Par Jimmy Gouyet - publié le 16 novembre 2007 à 01h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 10h21 - 0 commentaire(s)
Saisons

Saison 1

La première saison s’articule autour de deux évènements qui vont bouleverser la vie des protagonistes de la série : la paralysie de Jason Street, quaterback vedette des Dillon Panthers va entraîner sur le devant de la scène son remplaçant, Matt Saracen. Timide et peu sûr de lui, il va devoir mener son équipe à la victoire malgré ses doutes et le peu de crédit qu’on lui attribue. Ces deux évènements impromptus vont alors changer leur vie et celles de leurs proches. Les premiers épisodes sont probablement les plus faibles. La réalisation caméra à l’épaule n’est pas encore pleinement maîtrisée et donne parfois un résultat instable. Les intrigues lorgnent du côté des clichés (Lyla comprend que son avenir est brisé suite à l’accident de son petit ami. Elle couche alors avec le meilleur ami de ce dernier pour oublier son chagrin). Toutefois le potentiel est là et pousse le téléspectateur à dépasser ses premières impressions.


Car oui la suite est en tout point meilleure. L’aspect inachevé de la réalisation disparaît laissant place à une plus grande maîtrise de la caméra (moins de mouvements inutiles notamment). La série se regarde ainsi avec plus de facilité. Les personnages aux premiers abords prévisibles et sans consistance (Riggins l’alcoolique rebelle au père absent ; Smash le macho sûr de lui) vont se révéler être les plus profonds et les plus complexes de la série. D’abord à l’écart, Riggins va devoir côtoyer l’hilarant Landry. Ce dernier s’improvise prof de littérature à la demande de la conseillère Tami Taylor… Il devra l’aider à faire ses devoirs par lui-même et non par les cheerleaders du lycée. La confrontation de ces deux personnalités diamétralement opposées amène le personnage de Riggins à s’affranchir des cases dans lesquelles il a pu se mettre et à prendre une nouvelle dimension. Plus drôle, plus légère, moins torturée.

Smash fait aussi partie de ces personnages qui s’affirmeront tout au long de ces 22 épisodes. Confronté au racisme (Black eyes & broken hearts), flirtant avec une jeune fille brillante, mais bipolaire, avide de réussite pour lui et sa famille, le jeune homme gagne en épaisseur et en sympathie. Cette première saison joue ainsi autour du thème des apparences. Elles s’avèrent le plus souvent infondées car on ne connaît jamais vraiment une personne si on ne cherche pas à gratter le vernis trompeur qui l’entoure. Parfois même, ce sont les personnes les plus différentes en apparence qui sont le plus proches. C’est le cas de Lyla et Tyra. Au départ la première est très populaire et se voit un avenir radieux aux côtés de son petit ami quaterbak. La seconde est beaucoup plus à l’écart : vivant avec sa mère célibataire et sa sœur strip-teaseuse, elle veut à tout prix partir de sa ville natale et ne dépendre de personne, notamment des hommes qui l’ont toujours trompée (Tim et son père). Cette image des hommes atteindra d’ailleurs son point culminant lors du vingtième épisode Mud Bowl, où Tyra subit une agression qu’elle souhaitera taire. Aux premiers abords, ces deux jeunes femmes ne se ressemblent pas. Et pourtant Lyla va évoluer au cours de la saison et passer de la petite fille riche et gâtée à la femme bafouée par les hommes (Jason va la tromper à son tour et ils vont rompre ; sa mère divorcera de son volage de mari). Ces épreuves transforment la jeune femme qui en fin de saison se rapproche de sa pire ennemie. Les scénaristes savent pertinemment où ils veulent nous amener. Chaque action, chaque personnage a son rôle à jouer dans l’évolution des autres (Landry avec Tyra ; Tyra qui deviendra amie avec Julie, la fille du coach).


La première saison s’apparente donc à une immense fresque humaine peinte par Peter Berg et ses collaborateurs. Ils n’ont pas voulu émettre de jugement en esquissant les destins de ces quelques personnes, au contraire, ils ont voulu montrer que l’on est pas toujours ce qu’on paraît être ou devrait être. En se battant et en essayant de survivre, certains peuvent s’en sortir. D’autres n’auront pas cette chance, c’est comme ça, c’est la vie.


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