En pleine diffusion de la deuxième fournée de
Dirt sur FX, Nip/Tuck se charge de lister les effets secondaires de la starification dans une saison 5 encore sanglante. Avant que d’autres ne s’intéressent aux dérives du «
star system », revenons sur le pari Cox/Arquette, la vague «
Dirt » : saison 1.
HISTOIREDites « Public » ou « Gala » et obtenez une réaction aussi instantanée qu’épidermique : « ces magazines
people c’est vraiment d’la merde ». Pourtant, le dernier « Voici » qui trône sur la table basse de votre généraliste se volatilise à la seconde où un patient pénètre la salle d’attente. Cette irrésistible attirance, sorte de réflexe compulsif, destinée à se délecter des dernières tromperies et
rehab de la semaine est symptomatique d’une société aussi voyeuriste qu’hypocrite. Si pour certains, le comble de la honte revient à disséquer les performances de Nikos chaque vendredi soir, pour d’autres c’est feuilleter « Voici » le lundi à l’aube.
Dirt se charge de faire voler en éclat snobisme intellectuel et élitisme social d’une classe bientôt plus crasseuse que luxueuse. Hollywood n’est plus que le reflet de lui-même et
, un torchon de plus, un ramassis d’infos récoltées à grands coups de manipulations et de mensonges. Journalisme ou sensationnalisme, Lucy Spiller (Courtney Cox, Friends, Scream I, II, III) s’en balance. Le titre doit être accrocheur et le numéro vendeur. Alors Lucy dévoile, étale, éclabousse et révolte les plus hypocrites et les moins frileux. Une presse qui se consomme plus qu’elle ne se lit, des informations qui se colportent plus qu’elles ne circulent. La traque à tout prix pour une vérité cher payée. Les faits peuvent bien être manipulés une fois la foule déchaînée et la complaisance annihilée. Pas de pouvoir sans argent, pas d’argent sans pouvoir, Dirt ouvre les coulisses d’une sphère pas toujours étoilée.
Au pays de la célébrité sous vide et de la starlette en barquette, la notoriété s’obtient à grands renforts de scoops. Has been ou pas, pour figurer dans les beaux papiers de Lucy Spiller, rédactrice en chef du magazine Dirt Now, mieux vaut faire preuve de bonne volonté et rester, dans ses petits souliers. Pour squatter le haut de l’affiche, il est fortement conseillé de révéler son poids, s’il est indécent, d’évoquer sa sexualité, si elle est déviante, ou l’adresse de son chirurgien plasticien, s’il dissèque le gratin. Mais Lucy sait se montrer magnanime, épargner momentanément la vie et la carrière des plus bavards. Quelques fois, mieux vaut étouffer un scandale pour mieux le faire éclater. Moulée dans la noirceur de ses robes de soirées ou ceinturée dans la rigidité de ses tailleurs cintrés, Lucy organise son emploi du temps entre échauffourées et coups montés. La vie privée de ses concitoyens les plus pathétiques et populaires n’ont plus aucun secret pour elle et son photographe, Don Konkey (Ian Hart, Land and Freedom, Michael Collins, Harry Potter et la pierre philosophale). Entre une prise de vue et deux crises de schizophrénie, Don exécute les directives de son acolyte au doigt et à l’œil. Personnage surprenant et attachant, Don respire la douceur d’un agneau largué au beau milieu d’une meute de loups affamés. Tour à tour ange gardien, chevalier servant ou faiseur de miracle, il est le seul à pouvoir approcher la tempête en attendant que le soleil se lève.