Est-ce que l'utilisation de cette technique de narration basée sur les flash-forwards était déjà présente dès le départ ? Et savez-vous si la nouvelle saison va capitaliser là dessus ou repartir de zéro ?C'était une des choses qui m'avait attiré vers le projet dès le départ. Montrer Ellen Parsons, cette jeune et talentueuse avocate. Et la première fois que vous la voyez, elle court nue dans la rue couverte de sang et l'on se demande inévitablement comment elle en est arrivée là ! Et c'est l'accroche de la série. J'ai eu récemment un dîner avec l'un des producteurs, je lui ai demandé s'il pouvait me dire ce qui allait se passer par la suite, il m'a répondu que c'était difficile, car la première saison est basée sur cette technique, et ils veulent qu'elle fasse partie de chaque saison de la série, jouer avec le temps et s’en servir pour impliquer le public. Je sais qu'ils vont aller dans le futur, et aussi dans le passé. C'est ce que j'ai entendu. Mais pour être franc, c'est un journaliste qui me l'a dit (
Rires).
Vous avez mentionné être déjà passé derrière la caméra. Est-ce que cela vous a changé en tant qu'acteur ? Tout à fait. Je pense que chaque acteur devrait avoir la possibilité de faire cela, et inversement, chaque réalisateur devrait pouvoir au moins une fois passer devant. Ce qui m'a aidé, personnellement, je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde, mais cela m'a grandement aidé à me détendre. Il y a tellement de choses que vous pouvez faire dans la salle de montage, et vous savez ce qui fonctionne. En tant qu'acteur, vous êtes au beau milieu de tout, et vous ne savez pas réellement ce que vous offrez la plupart du temps. Et parfois, vous pensez rater une scène ou une réplique, ou quelqu'un fait du bruit et vous regardez dans cette direction. Quand vous êtes dans la salle de montage, vous avez parfois besoin d'une chute pour une scène et là, vous voyez cet acteur qui regarde ailleurs et c'est fantastique. Vous ne savez jamais ce qui peut servir. Et quand vous débutez dans la profession, vous passez votre temps à vous en faire. Va-t-on faire une erreur, avoir un air débile, ou autre. Quand on réalise un épisode, tout semble bon et exploitable. De plus, je suis bien plus préparé en tant qu'acteur. Les réalisateurs ont vraiment besoin que les acteurs soient préparés, connaissent leurs dialogues et soient prêts à tourner. Avant, j'étais plutôt bon, mais aujourd'hui je suis réellement à fond, car je sais quel genre de pression ils subissent et je ne veux pas les mettre dans une position inconfortable.

Comment travaillez-vous l'équilibre entre la face sombre et la face lumineuse de votre personnage, et le fait que vous ne sachiez pas vraiment où tout cela va vous mener ? Un des points forts de la série est que personne ne se focalise sur ce qui est bien ou mal, la lumière ou les ténèbres, personne ne juge. Nous nous focalisons uniquement sur chaque scène : ce que votre personnage veut, ce que l'autre personnage veut et comment vous y arrivez. Il n'y a pas de jugement moral. Et ne pas savoir ce qui va arriver, j'aurais aussi bien pu être le tueur, impossible à savoir. Cela vous aide à ne pas juger votre rôle, est c'est une des grandes erreurs que faisaient les acteurs auparavant, ils se disaient « d'accord, c'est le méchant » ou « c'est le héros ». C'est une perte de temps, et cette série n'a pas le temps pour ces considérations. C'est très libérateur.
Propos recueillis par David Brami au 48ème Festival de Télévision de Monte Carlo