Cinq années séparent désormais la série
Dr House de ses débuts. Cinq saisons de surprises, d’émotions et surtout d’insupportable docteur aux décisions démentes, aussi génial et paradoxalement attachant qu’adorablement cinglé. On ne saluera d’ailleurs jamais assez la performance de son interprète
Hugh Laurie, sept fois couronné pour le rôle, dont deux fois aux Golden Globes dans la catégorie meilleur acteur. Pourtant Anglais d’origine (il fut un ancien régulier sur
La Vipère Noire avec Rowan ‘Mr Bean’ Atkinson avant d’avoir son propre show en binôme avec Stephen Fry),
Hugh Laurie a gagné le cœur des Américains. C’est bien simple, son personnage, sorte de
Sherlock Holmes des hôpitaux réputé dans le monde entier pour diagnostiquer des maux dont personne n’arrive à trouver la cause, possède un véritable et massif parterre de fans, prêts à le suivre où qu’il aille. Une célébrité que les chamboulements de programmation n’arrivent pas à ébrécher, et qui, comme il se doit, fait un joli tremplin à la série qui sera diffusée dans son sillage (cette année, le Fringe de JJ Abrams, aux audiences pourtant vacillantes avant l’aide du Doc). C’est bien simple, la série est tellement populaire que la Fox n’a pas hésité à lui assurer une place sur ses ondes jusqu'à sa septième année.
[Attention, Spoilers sur la cinquième saison. La quatrième étant diffusée à partir de mercredi sur TF1, nous vous laissons juges de continuer ou non la lecture]Revenue le 16 Septembre dernier, on aurait pu croire cette saison une nouvelle fois marquée par le changement. Wilson (Robert Sean Leonard), meilleur ami du Doc et pierre angulaire de la série, avait initialement quitté l’hôpital de Princeton-Plainsboro puisque ne supportant plus la vue d’un ancien camarade à qui il impute en partie la mort de sa bien-aimée. Mais on ne change pas une équipe qui gagne et il ne fallut pas plus de cinq épisodes avant que l’ancienne dynamique ne refasse surface. Après la disparition éclair d’un personnage de détective privé initialement prévu pour servir de base à un spin-off de la série (la Fox lui a préféré le Lie to Me de Samuel Baum, mettant en scène un docteur aux similarités plus que nombreuses campé par Tim Roth), le show était donc reparti comme en 40 et House a pu reprendre en toute quiétude son passe-temps préféré : interférer dans la vie des autres et leur chercher des poux dans la tête.

Comme à leur habitude, le créateur de la série David Shore et son équipe ont ainsi agité la promesse du bouleversement afin de mieux prouver l’efficacité de leur concept indétrônable : soumettre au docteur et à ses proches des cas permettant de dévoiler leurs faiblesses, leurs failles et leurs éventuelles contradictions. Et dans une série où l’émotion et les mises à nue sont aussi puissantes que légion, le show n’a pas manqué de nous offrir une nouvelle fois de beaux et grands moments. Ses deux assistants masculins ont ainsi fait les frais de l’exercice, le docteur Taub (Peter Jacobson) voyant son couple doucement partir à la dérive, tandis que Kutner (Kal Penn) se verra confronté à d’anciens choix et forcé de faire la paix avec son passé. Et ce n’est là que le début. La série prendra en effet une toute autre dimension en se penchant sur le cas de ‘Thirteen’ Hadley (Olivia Wilde), la doctoresse complétant le trio de nouveaux assistants savamment sélectionnés la saison précédente…