variations cinématographiques), le Seigneur à tendances révolutionnaires de Loxley peut s'enorgueillir d'avoir survécu à tous les genres et à toutes les époques après la propagation du premier poème du baladin William Langland, estimé entre 1360 et 1387... Depuis sa première apparition dans ce récit consacré à Pierre le laboureur, il a connu bien d'autres noms, comme Robin de Loxley ou encore Robert Fitz Ooth, comte de Huntington (rien que ça) ; mais c'est bien entendu sous celui de Robin des Bois que l'homme (réel ou fictif) s'est progressivement retrouvé propulsé au rang convoité de légende. Un sens du courage et du dévouement qui lui auront valu de devenir le héros number one dans les cœurs (de lion) du Monde entier, le tout saupoudré d'aventures et de romance exacerbées... A croire que la télévision a été inventée rien que pour lui.
Les visages de la liberté
Richard Greene, Michael Praed, Matthew Porretta et Jonas Armstrong : tels sont les principaux noms du petit écran à avoir fait écho à ceux de Douglas Fairbanks, Errol Flynn ou encore Kevin Costner. Chacun en leur temps ont donc très différemment campé le héros de ces dames qui n'avait pourtant d'yeux que pour une en lui inculquant une modernité (toute relative) à chaque nouvelle mouture. En 1955, la télévision s'apprécie encore en noir et blanc et c'est sur la chaine ITV que Robin / Greene affronte encore et toujours le Sheriff de Nottingham (Alan Wheatley) dans la plus grande tradition théâtrale sous le titre inspiré de The Adventures of Robin Hood... 143 épisodes d'une demi-heure plus tard, la série reste un classique de la télévision anglaise, tout comme a pu l'être Thierry la Fronde chez nous un peu moins de 10 ans plus tard.

Avec l'arrivée des années 80, l'aventure se complique un peu. En avril 1984 commence la diffusion (toujours sur ITV) de Robin of Sherwood avec un épisode pilote en deux parties au titre pour le moins déconcertant : Robin Hood and the Sorcerer. Mélange pas vraiment subtil de classicisme et de magie païenne, la série s'avère néanmoins des plus divertissantes et parvient à créer une surprise de taille en fin de saison 2 en n'hésitant pas à destituer son principal héros ! L'année suivante, Jason Connery succède donc à Michael Praed à la tête de la révolte saxonne en personnifiant l'élu Robert of Huntingdon le temps des 13 derniers épisodes (1986).

The Next Generation
Entre 1997 et 1999, le même type de dédoublement s'opère entre les saisons 2 et 3 de The New Adventures of Robin Hood... A ce détail près que, cette fois-ci, seul l'acteur change ; Robin des Bois restant Robin des Bois sans avoir à passer par une bonne vieille régénération façon Doctor Who. Mais surfant grossièrement sur les succès d'Hercules et de Xena, cette coproduction en partie franco-américaine s'éloigne un peu trop du flegme so british pour être totalement appétissante... Pour preuve : qui se souvient vraiment de John Bradley remplaçant Matthew Porretta ?

D'ailleurs, comme il faut bien toujours finir par rendre à César ce qui appartient à César, c'est grâce à la BBC que le personnage a pu, une nouvelle fois, retrouver ses lettres de noblesse télévisuelle : de 2006 à 2009, les trois savoureuses saisons de Robin Hood avec l'aussi intrépide que comique et romantique Jonas Armstrong auront su mettre dans le mille, à l'image de sa petite sœur Merlin. Là, pour le coup, la réussite est totale et Robin y retrouve aussi bien la tradition de ses exploits passés, autant que l'exaltation suscité par un sens de l'aventure énergique, entraînant et visuellement moderne.

Pour ce qui est de savoir pourquoi Robin des Bois est devenu l'un des héros les plus populaires de l'Histoire de la télévision... il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour comprendre que c'est toujours dans les vieux moules qu'on trouve les meilleures recettes. De tout temps, les légendes ont toujours régulièrement alimenté la culture populaire et il semblerait que l'adage ne soit pas près d'être stoppé ; que ce soit à travers des adaptations officielles ou bien des clins d'œil et références d'horizons divers et variés.

Pour n'en citer que deux des plus mémorables : le célèbre Mr. Magoo aura notamment campé un Frère Tuck animé plus vrai que nature à l'occasion des épisodes 8 à 11 de The Famous Adventures of Mr. Magoo (de novembre à décembre 1964) avant que Patrick Stewart ne se retrouve à son tour en collants verts dans le cultissime Qpid : vingtième épisode de la saison 4 de Star Trek : The Next Generation qui voyait le Capitaine Picard devenir à son tour Robin des Bois, le temps d'aller délivrer l'aventurière Jennifer Hetrick (Vash), empêtrée dans les froufrous de Maid Marian... Rappelons au passage que, pour le Robin Hood : Men in Tights de Mel Brooks, Patrick Stewart a d'ailleurs également incarné Richard Cœur de Lion ... qu'une célèbre immortelle a d'ailleurs bien connu :
"And his Lionheart wasn't his only animal attribute. He had the stamina of a bull. His muscles rippled under his skin like a fine stallion"
(Amanda, Highlander)

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