SAISON 5La saison 4 avait profondément agacé la majorité des fans de la série qui ne se retrouvaient plus dans l'évolution (pourtant pertinente) de leurs héros. Les spectateurs de
Buffy étant en partie des jeunes, voir le Scooby Gang aller vers l'âge adulte ne pouvait que leur être pénible, d'où la solution miracle trouvée par Josh Whedon (et prévue de longue date) : introduire un parent caché, en l'occurrence Dawn, collégienne tête à claque permettant de conserver en partie le cœur de cible de la série.
Pour une prise de risque, c'en est une grande ! La ficelle du membre familial qui débarque par hasard est souvent une facilité scénaristique pour relancer une série. Mais dans le cas d'une série comme
Buffy, le terme ‘’facilité’’ est prohibé et préfère être remplacé par les mots ‘’surprise’’ et ’’originalité’’. Dawn n'arrive nullement avec ses gros sabots. Sa première apparition, à la fin du 5.01 se fait naturellement, comme si elle avait toujours été là (‘’Buffy, occupe-toi de ta sœur !’’). D'ailleurs, tout le monde fait comme si elle faisait partie de leur vie depuis longtemps. Il y a quelque chose de louche là-dedans. Et pour cause, Dawn (au nom qui n'a rien d'innocent, comme tous les personnages de la galaxie
Buffy) est la Clef, à savoir une énergie cosmique que des moines ont transformé en humaine afin qu'elle ne soit jamais trouvée par Glory, puissante déesse qui rêve de détruire le monde en entrechoquant les dimensions de l'univers. Dawn se retrouve donc au cœur même de la mythologie de la saison 5, devenant l'enjeu essentiel. La découverte par les membres du groupe de la vraie nature de Dawn, la traque incessante par la Big Bad déjantée et le dénouement fera partie des grands moments de la saison. La série s'engageait dans une voie casse-gueule, elle a su en tirer admirablement parti pour relancer le show. Il faut dire que la mythologie de cette année fut de très haut niveau, jusqu'à éclipser presque tous les looners. La déesse Glory et l'intrigue parallèle des moines et chevaliers ont permis de revenir à une dimension puissamment religieuse dans la série, après le délire sur l'armée de la saison 4. Le simple nom de Glory à un caractère biblique qui lui fait rejoindre les rangs fournis de Buffy aux côtés d'Angel (l'ange), de Faith (la foi) et Adam.
Glory s'impose comme une grande méchante pour une raison très simple. Bien sûr, elle est très belle et très forte, opérant une montée en puissance au fur et à mesure des épisodes, rompant avec la structure habituelle des saisons Mini Bad suivis du Big Bad (Md Walsh puis Adam dans la saison 4, Spike/Drusilla puis Angelus dans la saison 2, Mr Trick puis le Maire dans la saison 3). Mais ce qui l'instaure très vite comme un être passionnant, ce sont les connections qu'elle opère avec la Tueuse. A elle seule, elle synthétise les thèmes de la saison 5, devenant une sorte d'alter ego de Buffy. Mais justement, quels sont les thèmes principaux de cette année ?
Un des axes majeurs pourrait être la quête d'identité, contenue tout entière dans le simple personnage de Dawn, jeune fille qui se demande qu'elle est son rôle et s'elle est peut être un individu à part entière et non une simple entité matérielle. Mais l'identité, c'est aussi la quête de Buffy qui prend de plus en plus conscience de son travail de Tueuse et de ce qu'elle est. Un thème déjà annoncé par la réplique de fin du Cauchemar clôturant la saison 4. ‘’Tu crois savoir ce qui vient vers toi, ce que tu es... tu commences à peine’’. Dès sa rencontre avec Dracula, Buffy comprend que l'essence de la Tueuse se trouve dans la noirceur qui l'habite. Sa nouvelle rencontre avec la Première Tueuse lui donnera les clefs de sa mission : elle n'a pas d'autres solutions que de mourir pour sauver le monde, ce qui aboutira à une scène finale de toute beauté où Buffy se suicide pour sauver Dawn Un final apocalyptique qui est aussi le 100ème épisode de la série ainsi que le dernier épisode diffusé sur la WB. Un épisode qui aurait fait une conclusion idéale si la série n'avait pas joué les prolongations. Un dénouement logique en somme, concluant une quête d'identité pour une héroïne qui, comme le dira la réplique finale du pré-générique, n' ‘’est qu'une fille’’, et qui mènera sa mission jusqu'au bout.
On précisera que chez Gloria, la quête d'identité passe par son corps qu'elle partage avec Ben et par le développement progressif de sentiments qui la font se remettre en question.