C'est un peu la mort dans l'âme que nous avons abandonné une fois encore Jack Bauer dans les griffes de son implacable destin lundi dernier. Une sixième saison qui n'en a pas fini d'alimenter les débats au sein même de notre rédaction, unanimement décevante sur de nombreux points. Et pourtant, la perplexité de cette sixième aventure qui pose définitivement les limites de la série (ou plutôt de ses scénaristes, trop obtus pour changer de contexte) demeure à double tranchant puisque de ce foutoir manichéen débordant d'héroïsme surfait, ressort la volonté de développer plus que jamais la personnalité étriqué de ce bon vieux Jack. Après 6 années de bons et loyaux services, à défaut de le suivre, on peut enfin le comprendre. Ce type est un poissard fini que les scénaristes traînent sadiquement à chaque fois un peu plus vers la déchéance pure et simple, le forçant à accepter malgré lui une ultime (et dernière ?) fois de sauver les Etats-Unis d'Amérique à la demande express du président en place, totalement dépassé par les événements. Et ce à peine trois heures après un retour d'entre les morts psychologiques et quelques poignées d'explosions, de bastons, et de fusillades qui sont désormais autant d'ingrédients de rigueur pour toute nouvelle saison de
24 heures chrono qui démarre.
24 HEURES CHRONO SAISON 6Avec Kiefer Sutherland, Mary Lynn Rajskub, James Morison, D.B. Woodside, Eric Baffour, Roger Cross, Peter McNicol, James Cromwell, Ricky Schroeder, Powers Booth et Regina King
Diffusion France : fin 2007/début 2008
Un démarrage explosifAttention : Les propos qui suivent dévoilent l'intrigue de la saison précédente.
Effectivement, il sera dur de parler de cette sixième saison sans parler de cinquième, au même titre qu'on ne pouvait pas s'étendre sur cette précédente sans évoquer la quatrième. Depuis deux années maintenant, et plus que jamais, les scénaristes se donnent ici le mot d'ordre de tisser un fil conducteur infernal liant les saisons les unes avec les autres pour mieux bâtir la personnalité de plus en plus sinistre de Jack Bauer. Un héros que l'on découvre ici à bout de souffle alors qu'il conservait une forme olympique au tout début de la série. C'est vraisemblablement une évidence, masquée par des twists, des scènes d'action plus spectaculaires les unes que les autres (plus particulièrement ici, mais on en reparle plus loin) et des scénarii d'attaques terroristes en tout genres comme de conspirations tordues,
est avant tout l'histoire d'un homme que rien n'épargne, cuisiné à petit feu, année après année, pour une issue qu'on imagine inéluctable. Reste à savoir "Quand" oseront-ils achever leur souffre-douleur… Pas encore dans ces quatre premiers épisodes, même si sa mise à mort lente est pourtant amorcée et décomptée comme le chronomètre servant de jingle à la série.