La saison 3 des Tudors voit le règne de la troisième épouse d'Henry VIII... Interview avec Annabelle Wallis, nouveau visage d'une souveraine au destin tragique.

Par Vivien LEJEUNE - publié le 29 juillet 2010 à 00h01
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La saison 3 de Les Tudors voit le règne de la troisième épouse d'Henry VIII et la naissance, tant désirée, de son héritier... Rencontre avec Annabelle Wallis, nouveau visage d'une souveraine au destin tragique.
The Tudors - saison 3
  

Après plusieurs apparitions dans des court-métrages, la carrière d'Annabelle Wallis commence véritablement en 2005, aussi bien sur grand que petit écran. Entre le très Bollywoodien Dil Jo Bhi Kahey de Romesh Sharma et le second épisode de Jericho (série anglaise de Stewart Harcourt, à ne surtout pas confondre avec le Jericho US de Stephen Chbosky et Jon Turtletaub), la jolie comédienne prouve déjà qu'elle peut œuvrer dans tous les genres et ne tarde pas à se retrouver aux côtés de Leonardo DiCaprio dans le Mensonges d'état de Ridley Scott ; rien que ça. Elle participe également au téléfilm Last Days of a Princess, consacré au destin tragique de la Princesse Diana, avant de devenir reine elle-même dans la troisième saison de l'immense Les Tudors, écrite de main de maître par Michael Hirst et diffusée en ce moment même sur Canal +.

 

The Tudors - saison 3

  

Comment était-ce de rejoindre la saison 3 de The Tudors, après qu'une autre comédienne, Anita Briem, ait précédemment interpréter le rôle de Jane Seymour durant la saison 2 ?
C'était très intéressant car ils m'avaient également proposé le rôle l'année précédente, mais j'étais déjà engagée sur un autre tournage au même moment. J'ai donc, malheureusement, dû me faire à l'idée qu'il fallait mieux que j'oublie tout ça... Et puis, ils sont revenus vers moi. Ils ont réalisé que j'étais faite pour ce rôle (rires) ! Bien évidemment, j'étais vraiment très heureuse qu'ils soient si convaincus de leur choix. C'est une série fascinante et tous ceux qui y travaillent ou y participent sont si incroyables. Ils vous poussent à donner le meilleur de vous-même. De plus, l'Histoire parvient à vous atteindre de tellement de façons différentes et l'écriture de Michael Hirst est juste... phénoménale.

 

Et il écrit, à lui seul, l'intégralité des épisodes !
Absolument tous. Il termine sa journée de travail et il nous dit simplement quelque chose du genre : "Ok, bon, je vais écrire pour demain !"... Et il rentre chez lui et recommence à écrire (rires). J'ai déjà du mal à simplement dire le texte... et lui, il l'écrit (rires) ! De plus, les costumes, les accessoires et les décors sont si merveilleux. Vous entrez et vous devenez totalement le personnage. Vous êtes fière d'être là... du coup, vous faîtes de votre mieux pour faire du bon travail.

 

The Tudors - saison 3

  

Quel regard portez-vous sur la vie au XVIe siècle ?
Je n'aurais certainement pas aimé y vivre... Je pense que les femmes étaient sujettes à l'oppression et qu'il fallait faire preuve d'un sens aigu de la stratégie pour espérer survivre. Vous ne disposiez pas de la liberté de vos idées ou de vos croyances... pas à voix haute, en tout cas. En tant que femme au caractère plutôt bien trempé, Jonathan Rhys Meyers me répétait souvent qu'il ne m'aurait pas fallu longtemps avant d'avoir la tête tranchée si j'avais vécu à cette époque (rires) !

 

Jane Seymour aura été d'une grande importance, ainsi que d'une grande influence, dans la vie de Henry VIII...

