Le plus impressionnant dans
X-Files c’est l'emballage du show : le soin apporté aux effets spéciaux, la variété des extérieurs, la musique envoûtante de Mark Snow, la qualité exceptionnelle de l’interprétation… La série a transcendé les standards télévisuels et a donné à la télévision ses lettres de noblesse artistique. S’appuyant sur les meilleurs techniciens, Chris Carter, créateur et producteur exécutif de la série, a relevé la barre du format télévisuel pour atteindre ce qui se fait de mieux dans le cinéma fantastique.
X-Files doit une grande partie de son succès à cette symbiose technique et artistique (à se damner à partir de la 5ème saison), inégalée à ce jour. Une telle perfection artistique que la série apparaît vraiment comme une vraie gourmandise visuelle pour le spectateur.
X-Files a donné une véritable claque à tous les détracteurs du petit écran. Non la télévision n’est pas le parent pauvre du 7ème art, loin de là.

Contrairement à Patrick McGoohan ou plus récemment Joss Whedon ayant la totale maîtrise de leur mythologie respective, celle des X-Files se révèle vite poussive : soulevant sans cesse de nouvelles questions et apportant de moins en moins de réponses. Là où les illustres créateurs de séries susnommés avaient su s'affranchir des contraintes inhérentes au format télévisuel, offrant à leur audience un début, un milieu et une fin, la mythologie des X-Files semble évoluer au gré de ses reconductions successives et des désirs momentanés de ses acteurs. Manifestement, Chris Carter ne sait pas lui-même dans quels horizons il souhaite emmener la série. On se souvient notamment que l'enlèvement de Scully a été créé pour pallier l'absence de l'actrice alors au terme de sa grossesse. Difficile de savoir si Joss Whedon distribuait des contraceptifs sur son plateau pour éviter ce genre d'incidents mais lancer un évènement majeur dont les répercussions s'étaleront sur toute la série pour une simple grossesse est symptomatique des errements de la mythologie.
Ainsi, la mythologie est mal construite et souvent incohérente ; tentant parfois de relever désespérément la tête avec des acrobaties scénaristiques laborieuses. Ce ne sont pas les maximes creuses de la série (« La vérité est ailleurs », « Ne faites confiance à personne ») qui nous laisseront penser le contraire. On ne peut que le regretter surtout qu’abordés isolément ces épisodes sont en général réussis. Les meilleurs épisodes de la mythologie seront souvent les plus explosifs et survitaminés, quand la forme primera sur le fond. A partir de la 6ème saison, la trame de la mythologie sera épurée et d'autant plus compréhensible. L'épisode final de la série reprendra d'ailleurs astucieusement tout les éléments accumulés lors des 9 saisons faisant apparaître entre eux un lien difficilement contestable.