Par Geoffrey CRETE - 01 février 2010 - 0 commentaire(s)

Depuis que les séries sont devenues une part importante dans le business audiovisuel - il n'y a qu'à voir les immenses affiches promotionnelles de Dexter, True Blood et Grey's Anatomy dans les grandes villes américaines - la France semble courir pour rattraper du terrain. Dans un pays dont les habitudes excluent les rendez-vous hebdomadaires devant le petit écran, la méthode la plus simple - artistiquement et économiquement parlant - reste encore de flairer le succès pour surfer sur la vague.

 

R.I.S Police Scientifique
La comparaison est aussi simpliste que logique. Comme Les Experts, R.I.S Police Scientifique propose chaque semaine de résoudre un crime. Mené par une équipe de policiers et scientifiques extrêmement doués, chaque épisode est une dissection d'un lieu du crime dans ses moindres détails grâce à des outils de haute technologie. Les épisodes se suivent et se ressemblent, à la manière des séries de Jerry Bruckheimer qui cartonnent follement outre-Atlantique. Chose étonnante, R.I.S Police Scientifique est une adaptation de R.I.S Delitti Imperfetti, une série italienne elle-même inspirée des Experts. Stéphane Kaminka, scénariste de la version française, précisait qu'elle était resserrée sur « des préoccupations plus françaises ».




Paris Enquêtes Criminelles

Au moins, les choses sont claires. Paris Enquêtes Criminelles est une adaptation assumée de New York Section Criminelle où une équipe de policiers essaye de penser comme le tueur pour résoudre une affaire. L'équipe est réduite dans notre version - un homme et une femme au centre - et les scénarios, directement adaptés des originaux puis adaptés à notre système judiciaire. Mis en scène avec le même souci d'efficacité, Paris Enquêtes Criminelles est une réussite, petite mais notable.

 

 

 

Section de recherches
Menée par un personnage fort, Section de recherches suit une équipe d'experts chargés des affaires les plus difficiles. Grâce à une empathie à la limite du paranormal, Martin Bernier dirige et oriente les enquêtes dans des directions précises qui rappellent la Samantha Waters de Profiler. Par son caractère et sa force, il fait également penser à la Brenda Leigh Johnson de The Closer.

 

 

 

Police District
Tout comme New York Police Blues, Police District suit le quotidien d'un commissariat, cette fois-ci en banlieue parisienne. Apre, réaliste et nerveuse, la série française dépasse la simple copie pour émerger comme une œuvre à part entière, aussi ambitieuse qu'efficace.

 

P.J
Tout comme Police District, P.J entretient de fortes ressemblances avec New-York Police Blues. Comme elles, la série s'attarde sur le quotidien d'un commissariat qui gère à la fois une réalité allant des chiens égarés aux crimes sexuels tout en ajustant la vie privée et professionnelle. Plus anecdotique que Police District.

 

 

 

Greco
De retour dans le monde réel après plusieurs semaines de coma, un policier réalise peu à peu qu'il est revenu avec le don de communiquer avec les morts. Une bénédiction qui lui permettra de rendre justice aux âmes errantes, et une malédiction qui bouleversera irrémédiablement sa vie. Ceux qui pensent déjà à Dead Zone ont vu juste. Greco est une pâle copie du - mauvais - film de Cronenberg qui avait donné naissance à une série banale il y a quelques années. Les médiums étant très à la mode - de Patricia Arquette à Jennifer Love Hewitt en passant par Enquêteur malgré lui - France 2 a tenté sa chance.

 

 

 

Le Cocon
Moins antipathique que L'hôpital, Le Cocon n'en était pas moins un écho à Grey's Anatomy qui proposait de suivre le quotidien difficile de jeunes internes dont les journées étaient rythmées par leurs rendez-vous au cocon, un lieu calme réservé à leurs confidences loin du chaos professionnel. Preuve qu'il ne suffit pas de copier pour réussir, Le Cocon est un premier échec cuisant.

 

 

 

L'hôpital
Un des exemples les plus tragiques de copie, tellement évidente et grossière qu'elle en deviendrait presque amusante. Premier épisode. Laura se prépare pour son premier jour d'internat dans un service de neurologie réputé. Amoureuse de son supérieur hiérarchique, elle devra apprendre à gérer de front sa vie privée et professionnelle. Son amie Colenne, aussi intransigeante que douée, souffre quant à elle de la notoriété de son père, brillant chirurgien. Et évidemment, l'héroïne raconte ses déceptions et ses peurs en voix-off. Il serait presque ridicule de préciser que L'hôpital est une pâle copie de Grey's Anatomy. Personnages, histoires, cadre, tout fait irrémédiablement penser à la série de Shonda Rimes.

 

 

 

Cellule identité
Là, les pistes sont brouillées. Marine Deslandes et son équipe d'experts en tout genre sont appelés pour résoudre des affaires complexes : la victime est impossible à identifier, les indices pour retrouver le coupable sont minces, la scène du crime est inhabituelle. Là encore, technologies de pointe et fortes personnalités sont de mise. Alors, où faut-il chercher les références ? Et bien justement, un peu partout. Le motif des cadavres nus sous les lumières blanches rappellent les enquêtes de Bones. Les efforts pour reconstituer les dernières heures de vie des victimes font écho à FBI Portés disparus. Et les flashbacks font immanquablement penser à Cold Case, tout comme les conclusions musicales qui ferment chaque enquête.

 

 

 

Préjudices
Décortiquer les rouages d'un système en sondant à la fois la justice et la police est une brillante idée qui fait durer New York District depuis presque deux décennies. Même topo pour Préjudices qui possède des qualités indéniables qui permettent de passer un bon moment, mais qui manque de cette profondeur qui en ferait une série marquante.

 

 

 

Sécurité intérieure
Dans l'ombre, discrètement mais violemment, la cellule de crise de sécurité intérieure gère les problèmes liés au terrorisme et autres trafics grâce à une équipe d'experts aussi doués en informatique qu'en mission sur le terrain. Toute ressemblance avec [MI :5] et accessoirement, 24 heures chrono, n'est pas vraiment un hasard. Sans atteindre l'intelligence de la série anglaise ou la nervosité hallucinante de Jack Bauer, cette jeune série inégale avait néanmoins le mérite de traiter son sujet avec la complexité qu'il nécessite. Malheureusement, après une première saison pleine d'espoir, Sécurité intérieure a été annulée.

 

Duval et Moretti
Là encore, assumer le plagiat sauve la mise. Car impossible de ne pas penser à Starsky et Hutch devant les tribulations comiques de ces deux flics simplets et diablement efficaces qui partagent leur temps entre une chef autoritaire, un indic' absurde et une voiture rouge fluo.

 

 

 

Braquo
Premier véritable succès des créations de la chaîne cryptée, la série d'Olivier Marshall - déjà comédien principal de Police District - possède une approche résolument crue et violente de la réalité du terrain qui fait écho à The Shield. Une équipe de choc créée spécialement pour gérer certains problèmes et qui se réunit dans une pièce à part du commissariat, des enjeux dramatiques forts - où sont les limites ? - et même un Joseph Malerba qui entretient des similitudes physiques avec Michael Chiklis - baraque, chauve, impressionnant. Là encore, malgré des similitudes évidentes, Braquo prend très rapidement son envol.

 

 


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