En plein centre ville, un serbe énervé ayant pris une passante en otage est entouré par une équipe d’intervention spécialisée qui essaye de désamorcer la situation. En charge de l’opération, le sergent Gregory Parker tente avec les moyens mis a sa disposition de calmer le forcené, mais la tâche est rendue difficile par l’impossibilité du monsieur, Serbe, de comprendre la langue de Shakespeare, et le fait d’agiter son Luger dans tous les sens n’arrange pas la situation. Deux heures plus tôt, Ed Lane, un agent de cette force d’intervention, parlemente avec sa femme pour partir à la fête de retraite d’un de ses collègues plutôt que d’aller à l’anniversaire de son beau père. Une décision qu’il risque de regretter plus tard.

En anglais, le terme « Flashpoint » désigne la température la plus basse à laquelle un élément peut prendre feu. Ici, le titre fait référence à une part bien particulière du travail de l’équipe d’intervention tout terrain SRU (ou Strategic Response Unit, inspirée par celle de la ville de Toronto au Canada), qui consiste à raisonner les parties belliqueuses afin de retrouver l’élément qui les a embrasées et poussées à la violence. Présentée d’emblée comme un gros show d’action avec ses filtres verts et son équipe d’intervention musclée,
Flashpoint est une nouvelle série produite au Canada et rapidement achetée par la CBS pour en faire une de ses séries de cet été (la série est d’ailleurs la première à avoir le privilège d’être diffusée le même soir aux US et au canada depuis
Un Tandem de Choc). Mais à la vue du pilote, on se demande si finalement, il n’y a pas tromperie sur la marchandise.

Ainsi, le premier épisode de la série s’engage sur le terrain des séries d’intervention mettant en scène une équipe d’élite prête à intervenir jour et nuit sur des cas aussi divers que la prise d’otage, le désamorçage de bombes ou encore l’interpellation de gangs divers. Sur le ton du blockbuster des familles, on retrouve donc après la séquence d’introduction choc, les amitiés de collègues de travail prompts à la blague légère et à la bonne humeur. Rien de salace cependant, tout se déroule comme si on se trouvait dans une série familiale tous publics. Parallèlement, le spectateur est amené à suivre le parcours du futur forcené qui se dirige inévitablement vers le lieu de travail d’une ex-femme avec qu’il tente de récupérer avant de commettre l’irréparable. Et dans la panique, on retrouve alors l’escalade qui mène à la situation susmentionnée. Loin d’être dynamique malgré les évènements (les membres du SWAT se mettent doucement en place, la caméra est posée et pratique des travellings circulaires à la grue, paramétrés et fluides, même lorsque le preneur d’otage hurle de tout son soul des revendications incompréhensibles puisque non traduites), l’épisode opère un virage à 180 degrés lorsque le sniper exécute l’ordre d’abattre le forcené.