Après les sauts temporels de Code Quantum, Rétro Tv franchit cette fois-ci les barrières entre les dimensions, pour s'intéresser à une autre série marquante du siècle dernier : Sliders, les mondes parallèles.

Par Geoffrey PLANKEELE - publié le 15 mars 2010 à 14h58
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Les téléspectateurs assidus se souviennent encore avec nostalgie de la diffusion, en 1996 sur M6, des premiers épisodes de Sliders, lancés en prime time à grand renfort de campagne promotionnelle. Quinn Mallory (Jerry O'Connell), petit génie de la physique, invente un minuteur lui permettant d'accéder à des mondes parallèles, et emmène avec lui dans ses voyages sa meilleure amie Wade Wells (Sabrina Lloyd), son professeur Maximilian Arturo (John Rhys-Davies) et Rembrandt Brown (Cleavant Derricks), chanteur has-been qui passait par là ; ses aventures auront ainsi marqué toute une génération, et ce malgré une diffusion en France finalement aussi chaotique qu'elle l'a été outre-Atlantique.
 
Initialement créée en 1995 par Tracy Tormé - vétéran de la télévision américaine - pour la Fox, la série connaît dans un premier temps deux saisons sympathiques, explorant toutes les facettes du sous-genre de l'uchronie, selon un schéma solide et bien établi : fraîchement débarqués dans une nouvelle dimension (généralement bâtie sur un "et si ?" aux implications sociales et historiques importantes : et si l'Union Soviétique avait gagné la Guerre Froide ? Et si les Nazis avaient remporté la Seconde Guerre Mondiale ?... etc.), Quinn et ses amis tentent d'y passer inaperçus jusqu'à leur prochaine glisse (leur saut dimensionnel, conditionné par le compte à rebours du minuteur). En conclusion de chaque épisode, le petit groupe passe in extremis dans un nouveau monde, dont on découvre alors les premières images avant le générique final.

 

Sliders, les mondes parallèles


 
Seulement voilà, Fox oblige, cette technique de cliffhanger (assez similaire à celle utilisée par Code Quantum) ne plaît pas trop, car obligeant une diffusion dans un ordre précis. Combinez cela à des audiences assez moyennes (la série n'obtient une saison 2 que grâce à la mobilisation des fans), et le programme devient rapidement le théâtre d'une foire d'empoigne entre Tormé et la Fox. La saison 3 cristallise alors toutes ces tensions : radicalement réorientée, la série devient un enchaînement d'épisodes indépendants parodiant les classiques du cinéma fantastique et de la science-fiction ; le couple Wells/Mallory passe à la trappe ; Tracy Tormé jette l'éponge ; et Rhys-Davies est expulsé du show, dans des circonstances encore à ce jour assez troubles. Il est remplacé par Maggie Beckett (Kari Wührer), brunette à forte poitrine, clairement engagée pour attirer un public jeune et masculin devant le petit écran.
 
Avec sa saison 4, la série passe sur Sci-fi Channel, et y prend un nouveau virage, encore plus radical : les personnages sont éparpillés dans diverses dimensions, et affrontent désormais les Kromaggs, race d'aliens agressifs désireux de conquérir toutes les dimensions parallèles. L'occasion pour la production de remplacer Wade Wells par le frère de Quinn Mallory, Colin, interprété par Charlie O'Connell. En saison 5, rien ne s'arrange : Sci-fi délaisse totalement la série, les frères O'Connell quittent le show, et un nouvel acteur est embauché pour reprendre le rôle de Quinn sous une autre apparence ; enfin, Diana Davis (Tembi Locke), une scientifique, rejoint le groupe, tandis que la guerre contre les Kromaggs bat son plein, avec notamment l'ajout de pouvoirs psychiques à la somme des problèmes qui affligent désormais la série.
 
Et le tout de s'achever sur un ultime cliffhanger, sorte de pied de nez de la production à Sci-fi Channel... une fin malheureusement plus frustrante pour les fans que pour la chaîne, décidément indifférente.

 

 

Sliders, les mondes parallèles

 
Sliders est donc le parfait exemple d'une série à fort potentiel culte, sabotée par trop d'interférences émanant d'une chaîne prête à tout pour reproduire le succès atypique de X-Files dans la même case horaire (messieurs de la Fox, après 15 années d'expérimentations désastreuses, rendez-vous à l'évidence : science-fiction et vendredi soir ne font pas bon ménage !). Et pourtant, les deux premières saisons de la série restent à ce jour un modèle de SF divertissante et imaginative, à défaut d'être forcément révolutionnaire. Les trois saisons suivantes ? Déjà nettement plus dispensables.
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