
Au nom du tueur, du père et du jeu d'esprit
Après l'annulation de 24 heures chrono, les fans de Jack Bauer ont de quoi se réjouir : non seulement Kiefer Sutherland est bel et bien de retour mais, de plus, il revient arme et barre de fer au poing... pour mieux s'adonner (cette-fois de l'autre côté de la barrière) à l'une de ses activités favorites : l'interrogatoire musclé, agrémenté d'un soupçon de torture. Et ce, dès le troisième épisode ! Pourtant, l'action est loin de représenter l'âme véritable de cette web-série... Au contraire, c'est à travers les qualités d'un dialogue puissant et sans détours que The Confession s'impose instantanément comme une petite révolution du genre.
"Directe, efficace et intense... The Confession frappe vite et fort ; même si son format prête rapidement à la frustration. Sept minutes seulement par épisode : trop court pour s'y immiscer totalement mais également trop bon pour s'en priver... Mieux vaut attendre la fin de la saison avant de s'y frotter"
Fruit d'un tournage marathon (42 pages de dialogues tournées en seulement 2 jours...), la web-série écrite et réalisée par Brad Mirman se laissera donc surement mieux découvrir et apprécier d'ici quelques mois, sous forme de téléfilm ou de coffret DVD intégrale ; The Confession étant - pour l'heure - uniquement diffusée via le site Hulu (depuis le 28 mars) et donc actuellement inaccessible sur notre territoire. Néanmoins, la construction de chaque épisode s'achève sur son "petit effet cliffhanger" et respecte l'esprit de suspens qu'offrent les séries (dorénavant) dites "classiques" ; si bien que - même réduit - le cahier des charges en sort totalement respecté.

Dans la ligne de mire
Si parler d'un véritable récit philosophique serait quelque peu prématuré, il n'en reste pas moins vrai que la réflexion sur la Foi, l'espoir, le pardon et la rédemption s'offre ici une place de choix entre la froideur d'un assassin dénué de toute émotion et la conviction ébranlée d'un homme d'église contraint d'assister (à moins d'être directement impliqué ?...) à l'inévitable meurtre annoncé. Entre eux, le débat est passionné et fatalement inextricable : l'un agissant sans remords selon son propre code moral et l'autre vouant l'essence même de son existence à une dimension supérieure. Kiefer Sutherland et John Hurt sont impériaux... Les répliques fusent et le sens de la répartie de l'un puis de l'autre piquent à vif ; sans (pour l'instant) brouiller leurs visions respectives.

Trois premiers épisodes pour 21 minutes de métrage seulement (comprenant un générique et des résumés...) : même si le cœur du sujet s'avère suffisamment porteur pour rendre immédiatement accro, il en faudra tout de même un peu plus pour finir de remporter l'adhésion et faire de The Confession le premier véritable incontournable du genre. Car bien que destinée à la "simple vitrine du Web", la série est réalisée avec les mêmes moyens qu'un tournage traditionnel et s'offre d'ailleurs les services du compositeur Sean Callery, à qui l'on devait déjà les partitions de 24 heures chrono... l'effet est garanti... mais mieux vaut tout de même attendre la fin pour mieux profiter du récit en son entier. Bip, bip, bip...
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L'histoire : Un tueur à gages explique à un prêtre, durant ses confessions, pourquoi ses victimes méritaient de mourir...
