Par David Brami - publié le 14 avril 2008 à 07h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h13 - 0 commentaire(s)
Je suis Garth Marenghi : Auteur, tisseur de rêves, visionnaire. Et aussi acteur. Vous êtes sur le point d’entrer dans le monde de mon imagination. Vous entrez dans mon endroit sombre.


On peut toujours faire confiance aux anglais pour être à l’origine des séries TV les plus délirantes et les plus barrées. Forcément, quand les icônes qui vous suivent depuis l’enfance se nomment les Monty Python et Doctor Who et qu’une réelle culture décalée de l’humour et du fantastique vous imprègne, on sent déjà qu’on est à bonne école. C’est sans doute ce qui est arrivé à Matthew Holness et Richard Ayoade, deux anciens membres du club de comédie le Cambridge Footlights (qui a vu passer une partie des Monty Python et des célébrités telles que Stephen Fry (V pour Vendetta) et Hugh Laurie (le fameux Dr House), alors qu’ils créèrent en 2000 le personnage de Garth Marenghi, un écrivain horrifique cristallisant tous les clichés possibles et imaginables du genre. Imbu de lui-même, se comparant souvent à Shakespeare ou Jésus, Garth Marenghi a fait ses premières apparitions publiques dans deux pièces le mettant en scène (Garth Marenghi’s Fright Night et Garth Marenghi’s Netherhead) et déclare à qui veut l’entendre qu’il a écrit plus de livres qu’il n’en a lu et a quitté l’école à 8 ans (« j’ai su à ce moment que mon apprentissage était achevé »).


Forts du succès du personnage, les deux amis, accompagnés des acteurs Alice Lowe (Hot Fuzz, qui avait déjà participé aux digressions du duo sur les planches) et Matt Berry (The Mighty Boosh) écrivent et réalisent en 2004 une parodie télévisuelle intitulée Garth Marenghi’s Darkplace. Introduite par le fameux Garth qui apparaît toujours à la caméra en lisant un passage (outrageusement nul) tiré d’une de ses nombreuses œuvres aux titres à l’imagination absente (Le Coupeur 1 à 4, Le Trancheur, L’Après-Naissance, Dents Noires…), la série est décrite comme ayant été produite au début des années 80 mais relayée au ban des projets refusés d’antenne car beaucoup trop avant-gardiste, violente et innovante pour l’époque. Et alors que la chaîne anglaise Channel 4 n’a plus rien à diffuser, elle fait aujourd’hui appel à Garth pour présenter à nouveau ce chef d’œuvre. Après cette petite introduction rituelle où l’auteur ne perdra jamais une seconde afin de s’auto promouvoir et de vanter son génie, le spectateur découvre un générique bricolé avec un écran bleu, deux ficelles et des monstres en papier mâché, le tout accompagné d’une musique mal agencée, mal écrite et surtout reprenant tous les clichés possibles (intro à l’orgue, passage émotionnel au piano lors de l’apparition de la partie féminine du cast et fin pétrie de chants gutturaux gueulant sans rythme le nom de la série) annonçant déjà la catastrophe qui va suivre.




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