Par Arnaud Mangin - publié le 24 mai 2007 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h39 - 0 commentaire(s)
C'est un peu la mort dans l'âme que nous avons abandonné une fois encore Jack Bauer dans les griffes de son implacable destin lundi dernier. Une sixième saison qui n'en a pas fini d'alimenter les débats au sein même de notre rédaction, unanimement décevante sur de nombreux points. Et pourtant, la perplexité de cette sixième aventure qui pose définitivement les limites de la série (ou plutôt de ses scénaristes, trop obtus pour changer de contexte) demeure à double tranchant puisque de ce foutoir manichéen débordant d'héroïsme surfait, ressort la volonté de développer plus que jamais la personnalité étriqué de ce bon vieux Jack. Après 6 années de bons et loyaux services, à défaut de le suivre, on peut enfin le comprendre. Ce type est un poissard fini que les scénaristes traînent sadiquement à chaque fois un peu plus vers la déchéance pure et simple, le forçant à accepter malgré lui une ultime (et dernière ?) fois de sauver les Etats-Unis d'Amérique à la demande express du président en place, totalement dépassé par les événements. Et ce à peine trois heures après un retour d'entre les morts psychologiques et quelques poignées d'explosions, de bastons, et de fusillades qui sont désormais autant d'ingrédients de rigueur pour toute nouvelle saison de 24 heures chrono qui démarre.

24 HEURES CHRONO SAISON 6
Avec Kiefer Sutherland, Mary Lynn Rajskub, James Morison, D.B. Woodside, Eric Baffour, Roger Cross, Peter McNicol, James Cromwell, Ricky Schroeder, Powers Booth et Regina King
Diffusion France : fin 2007/début 2008

Un démarrage explosif
Attention : Les propos qui suivent dévoilent l'intrigue de la saison précédente.


Effectivement, il sera dur de parler de cette sixième saison sans parler de cinquième, au même titre qu'on ne pouvait pas s'étendre sur cette précédente sans évoquer la quatrième. Depuis deux années maintenant, et plus que jamais, les scénaristes se donnent ici le mot d'ordre de tisser un fil conducteur infernal liant les saisons les unes avec les autres pour mieux bâtir la personnalité de plus en plus sinistre de Jack Bauer. Un héros que l'on découvre ici à bout de souffle alors qu'il conservait une forme olympique au tout début de la série. C'est vraisemblablement une évidence, masquée par des twists, des scènes d'action plus spectaculaires les unes que les autres (plus particulièrement ici, mais on en reparle plus loin) et des scénarii d'attaques terroristes en tout genres comme de conspirations tordues, 24 heures chrono est avant tout l'histoire d'un homme que rien n'épargne, cuisiné à petit feu, année après année, pour une issue qu'on imagine inéluctable. Reste à savoir "Quand" oseront-ils achever leur souffre-douleur… Pas encore dans ces quatre premiers épisodes, même si sa mise à mort lente est pourtant amorcée et décomptée comme le chronomètre servant de jingle à la série.


Pour rappel nous avions laissé ce pauvre Jack en mauvaise posture l'an passé, aux mains des forces chinoises bien destinées à se venger de la mort accidentelle de l'un de leur diplomate dans la saison 4. Magie du papier, magie de la télévision, deux années se sont écoulées entre l'histoire de la saison 5 et celle de la sixième. Deux années durant lesquelles notre boy-scout s'est enfermé dans un mutisme pour survivre aux conditions carcérales les plus insupportables et non plus donner un sens à sa vie, mais à sa mort. Comme il le clamera lui-même à plusieurs reprises, sa longue agonie retardée chez l'ennemi n'aura perdurée que pour se laisser aller une dernière fois chez lui. On peut comprendre un tel esprit patriotique après des années de loyaux services, et cette volonté de mourir sur sa mère patrie. Ce qui arrange un peu tout le monde... puisque c'est exactement ce qu'on va lui demander.


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