On s'attendait au pire et The Vampire Diaries se révèle être une série attachante. Petit focus sur un final surprenant.

Par André CÔTE - publié le 16 mai 2011 à 10h00 ,
MAJ le 17 mai 2011 à 16h43 - 3 commentaire(s)
Lors de son arrivée sur la chaîne CW, The Vampire Diaries avait tout pour susciter l'antipathie des fantasticophiles puristes. Jugez plutôt : d'un côté, nous avons un point de départ qui fleure bon la tentative de surfer sur le succès du moment (en l'occurrence, Twilight) ; et de l'autre la présence d'un scénariste en perte de vitesse à la production, Kevin Williamson, connu pour Dawson et Scream. On s'attend alors à un drame qui se focalise sur les intrigues sentimentales au détriment du contexte surnaturel.
The Vampire Diaries - Saison 2. Série créée par Kevin Williamson, Julie Plec en 2009. Avec : Nina Dobrev, Paul Wesley, Ian Somerhalder et Steven R. Mcqueen.

Or, quelle n'est pas notre surprise de constater qu'au fil des épisodes, une dimension mythologique s'installe. Ceci, en partie grâce à des éléments comme les malédictions à lever ou les sorts à briser, qui servent de moteur dramatique au feuilleton. De telle sorte que The Vampire Diaries se rapproche d'un Roswell, en plus gothique et surtout plus sombre, avec des vampires à la place des E.T.. De plus, cette année, nous avons pu constater une quasi-absence des couloirs du lycée (un décor récurrent des teen-shows qui pullulent sur la CW) au profit des inquiétantes forêts et grottes : la série avec les aliens avaient également connu un sursaut à la même période, avec la découverte d'un quatrième membre (Emily De Ravin, avant d'être Lost) et de révélations concernant leurs liens familiaux.

 

Ainsi, cette seconde saison est marquée par les plans machiavéliques de Katherine, le sosie (ou doppelganger en VO, autrement dit « double maléfique ») d'Elena, toutes deux interprétées par Nina Dobrev. A ce niveau, l'actrice incarne une vraie peste assez délectable. Dès lors, les frères Salvatore, Stefan et Damon (respectivement Paul Wesley et Ian Somerhalder) se retrouvent confrontés à une ennemie qui, étant à l'origine de leur état vampirique, les connaît donc intimement. Néanmoins, la notion du doppelganger a aussi pour conséquence de faire des deux jeunes filles (en apparence du moins, Katherine est âgée de plus de deux siècles quand même) des cibles pour d'autres êtres voyant en elles une chance de lever une malédiction. Le bémol de cette axe scénaristique réside dans la mise à l'écart de bon nombre de personnages quand ils n'ont pas de lien avec le surnaturel : Jeremy, le frère ? Jenna, la tante ? Relegués en simple faire-valoir.

 

Néanmoins, dans cette volonté de développer un univers, les scénaristes n'hésitent pas à mêler la légende du loup-garou à celle du vampire, ce qui augmente l'ambiance mystique du show, un bon point à cet égard. Ici, une morsure de lycanthrope peut tuer un suceur de sang, faisant d'eux des adversaires plus dangereux que les Salvatore ne l'imaginaient. Cela apporte même un côté "Docteur Jekill et Mister Hyde" pas déplaisant à l'un de leurs amis, atteint de la malédiction du loup et incontrôlable à la pleine lune. Mais une menace plus grande va pointer le bout de son nez en fin de saison avec Klaus, un des Originaux, les premiers vampires. Ses pouvoirs encore mystérieux vont même devenir un élément clé de l'épisode final.

The Vampire Diaries - Saison 2. Série créée par Kevin Williamson, Julie Plec en 2009. Avec : Nina Dobrev, Paul Wesley, Ian Somerhalder et Steven R. Mcqueen.

En effet, alors que Damon est mordu par un lycanthrope, Stefan n'a plus d'autre choix que de se tourner vers ce personnage maléfique, soupçonné d'avoir tué toute sa famille. Or, il se pourrait que ce Klaus soit la seule personne susceptible de connaître un remède pouvant sauver le vampire mourant et ceci à l'issue d'un face à face des plus tendus qui s'ouvre sur une perspective des plus intéressantes (Stefan en bras droit de Klaus ? Pour combien de temps ?) . Ainsi, alors que la relation entre les frères Salvatore a été mise de côté au profit de la romance entre Stefan et Elena, elle est remise au premier plan lors du dilemme posé par la condition de Klaus : il donne le remède si Stefan accepte de rejoindre son groupe, donc, de tout abandonner en quittant Damon et Elena.

 

De la sorte, The Vampire Diaries s'évertue bel et bien à construire sa propre mythologie à base de rivalités ancestrales qui refont surface. La série continue à se singulariser des autres teen-show en cultivant un aspect gothique et sombre, sans distanciation ni ironie. Il faut juste espérer qu'elle ne se repose pas sur ses acquis et saura tirer des leçons de ses erreurs (il y a déjà moins de décès à déclarer, ce qui nous permet de s'attacher aux personnages) pour mieux rebondir par la suite. Après une saison 2 qui laisse perplexe, la prochaine pourrait bien être la bonne.


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