Elle était assez discrète et réservée vis-à-vis de ses orientations politiques... Pour parvenir à un tel niveau de pouvoir, vous devez véritablement être une femme à la fois très intelligente et bonne stratège. Elle était aimante, humble et honnête mais je pense également qu'elle était extrêmement consciente de la position qu'elle occupait socialement. En gagnant la confiance du Roi, elle pouvait devenir une forte figure politique du règne anglais... Et en ce sens, je crois que, bien qu'elle fît preuve de toutes ces qualités, ces dernières étaient également un bon mode de protection à la passion dont elle faisait preuve pour s'assurer des quelques reformes qu'elle a pu mettre en place à la Cour, comme les retours sur place de Mary et Elizabeth ou l'importance de l'église... Et qui sait ce qu'elle aurait encore pu accomplir par la suite ? Elle n'a vraiment pas vécu longtemps... Pauvre Jane.

 

The Tudors - saison 3

  

Effectivement. Et, de fait, vous n'apparaissez que dans la première moitié de la saison. Parlez nous un peu de votre rencontre avec Jonathan Rhys Meyers...
Jonathan est particulièrement amusant. Je ne comprends pas pourquoi il n'a pas encore tourné de comédies... Les Irlandais sont réputés pour leur grand sens de l'humour et il incarne le "meilleur des meilleurs" de cet humour. Sur le plateau, chaque jour était mémorable. Je me souviens particulièrement du tournage de nos scènes de danse... Mari et femme, Roi et Reine... Et nous étions les pires danseurs au Monde (rires) ! Le réalisateur était comme ça : "Bon, on oublie... Tous les autres sont parfaits...". Et ils ont du réduire la scène à... presque rien (rires). Jonathan est super ; il rend les choses vraiment agréables sur le plateau. Non seulement lui, mais les autres comédiens également. Comme Henry Cavill et Max Brown... Nous avons tous développé une belle camaraderie. Les scènes se déroulant à la Cour, autour d'une fête ou de ce genre de choses, étaient toujours les meilleures car elles prennent forcément plusieurs jours de tournage ; ce qui impliquait plusieurs jours de rires, de bonne humeur... à essayer de faire rire les autres face à la caméra. Et je suis une des pires ! Si je commence à rire, c'est foutu pour le reste de la journée (rires).

 

La série est par ailleurs assez sulfureuse... Appréhendiez-vous les scènes d'amour avant de commencer à travailler sur la série ?

J'étais nerveuse au début, oui. Mais ils essaient de tout faire pour que les choses se passent le plus sereinement possible. Ceci dit, par chance, je n'ai rien eu de bien spécial à faire... ne serait-ce que par la nature même de mon personnage. Elle est la Reine aimée et précieuse... donc : pas de scènes de sexe, pas de réelle nudité... Les scènes d'amour pouvaient être intimidantes mais j'ai très vite dépassé cette idée (rires). En tant qu'actrice, vous voulez toujours qu'on vous prenne au sérieux et la frontière entre ce qui peut vous faire accepter ou refuser la nudité est souvent très fine. Ici, en Europe, ça ne choque personne. Aux USA, en revanche, la nudité est toute une affaire et vous devez être très prudente. Mais si la scène veut réellement dire quelque chose... et que la lumière est belle (rires)... alors c'est d'accord.

 

The Tudors - saison 3

  

Aucun secret n'a été fait sur le fait que vous reveniez brièvement au cours de la quatrième et dernière saison... Comment avez-vous vécu ces retrouvailles ?
C'était un moment fort. De plus, il est toujours très émouvant de participer à la fin de quelque chose de si merveilleux. Lorsque vous êtes sur le plateau chaque jour, vous oubliez que tout cela va finir... que tout doit finir. Mais c'était super de revenir et je suppose que cela montre bien l'importance de Jane Seymour. C'est une belle conclusion puisqu'à la fin, Henry a été enterré à côté de Jane. C'est ce qu'il avait demandé. C'est donc non seulement une scène particulièrement émouvante mais aussi une très belle façon de finir la série.

 

Propos recueillis et traduits par Vivien Lejeune au 50ème festival de Monte-Carlo (2010). 

 

Retrouvez notre FOCUS SÉRIE consacré au début de la saison 4 de The Tudors !

 


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