Saison 4Cette 4ème saison est reconnue par de nombreux fans comme la meilleure de la saison. Difficile de le nier. En effet, après 3 années, la série continue à surprendre et sait éviter la redondance.

L’arc scénaristique le plus prenant l’année dernière (conséquences de l’enlèvement de Scully) est encore plus étoffé ici. Et la réponse est cinglante : Scully est atteinte du cancer. Lorsque la mythologie se montre simple et sans fioritures, elle excelle. Le voyage que va traverser Scully (interprétation sans failles de Gillian Anderson) donne lieu à l’épisode le plus émouvant de la série : Journal de mort. Cet épisode prouve que la série sait nous offrir des envolées lyriques d’une force inouïe. Autre épisode atypique :
L’homme à la cigarette. Le personnage du même nom avait pris une importance décisive dans les 2ème et 3ème saisons. Et là la série revisite carrément tous les évènements historiques de la 2nde partie du 20ème siècle (assassinant de Kennedy, fin de la guerre froide…) selon le point de vue de ce personnage. Quand la petite histoire rencontre la grande cela donne un épisode magistral. La mythologie
X-Files brille de mille feux lorsqu’elle approfondit ses personnages. Les autres histoires mythologiques plus classiques intègrent une fois encore une foule de nouveaux éléments (les abeilles, l’Etat utiliserait une technologie extraterrestre…) sans apporter plus de réponses et embourbent la mythologie dans une douce confusion. Les auteurs favorisent les scènes spectaculaires et autres effets d’esbroufe pour masquer les carences d’une histoire qui commence sérieusement à tourner en rond. Le double épisode
Tungunska, foisonnant d’incohérences et difficilement compréhensible, est caractéristique d’une mythologie qui part à vau l’eau. Lucide sur leurs erreurs, les scénaristes achèvent la saison de manière surprenante et remettent en cause les fondements mêmes de la mythologie : tout cela ne serait qu’une mystification et Mulder aurait été floué depuis le début de la série ! Ce choix narratif intrigant laisse espérer un nouveau départ salvateur pour la mythologie. Réponse à nos attentes dans la saison 5.

Encore une fois, les stand alones tirent leur épingle du jeu. Petits bijoux de comédie (
La Queue du diable) ou d’horreur (les sanglants
La Meute et
Sanguinarium), ces épisodes constituent tous de véritables petites perles. Qu’on se le dise
X-Files sait raconter des histoires ! Rarement, une série n’avait aussi bien réussi à varier les genres avec une telle réussite. En plus, la qualité artistique et technique de la série force toujours autant au respect, avec des effets spéciaux qui ne cessent de se perfectionner. Quelques épisodes inévitablement plus faibles sont de la partie :
Teliko, qui réexplore maladroitement les légendes africaines, et
Aux frontières du jamais, variation longuette sur les voyages dans le temps. Les serial killers donnent lieu aux épisodes les plus insoutenables de la saison :
Les Hurleurs, où Scully est sérieusement mise en danger, et
Cœurs de tissu, loner palpitant rattaché à la quête de Mulder pour trouver sa sœur. Scully prend aussi la vedette d’un superbe épisode
Plus Jamais qui fait écho à la solitude et aux doutes du personnage. La série revisite aussi avec malice un grand classique du cinéma fantastique : l’homme invisible dans l’épisode éponyme. Ainsi, les scénaristes repoussent sans cesse leur limite pour le plus grand plaisir du spectateur.

Globalement, cette quatrième année est un vrai régal : même si la mythologie s’opacifie dangereusement au risque de paraître creuse, elle offre des moments inoubliables tour à tour poignants et spectaculaires. Qu’importe la boisson pourvu qu’on ait l’ivresse ! Les loners n’ont eux jamais été aussi bon.