Le samedi promettait une journée particulièrement fatigante avec une fréquentation à son comble, les allées étant saturées d’une foule compacte mais bien décidée à profiter des nombreux stands de produits dérivés, de coffrets DVD à foison, des CDs de musiques J-Pop et des nombreuses démonstrations de jeux vidéos. Concours et autres duels sur les tapis de danse électronique, les geeks s’affrontaient sur des musiques au tempo frénétique pour décrocher la prime promise. Sans jamais désemplir, ces bornes arcades offraient aux habitués des démangeaisons de pouces leur dose habituelle de plaisir par procuration. Ce fur pour les amoureux de la bande-dessinées une journée également singulière avec près d’une dizaine d’artistes en dédicaces, des auteurs aussi divers que Moebius, Benjamin et Toshihiro Kawamoto aux auteurs de comics contemporains ; Alan Davis, Mark Farmer, Phil Wnslade et James Hodkins. Côté conférence, Takeshi Obata, Yoshiyuki Sadamoto et Munehisa Sakai, réalisateur de la série
One piece, se sont enchaînés sur l’estrade de la salle pour répondre aux questions des passionnés. Salle comble à chaque fois, ce sont dans ses moments là que l’on mesure l’immense popularité de ces auteurs de l’archipel Nippon, notoriété qui étonne même les principaux intéressés, toujours ravis de constater l’engouement du public.
Le même jour le studio ShowGate présentait d’autres animés de la firme, les titres
Blue drop, Special A et le très malsain
RIN – daughter of Mnemosyne contant l’histoire d’une jeune femme immortelle proposant ses services pour retrouver les chats perdus le jour mais qui est chaque nuit poursuivie par une tueuse à gages étrange qui prend un malin plaisir à tuer à répétitions cet être qui ne peut mourir. Sorte de jeu du chat et de la souris perpétuel, certaine séquences sont particulièrement gore telle la scène où la jeune femme se fait transpercée par des dizaines de piercings fort mal placés permettant d’accroître la douleur sans provoquer la mort. Une histoire étrange et provocatrice sur une relation sado-masochiste subie. Ce fut l’occasion de même de découvrir ou redécouvrir l’un des films incontournable de l’animation japonaise
Phénix, l’oiseau de feu d’Osamu Tezuka ou bien encore deux nouveaux longs-métrages prochainement édités par Elephant Film,
Cello, film sud-coréen réalisé par Lee Woo-cheol en 2005, et
Running wild de Kim Sung-su datant de 2006.
Le dernier jour fut l’occasion pour votre serviteur de rencontrer deux des invités de la convention, le mystique et impulsif Alejandro Jodorowsky qui ne cachait pas sa colère devant l’industrie sur-productrice du manga lors de la conférence qu’il donna avec son dessinateur François Boucq pour la sortie du nouvel opus de Bouncer, et le très calme et pensif Toshihiro Kawamoto, qui nous a permis très gentiment de revenir sur sa carrière de character-designer et de directeur d’animation, depuis ses tous débuts sur la série Lamu jusqu’aux récents Eureka 7 et Full metal alchemist. Deux entretiens que vous retrouvez bientôt dans nos pages. Côté projection, l’éditeur
Kubik vidéo présentait deux des derniers titres DVD de leur catalogue,
Tokyo Zombie et
Crying Fist tandis que
Dybex projetait
Rahxephon, le film, un titre qui sera bientôt disponible dans les bacs. Mais la grosse avant-première restera tout de même le nouveau film glauque de Barbet Schroeder venu en personne présenter son nouveau long-métrage,
Inju, avec dans les rôles titres Benoît Magimel et Lika Minamoto qui sortira le 3 septembre prochain sur les écrans français.
Un neuvième impact donc riche en évènements et en rencontres, au milieu d’une ambiance particulièrement chaleureuse, les nombreuses pancartes « free hugs » entraînant de nombreuses scènes de câlins intempestives alors que X-or veillait au grain dans sa combinaison tout de gris vêtu et que trois clones de Tom Raider prenait la pose pour révéler leurs courbes généreuses. Une convention réussie en termes d’affluence et de renommée, les journalistes s’étant déplacés en nombre conséquent contrairement aux années précédentes. La
Japan Expo est ainsi devenu une manifestation incontournable des amoureux de l’animation, du manga, du jeu vidéo ou encore du cosplay et des arts martiaux asiatiques. Avec la jonction des festivals
Kultima, Kultigame et
Azikult, la convention perd cependant l’identité purement japonaise des précédentes éditions pour s’ouvrir à une conception plus large des mondes imaginaires. En octobre prochain c’est la seconde édition du
Chibi Japan Expo, la petite sœur du
Japan Expo, qui se tiendra à Paris pendant trois jours, sorte d’édition d’hiver qui démontre encore une fois tout le succès que rencontre la culture japonaise dans notre pays, le mois d’octobre prochain étant par ailleurs l’anniversaire des cent cinquante ans des relations culturelles franco-japonaises, occasion que ne manquera pas de fêter cette convention encore toute jeune mais promise elle aussi à un bel avenir.