Breaking Bad, c'est la série du moment ! Récompensée à plusieurs reprises ( Emmy Awards en 2008 et 2009), Breaking Bad, créée par Vince Gilligan, brille par son originalité, par le talent de ses acteurs et par l'ingéniosité de ses scénarios. L'ennui n'est pas de mise et vous serez vite transportés à travers les aventures terrifiantes d'un professeur de chimie, reconverti en dealer de drogue, qui lutte pour sa survie et celle de sa famille. Bryan Cranston joue le rôle de Walter White, un personnage tout en profondeur dont nous allons étudier la psychologie.
Le personnage de Walter White est très emblématique. Il subi les conséquences d'une situation qui le dépasse mais dont il est, lui même, l'instigateur. Situation difficile à gérer... Mais revenons-en à la source.
Personne n'aimerait être dans la peau de Walter White. La solitude et la tristesse de son existence fait de lui, en apparence, un personnage ennuyeux. Même ses vêtements témoignent de la banalité de sa vie. C'est un homme ordinaire qui vit une existence ordinaire. Pour compléter le tableau, sa femme lui dicte sa vie et il doit faire face à l'handicap de son fils. C'est un homme soumis, faible. Toute sa vie n'est qu'une succession d'occasions manquées. Walter White n'est jamais devenu et ne deviendra jamais un grand chercheur, ni un grand homme. Il a la cinquantaine et sa vie est derrière lui. Triste tableau me direz-vous...
A travers ce personnage, quelque peu pathétique, la série Breaking Bad décrit la vie de la classe moyenne américaine et dresse une critique sociale de son fonctionnement avec justesse et réalisme. Walter White est le symbole de ce mal- être, de cette catégorie de personne dont le moindre élément perturbateur peut faire basculer leur existence.
I'm not a criminal
Le basculement le voici : lorsque son médecin lui annonce qu'il va bientôt mourir d'un cancer, il décide de « diversifier son activité » en vendant de la drogue grâce à l'aide de son jeune partenaire Jesse Pinkman.
Mais, au fur et à mesure des épisodes, nous découvrons un Walter White de moins en moins investit dans son rôle de père et de mari. De plus en plus violent, irresponsable et inconséquent. Il devient en un certain sens « accro », dépendant, telle à une drogue, à son nouveau rôle. Il est devenu incapable de choisir son camp. Il n'a même plus conscience du bien et du mal. « I'm not a criminal » : cette phrase, prononcée dans la troisième saison par Walter, sonne faux. Il n'a plus de notion de la réalité. Le spectateur se sent trahi. Ce n'est plus le Walter White de la classe moyenne américaine auquel il s'est identifié. Le professeur de chimie est devenu un hors la loi, un bandit, un criminel.
Exemple à l'appui : dans les premiers épisodes de la dernière saison, il tente de brûler tout l'argent qu'il a gagné grâce à la drogue. Il essaie, par ce geste, de tirer un trait sur ce qu'il est devenu. Mais il s'arrête à la dernière seconde. Même cela, il n'en est pas capable. Une chose est sure, il recommencera.
La rencontre avec Gus, propriétaire du Fast Food et dealer à ses heures, est aussi déterminante. Au début de la nouvelle saison, Gus lui propose un marché qui financièrement parlant est difficile à refuser. Bien entendu, c'est totalement illégal. Il hésite... Le simple fait de cette hésitation montre qu'il n'en a pas fini avec l'univers de la drogue et qu'il recommencera. C'est désormais en lui.

