Bien évidement, le film aura l’intelligence de plonger dans le passé de l’amiral, exposant certains faits traumatisants de son enfance lors de la première guerre qui la menèrent à toujours être sur le qui-vive et à vivre dans un constant état d’alerte guerrier. Une armure derrière laquelle percera bien sûr une certaine humanité en temps de paix, mais qui de raidira instantanément lors de l’attaque, celle-ci fonctionnant dés lors comme une bête guerrière dénuée de tout état d’âme (elle ira même jusqu’à tuer d’une balle dans la tête son second quand celui-ci refusera d’obéir à un ordre, alors que les deux êtres étaient copains comme cochons avant l’attaque).


Une position qui la mènera bien évidement à sa perte. Mais au-delà de cette introspection dans les racines de l’épopée du Pegasus, avec à la clé un nouvel éclairage impressionnant sur l’attaque de Caprica et de ses colonies illustré par des plans d’effets spéciaux qui s’imposent comme une vision brulante de l’enfer spatial, le métrage va bien évidement développer sa propre histoire. Ainsi, à la mort de l’amiral Cain, Apollo prendra donc les rênes du Pegasus et choisira de nommer Kendra, jusqu’ici officier « exemplaire » rapidement promue sous Cain mais rapidement reléguée à des taches ingrates pour insubordination à la mort de celle-ci. Tout d’abord centré sur l’évolution de Kendra au sein du Pegasus, entre arrivée mouvementée et expériences traumatisantes (le massacre de civils sous l’ordre de Cain, suivant toujours sa logique de « survie militaire »), le métrage va ensuite mettre en présence l’équipage du Galactica avec un vaisseau issu de la première guerre Cylon, pilote par un cyborg première génération. Un modèle obsolète chez l’ennemi qui va occasionner bien des questionnements et mener l’équipage à la découverte d’un ancien vaisseau mère. Abritant les restes de l’évolution Cylon (on retrouve d’ailleurs le design des tout premiers Cylons de la série originale ainsi que leurs chasseurs en forme de soucoupe), le vaisseau porte également en son sein un être hybride dont les révélations vont à nouveau, comme si le final de la saison 3 ne suffisait pas, instaurer le doute sur les origines et les intentions de Starbuck.


Réalisé par Felix Enriquez Alcalà, déjà responsable des épisodes Exodus 1 et 2, mais également de nombreux épisodes d’autres séries (Blade, The Shield, Urgences, Threshold, The Unit, ...), le long métrage (ou double épisode, suivant que l’on se réfère à la sortie Dvd ou à la diffusion sur Sci-Fi) a donc été diffusé le 24 Novembre dernier et commercialisé dans la foulée dans une édition comprenant le montage télévisuel ainsi qu’une version intégrant la mini-série, appelée Unrated, et d’un tripotée de bonus. Revisitant les origines de la série (avec d’intelligents clins d’œil à la licence originale),
Battlestar Galactica : Razor permet donc de retrouver nos personnages préférés tout en approfondissant la mythologie de la série et en préparant les futurs éléments de l’ultime saison dans une digression loin d’être inutile et vaine. Psychologies au scalpel, scènes d’action aux petits oignons, évolution de bases, tout y est. Idéal en attendant le 4 avril prochain, donc, alors que sera diffusé le 28 mars prochain un épisode récapitulatif de la série (Battlestar Galactica : Revisited) ainsi qu’un documentaire sur le phénomène mêlant interviews de fans et de journalistes.