Troisième et dernière partie de notre dossier consacré à
Shutter Island et à son réalisateur,
Martin Scorsese. Une fois encore, le cinéaste s’est entouré des meilleurs, retrouvant autant son nouvel acteur fétiche Leonardo DiCaprio que son équipe technique, à commencer par sa monteuse Thelma Schoonmaker. Cédric Brelet von Sydow, présent sur le tournage à Boston en mars 2008, témoigne d’un engagement de tous les instants et d’une somme de talents individuels immense.
Quatre acteurs, deux générationsShutter Island marque la quatrième collaboration entre
Martin Scorsese et
Leonardo DiCaprio. Le Maître s’est par ailleurs entouré de
Mark Ruffalo, qui a le vent en poupe ces dernières années, et de deux acteurs mythiques avec les présences de Sir
Ben Kingsley et
Max von Sydow. Une scène réunit d’ailleurs les quatre artistes dans un immense bureau. Dans ce face à face,
Martin Scorsese utilisera une partition de Gustav Mahler et plus précisément la symphonie n°5 en do dièse mineur du compositeur. Cédric Brelet von Sydow nous confie qu’il fait tourner le disque avant la prise, histoire de mettre ses acteurs dans l’ambiance.
Quand on sait que Jackie Earle Haley fait aussi partie de la distribution dans le rôle de George Noyce, l’un des patients de l’hôpital psychiatrique, on tient là un des plus beaux castings de cette année 2009.
Ce long-métrage marque donc la rencontre entre deux générations d’acteurs, comme l’explique Cédric Brelet von Sydow : « Il y a deux docteurs importants dans le film. Ils sont interprétés par
Max von Sydow et Sir
Ben Kingsley. Il y a également deux flics joués par
Leonardo DiCaprio et
Mark Ruffalo qui sont à la recherche d’une patiente qui a disparu de l’hôpital psychiatrique. Ce qui était beau à voir, c’était cette confrontation entre deux acteurs qui ont une quarantaine d’années et deux autres qui sont devenus des ténors du septième art. Il y avait une sorte de passage de témoin, de transmission ».
Le nouvel acteur fétiche du cinéaste interprète Teddy Daniels, un vétéran de la guerre qui a découvert avec effroi les camps de la mort : «
Leonardo DiCaprio est assez bluffant. Dans une des scènes que nous avons vu, il a un monologue où il parle en anglais, en allemand et où il chantonne une petite sérénade. Il doit à la fois moduler sa voix et parler une langue qu’il ne maîtrise pas forcément. Le tournage a duré deux ou trois jours et il était d'une précision incroyable dans ses intonations ou ses placements, à la virgule près, au mètre près. Mine de rien, c’est impressionnant de le voir répéter cet exercice sur plusieurs jours tout en tentant des choses différentes à chaque fois. »