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Buffy, la tueuse de Vampires !
SAISON 1br>Incroyable. Pour quiconque a suivi les 7 années d'aventures de Buffy, revenir aux débuts de la série est une expérience qui tient de l'hallucination. Pas encore de Dawn, pas encore d'orientation sadomaso, pas encore de Spike, du Angel à tour de bras... On se demanderait presque comment on a pu vénérer une pareille série avec un tel démarrage (pourtant, si on est devenu fan, c'est bien qu'on a commencé en découvrant cette saison !). Pas de panique, la saison 1 du Whedonverse est loin d'être un désastre, elle souffre simplement de la qualité exceptionnelle qui allait suivre, la réévaluer à la baisse.
Au départ de
Buffy, il y a un (très) mauvais film :
Buffy, tueuse de Vampire. Un nanar cosmique avec Matthew Perry (pas encore barbu, donc pas encore viril, donc pas encore sexy) et signé Josh Whedon. A la fois réalisateur et scénariste de ce truc, son avenir professionnel semblait fortement compromis tant son cocktail d'humour parodique et d'action kids ne fonctionnait jamais à l'écran, se résumant à une bande Z somnolante que même Troma ne voudrait pas dans son catalogue. Son salut, Whedon le doit à des scénarii brillants, et particulièrement celui de
Toy Story pour lequel il décroche l'Oscar. Il est temps pour lui de ressortir sa tueuse de vampires des cartons pour tenter une nouvelle approche sur petit écran. Avec un casting solide qui fera véritablement ses preuves avec le temps, il adapte son idée d'héroïne blonde tueuse de démons au petit format ce qui lui permet au final d'en tirer le meilleur en casant le plus d'idées possibles. En reprenant plus ou moins là où s'arrêtait le film (Buffy qui déménage après avoir mis le feu au gymnase), il va étendre son concept au rang de mythologie. Bien entendu, dans cette saison 1, la mythologie demeure assez sommaire. A chaque génération, il y a une Tueuse élue pour éliminer les forces des ténèbres. Une autre Tueuse prend la succession à la mort de la précédente. Elle sera guidée par un Observateur chargé de lui enseigner la lutte contre les pouvoirs des ténèbres, ce qui lui sera bien utile vu qu'elle vit à SunnyDale, ville sur laquelle se trouve la Bouche de l'Enfer qui crache des hordes de monstres.
Avec un point de départ pareil, difficile de rentrer dans le délire qui sent le ringard à des kilomètres. Sauf que, conscient des dangers qui risquent de piéger la série dans une étiquette, Whedon prend le temps d'installer ses personnages et se sert de cette première saison assez courte (12 épisodes) pour poser les fondements de la série, de sorte à familiariser les spectateurs avec le ton décalé du show. Il use en permanence d'un second degré jamais moqueur afin de surprendre sans cesse l'audience, et ce dès la séquence d'ouverture où un jeune homme entraîne une fille innocente dans la nuit avant que celle-ci qu'on pensait devenir une victime, ne se change en vampire. Ou encore dans le final de l'épisode pilote où Buffy joue sur la peur des rayons du Soleil qu'ont les vampires. Il y a un ton très particulier dans
Buffy qui se traduit par des dialogues savoureux en perpétuelle référence à la culture populaire qui entre directement dans la culture geek. Preuve en est que la bande d'amis aux noms bizarres (Buffy, Willow, Xander...) se voit vite baptiser le Scooby Gang, en référence bien sûr au dessin animé
Scooby Doo. Les héros de Buffy nous sont immédiatement sympathiques car très typés, enfermés dans un rôle cliché mais qui sera destiné à voler en éclat avec le temps. Difficile de ne pas tomber sous le charme d'une Willow coincée qui n'aspire qu'à s'endurcir. Difficile de ne pas admirer Buffy qui ressemble finalement à ce que chacun rêverait d'être au fond de lui-même. Quant à l'autorité parentale véhiculée par Giles, elle a tout de la relation idéale que chaque jeune aimerait entretenir avec le monde adulte.