William Banks a sauvé 257 personnes d’addiction à la drogue, au sexe ou au jeu.
Il n’est pas un policier. Il n’est pas un super-héros.
Il est juste un homme avec une vocation.
Ceci est son histoire.
Inspirée d’une histoire vraie (celle de Warren Boyd, célèbre pour ses interventions auprès de personnalités comme Britney Spears, Mel Gibson ou Whitney Houston), la première série originale produite par le Network américain A&E depuis six ans pose immédiatement son ton avec cette introduction. The Cleaner s’inscrit rapidement dans cette nouvelle tradition de séries dramatiques à vocation réaliste, et choisi comme personnage principal un homme presque ordinaire dont la vie est définie par sa propension à aider son prochain. Sorte d’assistant social indépendant, William Banks (Benjamin Bratt, New york District, D.O.S. : Division des Opérations Spéciales) va tenter, à l’aide de son équipe, de soutirer à nombre de vices modernes des personnes tombées dans la dépendance. Si cette introduction refuse dans les termes d’imposer son protagoniste principal comme un héros au sens classique du terme, elle le fait au sens moderne.

A première vue, William Banks est donc un homme normal menant une vie particulièrement remplie et satisfaisante. Il partage son foyer avec une femme aimante et ses deux enfants, entre loisirs et une complicité particulière. Aimant et aimé, tout semble donc se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes, d’autant que William a un allié particulier dans sa vie : il parle au divin. Constamment. A cœur ouvert. Un véritable dialogue. Quand quelque chose se bloque (sa voiture refuse de démarrer, son fils doit marquer un but au football), il suffit d’une petite phrase ou d’une petite confession pour que tout rentre dans l’ordre. Une situation cependant parfois difficile à vivre puisque le monsieur n’a désormais plus droit ni à l’erreur, ni aux écarts. Lui-même ancien consommateur de drogue ayant par deux fois fait un tour en prison (le tout suivi d’une cure de désintoxication), William a, à la naissance de sa fille, fait un pacte avec le tout puissant, jurant désormais d’aider son prochain à sortir de l’enfer qu’il a lui-même vécu. Une mission qui va l’occuper vingt quatre heures sur vingt quatre.

Et alors que tout semblait rose jusqu’ici, ses responsabilités vont rapidement se révéler être un fardeau pour tout ce petit monde. Plus on entre dans l’intimité de cette famille, plus on découvre un mal qui la ronge de l’intérieur, comme si le bien fait par William a l’extérieur devait forcément avoir un pendant négatif. "Jamais je n’aurais imaginé en acceptant ce pacte, à quel point il serait difficile à vivre... pour vous" confie t’il à ses proches. On découvre peu à peu que sa femme fait désormais lit à part, suite à une séparation et une remise en couple douloureuse. Son fils lui reproche pour sa part un passé particulièrement sombre et irresponsable, tout en regrettant une présence au sein du cocon familial presque furtive. Quand à la petite dernière, toute dévouée à un paternel qui la laisse faire ses devoirs en quatrième vitesse juste avant les cours, elle possède un carnet de note "parfait". Une tare, selon la mère supérieure qui s’occupe de son cas, y voyant une stratégie de défense destinée à se couper de ses camarades afin d’être "la petite fille modèle qui prouve que le mariage de ses parents fonctionne". Le tout bien sûr sans compter les soucis financiers de l’entreprise.