Il arrive de temps à autre que plusieurs projets ayant des sujets similaires arrivent simultanément à la portée du public. Et ce ne sont pas toujours les programmes les plus prometteurs qui ont le plus de chance. Ainsi, si elle ne fera pas nécessairement sauter les foules au plafond plus que son estimée homologue
Virtuality (qui possédait toutes les qualités requises pour passionner les amateurs de science fiction et nous exciter au plus haut point), la coproduction internationale Defying Gravity a, de son côté, eu droit à une commande de 13 épisodes. 13 épisodes dont la diffusion a débuté le week-end dernier sur ABC aux États-Unis, et qui semblent déjà avoir atteint une vitesse de croisière molle et poussive. Malgré tout, difficile de ne pas ressentir une certaine fascination (malsaine ?) après avoir difficilement digéré les premières minutes de la chose, tant l'improbable mélange des genres proposé ici provoque une indigestion quasi instantanée.
2042. Suivant les ordres de ses supérieurs contre son gré et sa conscience, l’astronaute et pilote Maddux Donner (Ron Livingston, Frères d’Armes,
Standoff) abandonne deux de ses collègues sur Mars afin de compléter sa mission. Dix ans plus tard, et trainant toujours une mauvaise réputation, il est aujourd’hui chargé de sélectionner 8 astronautes destinés à participer à une mission de six ans autour du système solaire. A la fin de l’entrainement, ces huit hommes et femmes (4 et 4) voient néanmoins leurs plans contrariés in extrémis quand deux d'entre eux présentent d’un coup des anomalies cardiovasculaires qui pourraient mettre en péril la dite-mission. Au pied levé, Maddux va alors rejoindre ce nouvel équipage avec qui il entretient un passif complexe. Une force encore inconnue a-t-elle tout fait pour arranger ce voyage ? Dans quel but ? Quelle est la véritable finalité de ce voyage ?
Parmi les bons points, Defying Gravity a pour elle d'être servie par une production design efficace qui a sans doute englouti une bonne partie du budget du show. Effet spéciaux réalisés par la boite responsable de ceux des séries
Stargate, décors colorés, réalistes et fonctionnels, et enfin un design de vaisseau spatial inspiré des modèles Icarus du
Sunshine de Danny Boyle. On y croit presque.
Qui plus est la distribution permettra aux aficionados de retrouver quelques têtes connues et appréciées. Aux côtés de Ron Livingston, Laura Harris (Dead Like Me), Christina Cox (Blood Ties), Paula Garcés (The Shield), Ty Olsson (Battlestar Galactica), Malik Yoba (New York Undercover), Andrew Airlie (
Saved,
Le Diable et Moi), Eyall Podell (
24 Heures Chrono), Maxim Roy (
ReGenesis) se chargent de donner corps à l'aventure. Que du beau monde !
Mais il ne suffit pas d'avoir de beaux atours pour se rendre intéressante : l'originalité et la rigueur sont des composantes essentielles quand il s'agit de s'aventurer dans un genre aussi codifié que celui de la science-fiction, et malheureusement, Defying Gravity fait plutôt office de patchwork général en mangeant à tous les râteliers, même les plus improbables.