Par Mérovingien - publié le 03 août 2005 à 12h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h33 - 0 commentaire(s)
On pourra également parler de quête d'identité chez Spike qui développe des sentiments humains et s'interroge sur son appartenance au Mal, chez Giles qui retrouve son rôle d'Observateur ou bien Anya qui commence à comprendre ce que signifie ‘’être’’ humain (c'est une ancienne démone). L'identité est d'ailleurs au cœur d'un looner où Xander se retrouve divisé en deux Xander qui ne sont en fait que les deux facettes d'un même individu. Mais tous les personnages gravitant autour de Buffy restent tout de même un peu en retrait, poursuivant leur évolution déjà largement amorcée l'année passée, telle Willow qui affirme sa liaison avec Tara et prenant de plus en plus de pouvoir. En retrait ne signifiant pas pour autant qu'ils jouent les utilités, bien au contraire. D'une certaine manière, ils renforcent le thème pré dominant de toute la saison, à savoir la Famille. En effet, alors que la saison 4 s'était amusée à diviser le Scooby Gang, la saison 5 les réunit en offrant une redéfinition passionnante de la famille de cœur (compte tenu de l'absence quasi totale de figures parentales, les héros de Buffy ont toujours formé une famille qui leur est propre). Ainsi, Tara et Anya font désormais partie intégrante du groupe et même Spike rejoint les rangs à plusieurs reprises. Ainsi, lors de l'anniversaire de Tara, Buffy la défendra face à ses parents en déclarant qu'elle fait partie de la famille. Quant à Dawn, passé son rôle d'élément mythologique, elle se révèle être une brillante illustration de l'adoption douloureuse, se sentant prisonnière d'une famille qui n'est pas la sienne (la scène où elle s'entaille avec un couteau est terrible). Les relations que les deux sœurs entretiendront seront l'occasion de scènes toujours très subtiles, l'acceptation de l'autre passant avant tout par la compréhension, ce qui sera justement le point faible de Glory qui n'accepte pas son ‘’frère’’ de corps. L'une veut tuer les gens, l'autre souhaite les sauver.
Mais c'est véritablement Buffy qui est au centre de la plus grande évolution familiale. Débutant la saison en étant pleine d'assurance avec des relations familiales, amoureuses et amicales parfaites, elle sera pourtant obligée de quitter sa place douillette à la mort de sa mère et de développer un instinct maternel en devenant plus distante dans le seul but de cacher ses failles à sa petite sœur dont elle a désormais toute la responsabilité. Buffy devient adulte et se heurte à la réalité du monde tout simplement, comme en attestera le chef d'œuvre de la saison, The Body (un des 3 must de la série) où elle découvre le corps de sa mère, dans un summum d'émotions et de réalisme (pas une note de musique, plans séquences, quasiment pas de scène de fantastique pur, le voile pudique jeté sur l'horreur du dernier plan... Définitivement éprouvant !) ou encore la mise de côté des scène de fac (les études ne semblent plus avoir d'importance cette année).



Cette affection pour sa sœur sera en quelque sorte le salut de Buffy. Sa nature de Tueuse ne l'empoisonnera pas de l'intérieur car elle est capable d'amour. Ce qui nous conduit au dernier thème de la saison 5, à savoir les liens fragiles qui font glisser les individus de l'amour vers... la mort. Il y a bien sûr le suicide final de la Tueuse mais aussi toutes les intrigues principales de la saison qui ne cesseront d'aborder les choses de l'Amour. Une ambition affichée dès les titres des épisodes qui en version originale sont Family, Foof for love, I Was Made to Love You, Forever ou encore Crush. Tout un programme. L'amour et la mort sont étroitement liés ne serait-ce que dans le look de la série, aux teintes roses/rouges renvoyant au cœur de l'amour comme au sang.
Ainsi, c'est en comprenant que Buffy ne l'aime pas que Riley tente de se rapprocher de la nature monstrueuse de la Tueuse en se faisant mordre par des vampires. Ce qui conduira à une rupture douloureuse. L'amour peut rendre fou et ce sera sur le même créneau que va embrayer Willow lorsque Glory rendra Tara complètement folle. L'apprenti sorcière va déchaîner une immense colère contre son ennemi, quitte à user pour la première fois de magie noire, passant un cap crucial qui ne sera pas sans répercussion sur la sublime saison 6. Enfin, comment ne pas citer Spike qui, en se découvrant une attirance pour la Tueuse, déviera toujours plus du vampire vers l'homme, épaulant et aidant celle qui ne l'aime pas dans le seul but d'être prêt d'elle ?
Finissons cette longue analyse en évoquant le cas de Xander et Anya, pour qui l'amour donne des ailes, les deux tourtereaux finissant par emménager ensemble et à songer au mariage (formant par la même occasion... une famille (bravo pour les deux qui suivent et qui sont arrivés au bout de ce texte !)

La saison 5 de Buffy renoue donc avec une grande qualité d'écriture qui faisait un peu défaut depuis la saison 2, marque par la maturité et la profondeur de ses thèmes (annonçant déjà la dantesque saison 6). La mythologie s'enrichit toujours plus, et le show parvient une nouvelle fois à se renouveler, ce qui, après une telle longévité n'était pas évident.

NOTE : 8/10


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