2001 : Smallville débarque dans La trilogie du samedi, émission phare de M6 qui a bercé tous les sériephiles. Une nouvelle série surnaturelle après Buffy et Roswell, mais qui cette fois ci prend pour base un héros bien connu de toutes les générations : Superman.
Comme son nom l'indique, Smallville raconte la jeunesse du superhéros dans cette petite ville imaginaire située dans le Kansas, de son arrivée sur terre et son recueillement par les Kent, à son ascension en tant que journaliste à Metropolis. Et à l'époque, tout le monde est loin de se douter que, dix ans plus tard, la série sera toujours à l'antenne...
Les responsables de cette joyeuse aberration ? Miles Millar et Alfred Gough, scénaristes du Flic de Shangaï, de L'arme fatale 4 et des Shangaï kid. Après qu'un projet sur la transformation de Bruce Wayne en Batman ait été abandonné (pour être repris 4 ans plus tard sur grand écran dans le prestigieux Batman begins de Christopher Nolan), les deux scénaristes préfèrent porter à l'écran celle de Superman. Leur règle d'or : « No flights, no tights » (Pas de vol, pas de costume en VF). La série sera essentiellement centrée sur Clark Kent et les différents évènements de sa vie qui l'amènent à grandir et font de lui le superhéros si connu.
La saison inaugurale est peut être avec le recul celle où la série se cherche le plus, celle où la série essaie trop de s'enfermer dans une formule de divertissement pour ados, loin de ce qu'est l'identité de la série aujourd'hui. Millar et Gough se servent de la pluie de météorites qui accompagne l'arrivée de Clark sur terre pour transformer chaque habitant de Smallville en supervilain. Et chaque semaine, Clark, aidé de ses quelques pouvoirs, doit combattre le « villain of the week », tout en essayant de gérer sa relation amoureuse avec Lana Lang, et son amitié ambiguë avec le jeune Lex Luthor, déjà chauve suite à la pluie de météorites. Et la saison de s'enfoncer dans un teen show niais matiné de fantastique qui fleure bon le kitsch. Les fans de comics crient au scandale. Mais le public visé suit en masse et la série est partie pour décoller... pour ne jamais s'arrêter.
La saison 2 se recentre alors plus sur Superman et fait sans doute office de véritable première saison en montrant Clark en quête de ses origines. La saison s'offre même une star de luxe : Christopher Reeve, LE Superman des films de Richard Donner, et le véritable visage immortel du superhéros à jamais gravé dans les mémoires. La porte est ouverte pour que Smallville devienne la version la plus moderne du superhéros, puisque dès lors, toutes les stars qui ont participé à la mythologie de Superman feront une apparition, de Margot Kidder jusqu'à plus récemment Teri Hatcher, entre deux scènes sur le plateau de Desperate housewives.
La saison 3 sera celle où la série développe le plus son propre univers et apporte sa pierre à l'édifice du mythe Superman. Peut-être la saison où Smallville joue pleinement son rôle d'adaptation et d'interprétation d'un personnage bien connu. Après avoir simplement rapproché certains éléments du comics original comme la présence des Luthor à Smallville, les deux scénaristes passent la vitesse supérieure : Jor El, le père biologique de Clark était déjà venu sur terre, et surtout, l'arrivée de Clark correspond à une ancienne prophétie indienne racontée à travers les fresques murales de grottes Kawatche. Un élément inédit dans la mythologie de Superman, mais qui reste raccord avec le personnage. L'essence même de Superman est d'incarner le rêve américain, et son rattachement avec des indiens, premiers habitants de l'Amérique, permet d'étendre son rôle à celui de toute une nation.
En dépit de ses épisodes légers, Smallville aura réussi à introduire de nouveaux éléments qui sont vite devenus canons dans la mythologie de Superman. Après 10 ans de diffusion, tout le monde s'accordera à dire que l'invention de Chloé, journaliste impétueuse qui devait servir au départ de clone moderne de Loïs Lane, reste l'un des meilleurs personnages de la série, à tel point qu'elle efface complètement Lois à son arrivée dans la quatrième saison et qu'Erica Durance mettra beaucoup de temps à s'imposer dans la série. Ce personnage était même supposé apparaître dans la bd. Michael Rosembaum, dans le rôle de Lex Luthor, incarne aussi une Némésis parfaite de Clark Kent. Tout en nuances, l'acteur est sans doute avec Allison Mack, celui qui tire le mieux son épingle du jeu de l'ensemble du cast et beaucoup de fans regretteront son départ à la fin de la saison 7.

